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Gang Starr › Moment Of Truth

  • 1998 • Noo Trybe 7243 8 45585 1 2 • 1 CD

cd • 20 titres • 78:26 min

  • 1You Know My Steez
  • 2Robin Hood Theory
  • 3Work
  • 4Royalty
  • 5Above The Clouds
  • 6JFK 2 LAX
  • 7It's A Set Up
  • 8Moment Of Truth
  • 9B.I. Vs Friendship
  • 10The Militia
  • 11The Rep Grows Bigga
  • 12What I'm Here 4
  • 13She Knowz What She Wantz
  • 14New York Strait Talk
  • 15My Advice 2 You
  • 16Make 'Em Pay
  • 17The Mall
  • 18Betrayal
  • 19Next Time
  • 20In Memory Of...

enregistrement

D&D Studios, 1997–98

line up

Dj Premier (production), Guru (MC)

Musiciens additionnels : Inspectah Deck (MC), M.o.p. (MC's), Scarface (MC), K-Ci, Jojo, Hannibal Stax, Big Shug, Freddie Foxxx, Krumbsnatcha, G-Dep, Shiggy Sha (MC's)

remarques

chronique

Styles
hip-hop

À trop vouloir inclure Gang Starr dans nos archives, je me rends compte que comme un putain d'archiveur je n'aurais pas été foutu de vous apprendre grand chose de plus que les lieux communs sur ce groupe... Je m'en fiche un peu, car Gang Starr n'est qu'un simple accompagnateur de mon cheminement hip-hop : pas un des acteurs principaux, pas le charisme écrasant ; juste une valeur sûre, que je ressors quand je n'ai pas besoin de me prendre le chou, juste apprécier l'amour du bel ouvrage. Gang Starr en fait, c'est un truc d'artisan ; avec tout le tue-l'amour que le terme implique, mais je pourrais pas vous dire plus vrai les concernant, plus juste... L'introduction de "You Know My Steez" résume Gang Starr à l'aube de son crépuscule (The Ownerz, loin d'être honteux, est comme No More Mr Nice Guy une simple parenthèse, celle qui referme, l'important est ce qu'il y a entre les deux) : hip : un bref résumé de l'évolution de son style ("we update our formulas"), aussi franc du collier que du Clint Eastwood, et hop : Guru et son beatmaker envoient la sauce. Et ce qui commence doucement à ressembler à un radotage stérile - le contenu se résume globalement à de l'autosatisfaction, totalement et désespéremment hip-hop, et quelques pensées sur le niveau des ouailles - ne doit pas nous tromper sur la qualité de cet album : Premier est, probablement pour la dernière fois, au sommet de la pyramide, après huit ans de services rendus sur albums divers, jusqu'à finir par servir de faire-valoir bling-bling et perdre quelque peu en inventivité chez les autres, il revient en force avec ce qui ressemble à l'art imparable d'un vieux Maître... mais j'y reviens juste après un petit mot probablement vain sur Guru : inutile en effet de paraphraser mes précédentes chroniques, puisque c'est ici enfin qu'on trouvera confirmation expresse de l'intéressé concernant son style, sur le titre-épo : "the King of Monotone, with my own throne". Ce qui s'appelle couper court à tout débat. Les featurings trouvent donc ici tout leur sens et leur impact, que ce soit le trop souvent oublié Inspectah Deck sur "Above The Clouds", relecture sauce Primo du style asiatique Wu-Tang, ou le couplet du père Scarface sur le cristallin "Betrayal", apportant une touche vocale bouchère à un album de bureaucrates, ou encore les MOP sur "B.I. vs. Friendship", venant renforcer l'impact d'une instru pourtant énorme... à ma connaissance, ces deux gueulards n'ont pas eu l'ombre d'une prod approchant le niveau de ladite sur leur Firing Squad. Primo avait beau être fan, cet enfoiré a gardé le meilleur pour la maison. A côté de ces titres lourds, il s'autorise bien quelques facilités, reprenant à son compte des recettes éprouvées qu'il dépoussière avec plus ou moins d'inspiration... ou recyclant directemment quelques "trucs" des albums précédents, comme l'intro le prévenait (ici, le coup du répondeur de "Aight Chill" est repris, cette fois sans beat hélas, pour Guru, qui confirme sa réputation de queutard devant l'éternel en mettant en scène les post-it mimi de ses copines). Mais on reste nettement au-dessus de la mêlée. Gang Starr ne pouvant plus se démarquer avec autant de facilité, étant donné que la majorité des prods ont été piquées au style Premier entre-temps, le son se pare davantage de soul, arrondit les angles, créé des intrus moins abruptes... Ce qui ne veut pas dire qu'il se prive de taper dans la grosse prod bien létale et minimale : "The Militia" devrait vous mettre une bonne claquasse dans son genre de beat antique. Les derniers témoins lumineux d'une école de durs à cuire, qui va bientôt être enterrée par la toute-puissance du marché de la soupe en brique. Autres buts, autres techniques... Rien que pour ses instrus proprement exceptionnelles pour 1998, voire quasiment anachroniques, Moment Of Truth mérite une oreille, voire deux, si possible couvertes d'un bon serre-tête à coussinets. Même si vous arrivez pas jusqu'à la fin... ne loupez quand même pas "The Mall", ce serait ballot, d'autant plus que l'instru sèche n'est pas du DJ Dernier dans le genre hypnotique, et que pour le texte, nos gonzes évoquent les plaisirs simples de la sape comme s'ils te parlaient d'homicide. Take money money go shopping... Même en s'aventurant dans les arcanes des plus gros clichés hip-hop, et du superficiel en barre tels que le choix de la bonne marque de sweat à capuche, Gang Starr restaient invariablement sûrs d'eux et classieux, la trentaine hautaine, le regard impassible.

note       Publiée le mardi 30 octobre 2012

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dimegoat › mardi 30 octobre 2012 - 16:44 Envoyez un message privé àdimegoat

Le seul que j'écoute de temps en temps. Guru m'emmerde.

Note donnée au disque :