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Manuel De Falla (1876-1946) › Nuits dans les jardins d'espagne

  • 1988 • Decca 417 771-2 • 1 CD

12 titres - 68:46 min

  • A
  • Noches en los jardines de espana 24.29
  • 1/ En el generalife 10.17
  • 2/ Danza lejana 5.21
  • 3/ En los jardines de la sierra cordoba 8.49

    B
  • El sombrero de tres picos 36.54
  • 4/ Introduction 1.36
  • 5/ Afternoon 5.05
  • 6/ Dance of the miller’s wife
  • 7/ The grapes 4.05
  • 8/ The neighbourg’ Dance 3.14
  • 9/ The miller’s dance 6.59
  • 10/ The corregidor’s dance 6.02
  • 11/ Final dance 6.10

    C
  • La vida breve
  • 12/ Interlude & dance 7.11

enregistrement

Produit par Michael Woolcock (A), James Walker (B, C). Enregistré par James Lock (A), R.G. Wallace (B,C). Enregistré au Victoria Hall, Genève, Septembre 1970 (A), Février 1961 (B,C)

line up

ORCHESTRE DE LA SUISSE ROMANDE : Sergiu Comissiona (direction, A), Ernest Ansermet (Direction, B, C) - Alicia de Larrocha (piano, A) ; Teresa Berganza (Mezzo-soprano, B)

remarques

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique pour orchestre et piano

Voici un pur joyau de la musique impressionniste. «Noches en los jardines de espana» est une des œuvres les plus visuelles et les plus dynamiques qui soient. Pièce symphonique pour orchestre et piano, il s’agit d’une partition très haute en couleur, très contrastée, aussi inquiétante que puissante, infime par endroit. On retrouve dans ces trois tableaux autant de tensions, de surprises, d’évolutions et de breaks que dans un morceau de rock, les passages s’enchaînent comme se déroule un film. La gestion des différentes densités des parties entre elles est fascinante, et très osée. Ca peut être soudain, ou lentement amené, impromptu, volte-face, ou épanouissement délicat… on regarde cette musique autant qu’on l’écoute, captivé par la puissance évocatrice du musicien. Sur un tissu orchestral tour à tour discret, épais, rythmique en diable, le piano en soliste roule comme une pluie d’étoiles au milieu de ces nuits espagnoles. Les teintes dansantes méditerranéennes surgissent du silence tendu de ces violons qui tremblent… plus tard dans la nuit, des accents de cuivres puissants et aigus viendront déchirer la tranquillité des lieux… on voit la voûte nocturne, on sent la chaleur de l’endroit et on se cache dans les buissons, derrière les statues saupoudrées par la lune, sur le bord des allées mystérieuses de ce jardin passionnant. Les choses surgissent ou se font attendre, s’annoncent doucement… grondent… explosent puis s’éloignent. Aussi libre et riche qu’accessible du point de vue mélodique, cette œuvre montre la maîtrise des couleurs et des potentiels dynamiques de l’orchestre par le compositeur, incontestablement un des plus important du siècle fraîchement révolu. Manuel de Falla, secondairement peintre et écrivain mettait dans sa musique les couleurs de ses toiles et racontaient des histoires dignes de romans. "Le tricorne" et "la vie brêve" qui composent le reste de ce programme sont tout aussi attachants et représentatifs de l’œuvre de l’artiste, et le tricorne permet de se confronter à l’utilisation de la voix par Falla, ici par le truchement de la grande Tereza Berganza. Il n’existe à ma connaissance aucune interprétation de ces «nuits» qui rivalise avec celle de Sergiu Comissiona et Alicia de Larrocha. Le toucher aquatique de la pianiste, si déroutant sur Mozart, est ici le meilleur service à rendre à ces cascades magnifiques qui jaillissent tout au long de ces 25 minutes extraordinaires. L’orchestre réagit au quart de tour et sa palette sonore et tout à fait prodigieuse et adéquat. Vous allez écouter en tendant l’oreille, frissonner, sursauter… attendre… regarder, à droite puis à gauche… vous allez vous promenez, de nuit, dans les jardins d’Espagne.

note       Publiée le mardi 28 mai 2002

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ellington › mardi 28 avril 2009 - 21:26  message privé !

J'avais pas vu que cette merveille était chroniquée ! De tous les petits maitres dont parle maitre khan , Falla est le plus proche des grands pour moi . Ce disque est la plus belle reverie autour de l'espagne que l'on puisse imaginer . Mais pas de folklore ici . Aucun cliché mais un langage orchestral toujours ambigu . Plus on écoute , plus on découvre de microscopiques trésors un peu partout . Et Alicia de Larocha , quelle pianiste !

Note donnée au disque :       
Tomas Chatterton › lundi 12 janvier 2004 - 02:59  message privé !
Achete pour la chronique , la pochette et le titre de l'oeuvre , j'ai ete comble par cette perle d'onirisme qui la rapproche en cela plus d'un musique que l'on pourrait appeler "symboliste" que proprement "impressioniste" . Par contre 25 min c'est beaucoup trop court , on a peine le temps de partir que c'est deja la fin de la fantaisie .
Note donnée au disque :