Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesLLaibach › Nova akropola

Laibach › Nova akropola

cd • 10 titres • 44:48 min

  • 1Vier personnen
  • 2Nova Akropola
  • 3Krvava gruda plodna zemla
  • 4Vojna poema
  • 5Ti, ki izzivas
  • 6Die Liebe
  • 7Drzava
  • 8Vade retro
  • 9Panorama
  • 10Decree

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Enregistré et mixé au Metropolis Studio, Aosis Studio et Guerilla Studio, 1985. - Produit par Laibach, Jurij Toni , Ken Thomas et Rico Conning

line up

Milan Fras, Dejan Knez, Ervin Markosek, Ivan Novak

remarques

Artwork par Laibach Kunst et David Black

chronique

Cette Nouvelle Acropole, longtemps seule oeuvre disponible et connue à l’étranger du groupe avec Opus Dei, n’est autre qu’une compilation des précédents travaux du groupe, destinée au marché « occidental » justement, et non l’album concept qu’on serait tenté d’y voir. Le groupe, ou plutôt groupuscule, y affiche clairement un cerf, symbole national de la Slovénie. C’est l’époque où Laibach est interdit d’entrée aux USA pour cause de soupçons de Stalinisme prononcé, voire n’a tout simplement pas le droit d’utiliser son nom (à la signification pour le moins provocatrice) en Slovénie. Situations qui dureront jusqu’à la fin des années 80. Qu’à cela ne tienne, Laibach tourne en Europe sans relâche et ne signe ses affiches de concerts Slovènes que de la croix de Malévitch, leur emblème. Les fans reconnaissent leur style immédiatement. Alors, qu’il y a-t-il dans ce Nova Akropola ? Tout d’abord, précisons que ce disque vient clore la période la plus obscure et radicale du groupe, qui jusqu’ici ne faisait même pas figurer de nom sur ses pochettes. Après cela, ils commenceront à détourner des standards de musique occidentale, ce qui constitue un certain virage dans leur parcours. Le morceau-titre ne semble être qu’une bande-son pour l’iconographie et l’architecture imposante du groupe, recyclant Malevitch, Leni Riefenstal et tous les esthètes au service du totalitarisme imaginables. Krvana Gruda nous assène sa rhétorique militaire dans le cerveau avec une insistance terrifiante. L’ambiance change radicalement avec Vojna Poema, où la grosse voix trafiquée qui nous engueule depuis le début se met à entonner un air nostalgique d’opera, tel un vieux colonel nostalgique courbé sur son phonographe, planqué dans un immeuble en déconstruction. Après une outro qui vient en rajouter encore un peu plus à la confusion (les premières écoutes sont éprouvantes), c’est Die Liebe, l’un des « tubes » du groupe, qui déboule telle une masse d’arme sur le dancefloor ebm. L’autre titre emblématique de cette époque du groupe, c’est Drzava, véritable matrice de l’indus martial à lui seul. Sauf que contrairement au très débile genre suscité (avis qui n’engage que moi, range ce bazooka en plastique), ici la patte « militariste » est étoffée par des sonorités un peu rétro, un peu malsaines, en arrière-plan, donnant cette irrépressible impression d’écouter une authentique relique rare de musique pré-chute du mur de Berlin, conçue derrière le rideau de fer. Un fantasme que Laibach, va, avec les années, incarner avec plus de retenue et d’intelligence que la plupart des groupes indus – attention, on ne parle pas ici de brio musical mais bien d’attitude. Si le groupe lui-même répond par une pirouette quand on l’accuse (bêtise suprême) de fascisme (« nous sommes aussi nazis que hitler était peintre »), il n’en reste pas moins que si Hitler avait dû faire composer une musique pour galvaniser sa jeunesse aryenne domptée comme un chenil de Rottweilers, c’est probablement à ça qu’elle aurait ressemblé.

note       Publiée le mercredi 20 janvier 2010

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Nova akropola".

notes

Note moyenne        16 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Nova akropola".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Nova akropola".

zugal21 › mercredi 20 novembre 2013 - 17:08  message privé !

Il y a une vraie élégance dans le early LAIBACH

Note donnée au disque :       
novy_9 › vendredi 19 juillet 2013 - 13:00  message privé !

Si vous aimez les premiers Laibach, je vous conseille d'écouter Prima Linea leur équivalent français, et pour une fois il y a de quoi être chauvin car ça dépote !! http://www.youtube.com/watch?v=-C1ccV7I8vk http://www.youtube.com/watch?v=dWadQb4VY6M http://www.youtube.com/watch?v=gJFYQD4vlyM

Wotzenknecht › vendredi 10 août 2012 - 10:11  message privé !
avatar

Putain Panorama, oui... pas de doute sur la filiation avec le premier In Slaughter Natives, qui ne sortira qu'en 1989 (et qui irait bien en recommandation, tiens) > http://www.youtube.com/watch?v=ztUGEhM6a1U

necromoonutopia666 › dimanche 22 juillet 2012 - 16:56  message privé !

A force de lire des coms sur l'album ces dernier jours... j'lai écouté ce nova Akropola.C'est ultime! Je connaissait Laibach uniquement par le truchement de WAT. C'est hyper dans ta gueule et sévère.Panormama m'a fait me rendre compte que j'étais pas encore assez musclé pour continuer à découvrir le reste de leur disco.Aller Hop les altère et je continue avec opus dei!

julius_manes › samedi 21 juillet 2012 - 15:02  message privé !

Le passage à la postérité : Milan Fras en super-villain (Von Bach) : http://www.gla.ac.uk/~dc4w/laibach/laibachianimages.html