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Compilations - Bandes originales de films › Les Invisibles

cd | 29 titres | 60:21 min

  • 1 Andrew Sharpley - Le Réseau [01:31]
  • 2 Noël Akchoté/Andrew Sharpley - Mini-Mall [02:12]
  • 3 David Grubbs - Précipice [01:27]
  • 4 Noël Akchoté - Point Zero Zero [02:10]
  • 5 Noël Akchoté/Andrew Sharpley - Répétition Bruno-Noël #1 [00:59]
  • 6 Noël Akchoté/Andrew Sharpley - Jumpcut [01:30]
  • 7 Noël Akchoté - Point Zero Zero & "101" [02:46]
  • 8 Interlude Carole & Bruno [00:36]
  • 9 Noël Akchoté/Andrew Sharpley - One-M-M [03:16]
  • 10 Noël Akchoté - "202" [01:13]
  • 11 Noël Akchoté - Final Suicide Mix [03:52]
  • 12 Noël Akchoté - Korg Duet #1 [01:04]
  • 13 Noël Akchoté - Korg Requiem #4 [01:38]
  • 14 Noël Akchoté/Andrew Sharpley - SX Original [04:41]
  • 15 Katerine - Sexy [02:35]
  • 16 Noël Akchoté - Noël Guitare Jazz #1, #2 & "Ah les petites qui vous!" [01:33]
  • 17 Noël Akchoté/Andrew Sharpley - Jumpcut Coda [01:19]
  • 18 Noël Akchoté - Oval Joseph [02:40]
  • 19 RED - Monsieur William [reprise de Léo Ferré] [02:54]
  • 20 Noël Akchoté - Marseille Joseph & Interlude "Le Cygne Noir" [01:37]
  • 21 Andrew Sharpley - La Backroom [01:46]
  • 22 Noël Akchoté - Korg Requiem #4 [03:08]
  • 23 Interlude William [00:52]
  • 24 Noël Akchoté/Andrew Sharpley - Soundcheck studio d'enregistrement [01:15]
  • 25 Noël Akchoté/Andrew Sharpley - One-M-M-Final [02:14]
  • 26 David Grubbs - Yellow Gardien [01:29]
  • 27 Noël Akchoté - 19 [02:43]
  • 28 Andrew Sharpley - Bruno cadre piano & Interlude Carole & Bruno [01:45]
  • 29 David Grubbs & Matmos - Heroic Afternoons [03:39]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Noël Akchoté

line up

Noël Akchoté (guitare électrique, basse, claviers, amplis), David Grubbs (synthétiseurs, guitare, basse), KaterineMatmos (électronique, séquenceurs, sampleurs, synthétiseurs), Red, Andrew Sharpley (sampleurs, électronique)

Musiciens additionnels : Extraits de dialogues avec : Laurent Lucas, Lio, Michael Lonsdale, Noël Akchoté, Margot Abascal, Jean-Pierre Léonardini, Eva Ionesco

remarques

L'album est dédié à la mémoire de Luc Ferrari.

chronique

Il y a des BO qui se suffisent à elles-mêmes, celle-ci peut carrément remplacer le film qu'elle accompagne. Les Invisibles, premier long-métrage de Thierry Jousse, ex-rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, très tourné vers le problème du son, qui constitue assez logiquement le thème, la matière et la moëlle de ce petit film assez intriguant et modeste pour ne pas sombrer dans le chichiteux. L'histoire d'un musicien du genre bricolo électro-concret, Bruno joué par Laurent Lucas, qui se perd dans une relation obsédante avec une fille mystérieuse rencontrée sur un réseau téléphonique et qui n'accepte de le voir, pour ainsi dire, que dans le noir pour faire l'amour et se volatiliser ensuite. Il est donc question de voix, de bruissements, de sensualité orale et de toucher sonore. Notre bricolo est accompagné d'un compère joué par Noël Akchoté qui se charge pour le coup de réaliser, avec Andrew Sharpley, les fameux morceaux composés par le personnage à partir des enregistrements tirés de ses relations avec la belle invisible. Une sorte de "work-in-progress" qui évolue tout au long de l'album, dans des versions de plus en plus denses et érotiques, à coup de fragments de gémissements et de mots fracturés, découpés, réassemblés, montés comme sur une table avec colle et pinceau, à l'ancienne, la pellicule-son sur laquelle s'imprime les traces recomposées d'ébats en chambre noire. La voix "mouillée", comme il est dit, de Margot Abascal, fait son petit effet dans ces morceaux électro très organiques aux cadences saccadées sur lesquels se posent parfois des nappes de claviers incertaines et la guitare flottante d'Akchoté, liant mélodique de ces mash-ups nerveux aux bouts de son se percutant les uns dans les autres, comme autant de rendez-vous interlopes repassés aux filtres du souvenir désirant de Bruno. Entre ces points d'ancrage narratifs et sensuels, l'auditeur qui s'aventure dans le réseau se perd dans des zone labyrinthiques de tripotages électro-acoustiques atmosphériques ou aux battements frénétiques, voyage intérieur dans les câbles, dans les connections, drôles de bourdonnements qui chavirent la tête et menacent de l'assoupir d'un sommeil inquiet. Des bribes de conversations qui passent, la voix de l'élusive Lisa qui tient les rennes du jeu, une autre femme qui tente de s'immiscer dans la partie et remplacer l'objet du désir, tessitures féminines en chaleur. Le passage d'un monde à l'autre est parfois brutal, à coups de sonneries qui retentissent claires et stridentes, projetant des bouts de scènes où se retrouvent les personnages qui gravitent autour de Bruno : la voix facétieuse et suave de Michael Lonsdale en gardien d'immeuble intrusif, celle d'Akchoté lui-même en compagnon de route ironique qui gratouille du jazz entre deux prises, et Lio en patronne de petit label chaperonnant tant bien que mal l'artiste casse-couille. Bruno perd la tête en courant derrière Lisa, envoie chier son pote et s'enfonce de plus en plus profond dans les réseaux et ses circonvolutions. Akchoté fait vibrer ses synthés Korg et délite des atmosphères de plus en plus flippantes et paranoïaques, alors que le film lui se fourvoie un instant dans une tentative lynchienne gentiment foireuse avec son personnage de Monsieur William, évoqué avec une reprise glauquasse par Red du déjà foncièrement sinistre morceau du même nom signé Léo Ferré. Tout ceci mène sans coup férir dans une boite échangiste, tarte à la crème du cinéma auteurisant un peu cul mais que Sharpley illustre de façon déroutante et psychée, loin des clichés redoutés devant un morceau nommé "La Backroom", tout ceci sent surtout l'hallucinogène stroboscopique et pas vraiment le vieux foutre qui colle au fauteuil. Car si les rencontres avec Lisa dégoulinent de sensualité animale, à la limite de la pose un peu branchouille parfois, mais à la limite seulement, le reste du film oscille entre une inquiétante étrangeté et un humour pince sans rire, le tout incarné par Lonsdale, qui sied parfaitement à la morne ballade synthétique de Katerine, "Sexy", tout en faux-semblants et en mélancolie paradoxale de stalker déprimé, ou d'amant sensible aux élégances cachées, c'est à dire invisibles. Et comme il est malgré tout question de chanson à construire, de vraie mélodie, la version finale du morceau de Bruno sera la plus évidente, la plus ronde et lumineuse, débarrassée de son érotisme trop cru et de son malaise tachycardique par David Grubbs (ex-Gastr del Sol) et les bidouilleurs de Matmos pour n'en laisser qu'une trace de sensualité solaire. Pour peu qu'on supporte les quelques extraits de dialogues de Lio qui joue quand même un peu comme une coucourde, qu'on évacue les deux ou trois passages un peu cliché autour de William "l'homme mystère", il y a de quoi traverser en aveugle un petit univers singulier, fortement chargé en désir charnel, dans lequel il est bien agréable de se paumer et de croiser des voix et des voies humides et inconnues, souterraines et malaisantes.

note       Publiée le lundi 24 septembre 2012

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