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Kikai › Labor

cd | 13 titres | 75:30 min

  • 1 Past [ 5:29]
  • 2 Hope 4:36
  • 3 Chant [ 4:18]
  • 4 Thunder and Love [ 5:14]
  • 5 Wish [ 5:57]
  • 6 Transparent Dreams [ 5:46]
  • 7 Turn [ 5:19]
  • 8 Seahorses [ 8:08]
  • 9 Winter [ 7:48]
  • 10 Decent [ 4:22]
  • 11 Gates [ 6:39]
  • 12 Relief (Tribute to Japan) [ 6:50]
  • 13 Tribute to Japan [ 5:07]

line up

Marius C. Hammerich (Synthé, claviers, sequences, percussions électroniques et effets)

remarques

Pour plus d’informations sur l’univers de Kikai on visite le lien suivant; http://www.iamkikai.de/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin school

Kikai, pour océan d’énergie, est un projet musical de Marius C. Hammerich qui semble fortement inspiré des tempos teutoniques de Software et des ambiances intergalactiques de Jean Michel Jarre. Et Kikai n’est pas exactement un nouveau joueur dans l’échiquier de la MÉ. C’est depuis 2005 que Marius C. Hammerich compose une MÉ qui sert la cause d’œuvres humanitaires. Distribué par le label indépendant Kikai Kikagu, sa musique est aussi disponible sur plusieurs plateformes de téléchargement et les profits sont versés à différentes œuvres caritatives. “Labor” est son premier album sur un label majeur (Syngate) et renferme une variété de mélodies campées dans des approches du New Berlin School des années 80 avec des rythmes légers et entraînants qui côtoient des atmosphères cosmiques. C’est justement avec des tonalités cosmiques électroniques façonnées dans les souvenirs des œuvres galactiques de Software que "Past" titille nos tympans. Le rythme est fluide et s’accroche à de sobres percussions qui égarent leurs frappes auprès des sauts de séquences limpides. L’univers rythmique de Kikai regorge de tonalités qui attisent l’ouïe. Ici ce sont des tonalités de canard qui caquètent en sourdine, ajoutant une profondeur psychotronique à un doux down-tempo lunaire où crèche une tendre approche mélodieuse ornée de solos dont les charmes cosmiques flottent sur un tapis de séquences et percussions aux frappes et tonalités aussi variés qu’arythmiques. "Hope" est plus expérimentale avec approche atmosphérique très éthérée. Un doux piano égrène ses notes dans une ambiance figée dans des tonalités hétéroclites où les synthés gémissent comme des guitares mal caressées, fusionnant leurs abandons en une belle mélodie morphique qui souffle ses charmes sur un lit de riffs et séquences qui fourmillent d’une vie rythmique parallèle. "Chant" suit la courbe harmonique de "Hope". Le synthé divise ses mélodies errantes dans de riches filets de voix angéliques qui psalmodient sur un tempo dont les mouvements peinent à tournoyer dans un bouillon d’effets cosmiques à la Jarre. Morphique et carrousellique, "Thunder and Love" fait tournoyer ses délicats riffs rythmiques dans des vapeurs d’éther. Intrigant avec ses souffles de perditions et ses voix qui harcèlent la quiétude, le synthé insuffle à ce titre, ainsi qu’à l’ensemble de “Labor”, une fascinante aura cosmico/poétique qui envoûte avec ses influences et sonorités très Jarrienne. "Wish" étonne avec ses séquences aux tonalités de frappes de pic-bois qui se défoule sur du bois creux. Le rythme est étrange. Il claque de partout, jaugeant la forme à prendre avec des sourdes pulsations aux réverbérations glauques. On dirait une sombre marche hésitante par un soir d’Halloween avec des sautillements imparfaits qui zigzaguent en larges demi-cercles sous des solos pas vraiment invitants. C’est un très bon titre d’ambiance qui réussit à ramasser ses séquences et pulsations afin de mouler un rythme plus cohérent. À écouter à un bon volume et des écouteurs afin d’en saisir la pleine dimension. "Transparent Dreams" poursuit cette dissection des influences cosmiques à la Jarre avec des tonalités d’extraterrestres et des voix d’outre-espace qui murmurent dans un vide absolu. Le rythme se déploie vaguement avec une bonne ligne de basse dont les accords se moulent subtilement dans les mailles d’une séquence au rythme progressif. Les solos peinent à percer toute cette opacité sonore. Les cris stridents se perdent dans les brumes d’Orion, empêchant un rythme latent de s’épanouir, tout comme dans le très magnétique "Seahorses"; un long ballet morphique et séraphique qui peine à escalader son intense voile cosmique. "Turn" baigne dans un intense bouillon mélancolique avec une furtive approche rythmique qui noie ses séquences incertaines dans de larmoyantes strates d’un synthé aux pleurs orchestraux. Une autre phase harmonique se dégage de cette emprise de tristesse avec des séquences qui claquent dans les vents des solos pleureurs. Et plus ça va et plus c’est déchirant. Totalement atmosphérique, "Winter" éparpille ses faibles pulsations, ses bips futuristes et ses riffs dans les laves psychotronique d’un synthé aux lamentations et torsades aussi fantomatiques qu’hivernales. Concerto pour voix égarée dans un rythme en perdition, "Decent" abrite ses lentes harmonies qui traînent comme des âmes en peine. Le contraste des tons et des rythmes est assez envoutant. "Gates" nous plonge dans les rythmes teutoniques à la Software avec un chapelet de séquences qui tournoie en un hypnotique carrousel de verre sous un ciel obstrué de denses couches d’un synthé dont les solos torsadés se déroulent sur des percussions qui délaissent leurs frappes sobres pour devenir peu à peu orageuses. "Relief (Tribute to Japan)" offre une approche empreinte de tristesse avec des séquences fantômes qui déambulent avec une peur de déranger. Des bulles d’eau explosent ici et là, apportant une dimension d’arcade à un titre qui tranquillement sort de son embryon mélancolique pour offrir une tendre ballade électronique où riffs échoïques valsent dans les parfums d’enivrant solos lyriques aux tintes nostalgiques. Des vagues océaniques, des cloches funèbres et des reportages audio meublent le décor apocalyptique de "Tribute to Japan" qui défile dans nos oreilles comme un nuage de désolation sur une terre à jamais brisée. De douces mélodies qui coulent sur des rythmes légers, “Labor” est un bel album d’une MÉ qui plaira assurément aux fans de Software et de sa période post Chip-Meditation. Marius C. Hammerich excelle dans l’art d’entourer ses compositions d’une faune sonore qui fait écarquiller les oreilles. C’est beau et accrocheur avec un seul bémol; les titres se terminent dans un fondu parfois trop brusque. Ce qui fait le charme des écouteurs en fait aussi un agacement qui peut froisser certaines oreilles…

note       Publiée le samedi 3 novembre 2012

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