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Ron Boots › Dreamscape

cd • 8 titres • 77:37 min

  • 1Cougarland 6:45
  • 2The Stand 14:02
  • 3Silent Nature 11:14
  • 4Rivers 7:35
  • 5Cry of the Heart 8:40
  • 6Dreamscape Part I 9:20
  • 7Dreamscape Part II & III 12:00
  • 8Rivers 2003 7:43

enregistrement

Composé entre 1989 et 1990, masterisé et enregistré au Dreamscape studio en 1990. Remasterisé par Ron Boots en 2002

line up

Ron Boots (Synthétiseurs, claviers, séquenceurs, percussions et FX)

Musiciens additionnels : Bas Broekhuis (Batteries et synthétiseurs) Eric van der Heijden (Synthétiseurs) Ron Doesborg (Guitare classique et basse Fretless)

remarques

Pour plus d'informations et entendre de courts extraits MP3, on visite le lien suivant: http://www.groove.nl/cd/g/gr-074.html

chronique

En survolant la biographie de Ron Boots on est en mesure de constater l’impressionnante feuille de route du fondateur du mouvement électronique Hollandais (Netherlands School) et du label internationalement reconnu Groove. La carrière de Ron Boots s’amorça en 1987 avec Linear Waves, un album réalisé et distribué en format cassette 4 pistes, format qui allait soutenir la parution de ses 5 œuvres suivantes. Initialement réalisé sur le label Synteam, qui devint Groove, en 1990, “Dreamscape” est une œuvre à propos des rêves. Des rêveries et des rêves lucides qui sont habilement transposés sur une musique où les rythmes et ambiances départagent la mélancolie de l’espoir. Avec cet album, qui fut choisi comme le meilleur album de MÉ par le German Schwingungen Club, Ron Boots a visé le sommet et y a resté depuis. En fait, “Dreamscape” explique par ses structures et sa musique tout l’impact de Ron Boots sur l’échiquier de la MÉ contemporaine.
C’est avec des pulsations hésitantes aux contours érodés de résonances argentées que "Cougarland" installe un rythme lent, alimenté d’une approche séquentielle qui peine à escalader une ascension spiralée. Le rythme est lourd et lent, comme les pas d’un puma qui encercle sa proie. Cherchant l’appui de fines percussions de genre tablas et de tintements perdus, il tournoie sous les souffles épars d’une flûte qui égare ses harmonies dans les chants d’un synthé aux solos rêveurs qui harmonise ses réflexions harmoniques avec des suaves chœurs, enrobant le délicat staccato de "Cougarland" d’une tendre approche onirique. "The Stand" est un superbe titre qui étale ses 14 minutes par phases interposées où les rythmes s’échangent les ambiances dans des espaces hybrides. On croirait entendre les premiers balbutiements séquentiels de Roach et Drunken Mozart In The Desert d’Edgar Froese sur une approche tribale de Vangelis et son Opera Sauvage. L’intro reprend cette étonnante fusion légèrement saccadée des souffles de synthé qui sonnent comme des flûtes et des chœurs psalmodiant une comptine céleste. Des accords sonnant comme des coups de xylophone creux viennent gambader autour de cette délicate approche alors que graduellement Ron Boots entoure sa longue procession d’un beau canevas musical qui va en s’amplifiant avec toute la douceur que commande la rêverie. Peu à peu "The Stand" devient assiégé d’un voile menaçant alors que la direction rythmique dévie vers de sombres pulsations qui mordent l’ambiance et la font tournoyer dans un beau mouvement sphéroïdal bourré de séquences harmoniques qui virevoltent sous de lourdes voiles résonnants où les harmonies et les rythmes s’enlacent dans une étonnante symbiose allégorique. L’énergie se dissipe et les séquences changent de peau, empruntant les souffles délicatement saccadés d’un synthé qui subdivise constamment ses lignes en flûtes et chœurs angéliques dont les portées rêveuses sont délicatement harponnés par ces tintements de verre et des percussions tablas qui errent à la recherche d’un rythme à façonner dans un espace devenu ambiant et idyllique. En ce qui me concerne, "The Stand" et l’étonnant boléro au crescendo philarmonique à la Vangelis qu’est "Rivers" sont deux titres incontournables du registre de Ron Boots à nicher sur “Dreamscape”. "Silent Nature" est un beau paysage musical ambiant avec d’innombrables couches de synthé, certaines passives et d’autres plus musicales, qui flottent et encerclent les éphémères pulsations d’une nature endormie.
Ce genre de structure ambiante qui cerne une faune de percussions égarées se trouve également sur "Cry of the Heart" où les couches de synthé aux souffles argentés cogitent avec des chœurs et des lamentations de baleines. Une chaude brise d’Orion libère de fines particules étoilées qui tintent sur un tapis de brume et "Dreamscape Part I" entre dans nos oreilles avec ses tonalités d’enclume musicale qui rayonnent avec des riffs de claviers voletant en un envoûtant ballet harmonique. Comme une tempête d’ions sonores, ce long prélude à une 2ième partie totalement indépendante respire les paisibles harmonies d’un ballet statique à la Steve Roach avec ses arpèges chatoyants qui tournent en une délicate spirale stationnaire et ses chœurs aux timbres hachurés qui en recouvrent l’approche virginale. "Dreamscape Part II" débute par une belle ballade où la guitare acoustique de Ron Doesborg caresse la voix de Desiree Derksen qui récite un poème de Reina de Jong en Espéranto. L’approche onirique se perd peu à peu dans des percussions éparses et des souffles réverbérants, plongeant "Dreamscape Part II" vers des percussions plus soutenues qui martèlent un rythme de plomb auprès d’arpèges carillonnées. Des lourdes nappes de synthé emmitouflent cette tempête implosive alors que les accords de xylophones soufflés dans le verre courtisent les lourds tam-tams tribaux et des souffles rauques d’un trombone illusoire, plongeant "Dreamscape Part II" dans un intense bouillonnement statique qui calme sa colère lyrique dans d’apaisantes lames de synthé aux prismes irisés. Une nouvelle version de "Rivers" clôture cette édition de “Dreamscape” sur Groove et ses pulsations qui accroissent leurs lourdeurs bolérique sont toujours aussi intenses. Seules les couches et lignes de synthé revêtent une profonde essence philarmonique, restituant à ce titre intense une noblesse qui lui faisait défaut mais que l’on remarquait à peine sur la version originale tant c’est immensément beau.
“Dreamscape” est un très bel album où les rythmes puissants ou statiques embrassent des phases ambiantes séraphiques. Et que ce soit à travers ses ambiances ou ses rythmes, la force de Ron Boots réside en cette capacité à structurer et greffer des mélodies avec une aisance peu commune. C’est un incontournable que je recommande fortement et qui vous initiera à l’univers musical d’un excellent compositeur qui a sa place auprès des Klaus Schulze, Manuel Göttsching, Edgar Froese, Vangelis et Steve Roach. Des grands de la MÉ dont on perçoit une nette influence sur Ron Boots.

note       Publiée le vendredi 21 septembre 2012

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