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The Byrds › 1964-1971

cd • 22 titres • 00:00 min

  • 1Mr. Tambourine Man
  • 2Turn! Turn! Turn! (To Everything There Is a Season)
  • 3The Times They Are A-Changin'
  • 4Baby, What You Want Me to Do
  • 5My Back Pages
  • 6Lay Lady Lay
  • 7Jesus Is Just Alright
  • 85D (Fifth Dimension)
  • 9Everybody's Been Burned
  • 10So You Want to Be a Rock 'n' Roll Star
  • 11This Wheel's on Fire
  • 12Chestnut Mare
  • 13Mr. Spaceman
  • 14I'll Feel a Whole Lot Better
  • 15The Bells of Rhymney
  • 16All I Really Want to Do
  • 17Oil in My Lamp
  • 18I Am a Pilgrim
  • 19Drug Store Truck Drivin' Man
  • 20Lover on the Bayou
  • 21Chimes of Freedom
  • 22Eight Miles High

line up

1964-65 : Jim McGuinn (chant, guitare lead), Gene Clark (tambourin, chant), David Crosby (guitare rythmique, chant), Chris Hillman (guitare basse, chant),Michael Clarke (batterie) - 1966-67 : Jim McGuinn (chant, guitare lead), David Crosby (guitare rythmique, chant), Chris Hillman (guitare basse, chant),Michael Clarke (batterie) - 1968 : Kevin Kelley (batterie), Gram Parsons (guitare, piano, orgue, chant), Chris Hillman (guitare, basse, chant, mandoline), Roger McGuinn (chant, banjo, guitare lead) - 1969 : Clarence White (guitar, mandoline, chant), Gene Parsons (batterie, banjo, harmonica, guitare, chant), John York (basse, chant), Roger McGuinn (chant, banjo, guitare lead) - 1970 : Clarence White (guitar, mandoline, chant), Gene Parsons (batterie, banjo, harmonica, guitare, chant), Skip Battin (basse, chant), Roger McGuinn (chant, banjo, guitare lead)

remarques

chronique

Styles
country
folk
rock
psychédélique
Styles personnels
folk-rock, country-rock

Voilà une compilation à laquelle je suis très attaché. Il n’y a pas de raison particulière à cela, vu qu’elle ne comporte pas d’inédit hors album… Simplement, elle m’a permis de découvrir le groupe en vinyle à une époque ou j’étais un peu intimidé par leurs albums – deux par an, gloups. Ils ne font en réalité qu’une demie heure pour la plupart. Qu’à cela ne tienne, cette compilation révèle un concentré pur du talent des Byrds. Dès la face A, c’est une fontaine miraculeuse qui jaillit. Que du tube aux chœurs célestes, et 4 chansons sur 6 sont des reprises de Dylan. Toutes transcendent l’original plus qu’on ne peut l’imaginer (sauf Lay Lady Lay, car c’était le temps où Dylan s’était mis en tête de chanter pour de bon). Frappant de constater à quel point 3 de leurs albums sont nommés d’après une de ces chansons prophétiques, et quand ce n’est pas Dylan c’est la bible (Turn Turn Turn) ce qui est d’un égal niveau de mysticisme américain. Mysticisme, le mot est lâché. Les Byrds sont des mystiques, capables d’inventer le rock psychédélique, rien que ça, en digérant Ravi Shankar et Coltrane (Eight Miles High) ; tout comme ils sont à même de se mettre à genoux pour entonner une prière lancinante toute droit sortie du fond des ages (Oil In My Lamp, du Om version chrétien ébahi ?). Si les Byrds sont une maison, Roger McGuinn son propriétaire, et les autres des bailleurs à plus ou moins long terme, le mysticisme en est la charpente. Toutefois, à mesure que les années passent, les Byrds sortent de leur formule, espacent leur pop-songs ornées de guitares dorées d’une langueur toute jazz, de celles que Moby Grape et Love mettent dans leur mixture à la même époque. Ça donne des petites perles comme Chesnut Mare, et surtout Everybody’s Been Burned, peut-être un des premiers constats désabusés de l’envers du rêve hippie en plein summer of love, alors que les Byrds venaient d’atteindre le pic de leur popularité à Monterey. Mais comme Dylan l’année d’avant, ils allaient bientôt marquer le temps d’arrêt et le regard vers le passé qu’est la vague "roots revival", vague qui déferla sur une bonne partie du rock en 68. Chez eux, elle prendrait la forme d’un album, lui aussi fondateur, de country-rock, genre fraîchement inventé pour l’occasion… Décidément. Il faut dire qu’au gré des incessants changements de line-up qui feront perdre au groupe son formidable chœur d’harmonies vocales, ils ont quand même gagné rien de moins que Gram Parsons, le révolutionnaire de la country, jeune éphèbe passionné et à des années-lumière des clichés qu’on colle au genre. Et Gram Parsons leur offrit Sweetheart of the Rodeo. Un album culte de plus, mais si à part dans leur discographie. Le seul extrait présent ici, le fervent et beau I am a Pilgrim, détonne forcément, encore plus que Drug Store Truck Drivin Man et ce Jesus Is Just Alright qui aujourd’hui fait sourire mais n’était à l’époque qu’un gospel balancé avec un premier degré et une patate désarmante. Tout comme le profane Ballad of Easy Rider, aspirant à la liberté au rêve hippie, I am a Pilgrim parle de voyage comme d’une expérience démunie, dévouée… Ils auront décidément parcouru toutes les terres sacrées de leur patrie, du Sunset Strip dont ils étaient parait-il les rois incontestés à Nashville où ils firent leur pèlerinage country, en passant par ceux qu’ils n’ont visité qu’en chanson, comme lors de ce Lover of the Bayou doucement pâteux et psyché. Il est toutefois une étape que cette compilation omet sciemment de mentionner, c’est l’album "Notorious Byrds Brothers", un genre d’ovni un peu maudit dans leur œuvre… Pour le reste, il n’y a rien à jeter. Ici sonnent les tristes cloches de Rymney, là résonnent les étincelants carillons de la liberté. On est bien 8 miles au dessus du sol, planant sans encombre sur une canopée de nuages, mais le contre-pied à cette extase apollinienne se trouve dans les lyrics, truffés de doute, culpabilité et désorientation… Les Oysaux, qui idolâtraient tant Dylan, auront vécu jusqu’au bout ces affres de la célébrité qu’il a si bien décrites. C’est solitaire là-haut, sur les sommets. Et l’altitude fait tourner la tête. Personne vers qui se tourner. A y regarder de loin, ils étaient plutôt des suiveurs, les Byrds, dans ces années où éclatent les individualités. De Dylan d’abord, puis des Beatles, dont ils ont rigoureusement copié le choix des instruments au moment de leur formation… D’un peu plus près, le constat s’impose : même Dylan et les Beatles se sont inspirés d’eux en retour, quant au reste… De tous les groupe des 60’s, les Byrds sont ceux qui ont le plus influencé tous les revivalistes de cette époque depuis les années 80. Et déjà, en leur temps, ils étaient regardés avec un respect dont même les Doors ou Hendrix n’ont pu prétendre. Par quelle turpitude sont-ils donc si sous-estimés aujourd’hui ?

note       Publiée le vendredi 12 octobre 2012

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Rastignac › vendredi 22 décembre 2017 - 14:28  message privé !
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Sweetheart of the Rodeo que je réécoute en boucle en ce moment est à peu près le seul album de country que j'arrive à manger ; y a des mélodies là dedans qui sont tellement puissantes. C'est pas que j'aime pas la période précédente (j'adore David Crosby de toute manière), la suite j'ai jamais essayé, mais celui qui revient le plus c'est celui avec Gram Parsons. Découvert via les Flying Burrito Brothers, découvert eux grâcé à Uncle Tupelo et leur reprise de Sin City, groupe lui même découvert... je ne sais comment, quand je voulais écouter du 100% pur jus wasp folk country américain pas trop gnagnan.

mangetout › jeudi 10 août 2017 - 15:12  message privé !

Je continue paisiblement à approfondir la discographie de ce groupe légendaire (mais finalement moins que beaucoup d'autres bizarrement comme dit dans la chouette chronique de Dariev) et à l'écoute de certains titres on peut voir l'influence énorme (et c'est un doux euphémisme pour certains) qu'ils auront sur certains groupes pop des années 80, genre, au hasard, The Smiths, House of Love ou Llyod Cole & The Commotions. Ils ont aussi énormément défriché le terrain pour des groupes qui viendront juste après eux (ou quasiment au même moment) sur la côte ouest des USA, notamment la (re)découverte de la country en milieu pop-rock.
Là, au moment où j'écris ces maladroites lignes, c'est le beau "Everybody's Been Burned" de l'album "Younger than yesterday" qui se diffuse dans la pièce.

ellington › lundi 15 octobre 2012 - 08:47  message privé !

Après une réunion de mon panel de musicologues conseil , je peux affirmer que deux périodes byrdiennes sont à prendre en considération ( ou pas , voir ci-dessous ) :



- celle avec David Crosby , les 5 premiers albums , délicieuse , bobdylanienne , pleine de mélodies renversantes et de guitares qui carillonnent , " younger than yesterday " comme preuve à l'appui . 6 boules .



- Celle sans David Crosby , country , pleine de Roger McGuin et de mélodies bof . 3 boules .

Je termine mon cours en disant que les compils , c'est bien pour Eurhytmics ou Abba , mais pour un groupe comme les byrds , non , il faut pas faire ça . Voilà , on sort en silence .

Horn Abboth › dimanche 14 octobre 2012 - 14:34  message privé !

Pour ma part aussi, les Byrds sont une source inépuisable à laquelle je reviens très souvent me délecter avec toujours autant de plaisir. 6 boules pour encourager les chros des albums qui, je l'espère, sont dans les cartons. Plus de groupes 60's sur Guts !

Note donnée au disque :       
kranakov › samedi 13 octobre 2012 - 15:29  message privé !

Commencer au début et finir avec "Sweetheart..."... C'est fou comme les groupes US ne se libéreront jamais de la country, des Byrds aux Meat Puppets ou X.