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Clipse › Hell Hath No Fury

cd | 12 titres | 48:42 min

  • 1 We Got It For Cheap (Intro)
  • 2 Momma I'm So Sorry
  • 3 Mr. Me Too
  • 4 Wamp Wamp (What It Do)
  • 5 Ride Around Shining
  • 6 Dirty Money
  • 7 Hello New World
  • 8 Keys Open Doors
  • 9 Ain't Cha
  • 10 Trill
  • 11 Chinese New Year
  • 12 Nightmares

enregistrement

2003-2006

line up

Malice (MC), Pusha T (MC), The Neptunes (production)

Musiciens additionnels : Pharrell Williams, Slim Thug, Ab-Liva, Re-Up Gang, Bilal (MC's)

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
neptunien

Le gros vide émotionnel ce disque, putain. Genre aimant malsain. Pourtant je n'avais pas trop prêté attention lors de ma première écoute, pensant à un éternel album de rap à booty biatches juste bien emballé, comprenant pas trop le culte qu'on en a fait autour à sa sortie, et puis bon faut aussi dire que j'ai mis un peu plus de temps à encadrer ce petit pisseux de Pharrell que le gros Timbaland... Et un jour le déclic, au détour d'une écoute désinvolte au casque. "Hello New World", maman... Parce que ce son déjà, en effet. Signé des huitièmes planètes du système, ici dans une ambiance de redescente dont ces designers si tendance dans le star-system ne sont pas coutumiers... ce son tellement aseptisé, saturé, minimal, artificiel, et pourquoi pas surfait, surestimé et détestable, avec tous ses micro-bouts de mélodies de console très très connes, mais neurologiquement PUR. Un peu comme le 2001 de Dr. Dre quand il est sorti, ce son über-chromé, trop moderne pour pas risquer d'être indigeste l'instant d'après et que tu sais pas trop si ça sonnera comme du Moroder dans vingt ans mais que tu t'en branles, te mettra KO sans que tu piges pourquoi. Il rendra obsolète tout disque possiblement semblable signé de l'équipe de prod' qu'il embauche, car il en est le fruit magique. Le fruit d'un labeur et d'une vision. Absurde, logique, sinistre. Quatre longues années à zoner dans le no mans land de l'après-envol, comme shooté en pleine montée de gloire, ont fait de ce duo de frères MC's logés en pleine Virginie la chose dégoûtée, blasée et ultra-réelle qu'on entend ici... tout ce qu'un gadget inutile comme Tyler the Creator n'est pas même dans ses rêves, en gros. Aucune haine dans ce skeud pourtant, ni aucun amour d'ailleurs, seulement l'aura chimique du beat-prison-mentale, le dernier baroud döner, pour un album-bilan sanguin. Le constat sans appel du millenium où la règle est d'être une sale pute sans sentiment, de rien aimer plus que quelques minutes et de loucher sans arrêt sur son blackberry d'peur qu'aucun sms y soit affiché. Clipse ont l'œil d'un lynx paranoïaque, et ils n'évoqueront pour l'auditeur en manque de rap aucune ambiance aucun amusement ni aucune noirceur confortable nostalgique de temple Shaolin ou de fumette latino : Hell Hath No Fury c'est le présent, aussi chaleureux qu'une invitation facebook, qui boxe tes baffles afin de mieux investir le silo nucléaire de ton goût douteux pour cette musique qui durcit les fesses soumises à son kharma plus basique que la soude. Avec un tam tam afrototémique dans tes tympans, ou avec du synthétique en masse comme sur des doudounes brillantes. Radical. Radial. Même si question lyrics c'est un peu au-dessus de la mêlée sur des glorifications de la persévérance, de la maille et de la coke (une fixation thématique, alors que leur son évoque des drogues beaucoup moins bio), y a pas plus vulgaire que ces instrus FM/IRM nauséeuses, plus chimiquement intolérables que du Ludacris ou du Booba... et pourtant ce disque est totalement à sa place dans nos archives, plus qu'ailleurs même, bien qu'à première vue on serait tenté de virer illico le dernier morceau smooth soul féminin, placé à la fin car totalement différent, mais faussement tiède en vérité. Clipse a déjà trouvé son squat. Pas cette plate-bande de pixels noirs et oranges sur laquelle je te cause, non. Ta tête. Cherche pas à savoir l'origine exacte de ce venin noir luisant, ne cherche pas à dissocier le tuning de la chimiothérapie, ni à calculer la pulsation de ton sang DANS TES TEMPES. Ressens ce bronx logistique, le réticule de ces flows qui est axé sur le cortex de tes boules (quelle que soit leur putain de couleur) et les secrets textiles de ce survêt' trop propre pour être vraiment propre... Tu es dans l'antimatière, et ça sent le plastique neuf de BMW, et tu comprends pas comment l'antimatière, j'veux dire le néant, le vide quoi, peut sentir quelque chose. C'est p'têtre le beat, face de craie ; ta réalité, comme ça tu sais que t'es vivant... même si t'es pas grand chose vu de ce chesterfield. Clipse a une putain d'ESTHETIQUE, le comprends-tu ? Molécule ! Comprends-tu que d'écouter ça fort au casque te laisse pas plus d'un neurone et demi ? Et que tu prennes froidement ton pied sur ce beat vaudou-digital comme si t'étais devenu le boss d'un jeu vidéo atroce qui s'appelle Réalité... est putain de normal ? Comprends, et ressens... car maintenant tu es bloqué en mode 'Rudy Eugene' entre deux enceintes de 3 mètres, et je ne peux plus rien pour toi.

note       Publiée le dimanche 30 septembre 2012

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Klarinetthor › dimanche 5 août 2018 - 23:20  message privé !

Excellent album qui sort bien de l'ordinaire. Oui, je suis là à cause de Pusha T, dont le dernier me fait creuser ce qu'il a pu bien faire avant.

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salida › lundi 11 août 2014 - 16:55  message privé !

Allez 1 point de +.

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salida › vendredi 26 avril 2013 - 19:07  message privé !

Il y a quelque chose d'obsédant dans ce disque. Un minimalisme fou. Le disque ultime de ce hip-hop minimaliste et décalé. Bon que 3/6 parce que ça reste qu'un album de hip-hop minimaliste et décalé.

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SEN › samedi 17 novembre 2012 - 17:51  message privé !

Quand tu vois l’insupportable daube qu'ils font aujourd'hui en solo, et pas prétentieux avec ça !

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dimegoat › mercredi 17 octobre 2012 - 09:40  message privé !

Un album de cette trempe au XXIe s., c'est plutôt cool, et la chro est plutôt parfaite.

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