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Sly and the Family Stone › There's a riot goin' on

cd | 11 titres | 44:35 min

  • 1 Luv’N’Haight [4:02]
  • 2 Just Like a Baby [5:11]
  • 3 Family Affair [3:05]
  • 4 Africa Talks To You « The Asphalt Jungle » [8:45]
  • 5 There’s a Riot Goin’ On [0:00]
  • 6 Brave & Strong [3:29]
  • 7 (You Caught Me) Smilin’ [2:54]
  • 8 Time [3:01]
  • 9 Spaced Cowboy [3:59]
  • 10 Runnin’ Away [2:56]
  • 11 Thank You For Talkin’ To Me Africa [7:13]

extraits audio

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enregistrement

Ecrit, arrangé et produit par Sylvester Stewart & Sly Stone/Une production Stone Flower. Enregistré par Chris Hinshaw, Jack Ashkinazy, James Corniff, James Greene,Robert Gratts, Willie Greer, Rich Tilles (Consultant pour Stone Flower Productions).

line up

Greg Errico (batterie), Larry Graham (basse), Jerry Martini (saxophone ténor), Cynthia Robinson (trompette), Freddie Stone (guitare), Rose Stone (voix), Sly Stone (voix, guitare, claviers)

Musiciens additionnels : Bobby Womack (guitare)

chronique

Styles
blues
funk
soul
Styles personnels
doom soul>(... the higher the price)

Et la voila, la chute… Ou n’est-ce que son écho, le rebond des corps qui cognent aux parois, des esprits qui dévalent jusqu’aux tréfonds du puits ? … Sly avait disparu. Touché du doigt la Gloire, enfin – avec Stand !, l’album du triomphe, ses chansons reprises en chœur par les foules de Woodstock, pour le coup levées de leurs pelouse, répondant à l’appel – puis décrété le silence. Un long silence. Deux ans et demi. Une éternité, en cette époque où l’on sortait volontiers un disque plein tous les six mois. Un siècle, quand on a tout à dire, quand tant d’entendements n’attendent qu’une parole... Pendant ce temps-là, la guerre lointaine – dans ce Vietnam où plus personne, en Amérique, ne croyait plus qu’on ait à faire – avait fait mine, elle aussi, de se taire. Et la Patrie de rapatrier ses derniers fantômes. Des spectres noirs, blancs, bruns... regards semblablement vides ; ou allumés, encore, des mêmes fièvres malsaines… L’histoire continuait. Les guérillas, maintenant, mêlaient leurs buts et leurs moyens ; on appliquait à même les rues les techniques d’embuscade, d'égorgement, ramenées de ce mauvais rêve d’Asie, d’une défaite au dehors qui ne se refermerait pas bientôt. La drogue changeait, la drogue restait. Elle s’incrustait, se répandait. Le LSD n’avait rien résolu. De ceux qu’il avait ouvert, certains restaient béants. L’héroïne, dans les taudis, sur les galetas, recouvrait toujours mieux – plus sûrement, plus pesamment – l’innommable des murs, l’ennui sans fin des existences. Les héros, les champions d’une jeunesse qui avaient voulu illuminer le monde, couler dans sa substance des couleurs inédites, tombaient l’un après l’autre. Overdoses, accidents de trip… Tuerie dans les villas. On finançait les Causes à grands coups de trafics. Nixon investissait la Maison Blanche. Les Black Panthers – leurs meneurs autrefois fiers – se divisaient, s’égaraient en guerres internes, balbutiaient en exile des mots d’ordres contradictoires, embrouillés, malades. Come up, Black Dada, Nihilsmus, clamait sept ans plus tôt un jeune poète… Mais ce programme de meurtre et de viols, de saccages, certains, maintenant – sous toutes sortes de peaux – le voulaient mettre à l'œuvre sur le premier trottoir. Les hommes n’étaient toujours pas frères. Et ce qui survivait des icônes hippies s’empressait désormais de sombrer dans les Affaires… Deux ans et plus. Ce qui frappe d’abord – le disque une fois lancé – c’est un son mat, presque étouffé, opaque. La Family Stone n’explose plus en mille éclats de teintes vives, vibrionnées. La basse, la batterie – toujours lourdes et syncopées, plus que jamais, même, plus profondément funk dans leur frappe à l'essentiel ; mais comme liées maintenant aux articulations, leur élasticité comme empêchée, gênée dans leur amplitude – broient à la place des nuances d'anthracites, d’ambres noirs, de pénombres enfumées ; d’asphaltes englués, encrassés ; de plâtras brûlés. Et la voix, les voix, sur ce Luv n’ Haight – jeu de mots sur le nom du quartier Haight-Ashbury, célèbre croisement de San Fransisco, haut lieu, plus tôt, de l’agitation hippie… mais cette astuce à part, il faut bien lire "Amour et Haine" – clament… Le repli. Je suis si bien, dedans. Je ne veux pas bouger. Cuivres, guitare, claviers – autrefois si gracieux dans leur ballets spacieux et leurs mouvements serrés, synchrones, aux écarts exacts où s’embrassaient les lignes – semblent enfouis sous une chape sale, un empilement de chiffons sans formes ni couleurs nommables ; n’en surgissant qu’en percées timides, déphasées, par poussées ; avec le seul espoir de voler un peu d’air au dessus du marasme. Au titre d’après, c’est Sly, tout seul, qui geint. Comme un bébé, dit-il, quand il sent le mensonge. Tout l’album s’effile, et l’on saisit des bouts, des bribes de messages ; confus, indiscernables, pas vraiment rassurants. Le Brave et le Fort survivent… Mais la chanson n'est pour l'instant que lambeaux de verbe et rythme monotone ; parle d’être largué, sans amis, hors de tout ; de ne même pas savoir qui nous a mis dedans… Je suis un songwriter, ouais, un poète. Et puis ici, sur Spaced Cowboy… C’est bien un Yodel, qu'il nous laisse choir ! Atone, atteint, épuisé, parodique... Poussé à gorge morte. A deux reprises seulement, le son semble s’éclaircir. Sur Family Affair, d’abord – fameux tube, immédiat, trois minutes cinq pour la radio et la danse, à nouveau... Mais qui raconte, encore, les déchirements, la paralysie ; le mutisme qui gagne face à des gens qu’on aime encore, peut-être, seulement par atavisme ; parce que tout simplement ils sont tout ce qui reste quand tout le reste tombe. Et puis Runnin’ Away – merveille à deux voix, timbre doux de femme qui vous connaît, faiblesses et pointes ; basses viriles qui doublent, en retrait, juste assez – couplets entre quoi se lovent et se délient les lignes gracieuses, sensibles, frémissantes, d’un trombone, d’une trompette, qui à la fin convolent ; staccato sans fracas, échappée provisoire. Courte. Trop courte. Frustrante… On saisira, plus tard, tout le sens de ces furtifs moments, de ces deux bouts de ciel entraperçus à peine, de ces fugitives trouées qu’on a cru voir passer au dessus de nos têtes et des ombres étales. Qu’ils sont les seules entrées, les ouvertures par quoi, ici, on peut se glisser au dedans. On ne le saura qu’en revenant. Parce qu’on y reviendra. Parce qu’il y a cette… Chose qui vibre derrière la gangue, sous la croûte figée, comme des mots assourdis qui nous remuent sans que d’abord on les comprenne. On entend bruire des souffrances, des espoirs usés, à bout ; des instants se découpent où la chaleur se coule ; en intruse, en refuge, contre toutes défenses. On s’habitue lentement. On s’installe, malgré le malaise, les emballements de cœur qui semblent flotter alentours, prêts à fondre sur nous. Qui nous obligent à nous asseoir le temps que le sang cesse de cogner aux tempes. Ce n’est pas là de ces endroits qu’on visite. C’est une place où l’on vit. C’est la terre - parce qu’à la fin de la chute il y a toujours la terre. La terre et ses cités, ses dépotoirs aux fonds des gouffres – dont tous les jours, les limites bougent aux confins des dortoirs, des dispensaires, des foyers... Au moment où sort ce disque, Sly Stone se désagrège, se défait corps et âme. C’est le temps – on le raconte – où il s’envoie des rails de coke – il peut se payer de la meilleure – entre les actes d’un procès où on le juge pour possession de stupéfiants. Dans les toilettes du tribunal, dit la légende. Mais peu importent, au fond, le folklore, l'authentique de l'anecdote, les détails pittoresques : de son délitement – nerfs qui craquent sous trop de pression, de travail accumulé, de tournées enchaînée, abus de substances, accès d’une folie véritable, peut-être, qui attendait son heure – Sly voit bien qu'autours de lui, une ère s’effondre en même temps. Que l’âge d’or proclamé ne tiendra plus un jour. Qu’il deviendrait alors – qu’il était peut-être, depuis les prémisses – le plus odieux mensonge, la fuite la plus veule de s’en faire le héraut. Sous leurs airs de délire, de glossolalie, les chansons, peu à peu, dévoilent leur lucidité, l’incroyable justesse dans l'énoncé des maux ; leur parfaite symétrie, à leur biais exhibés, aux brisures du dehors qu’elles entendent épouser. Un monde s’abîme, un songe. La vie, pourtant – organique, simple, brute – n’en a que faire. Elle continue, impitoyable, à charrier gravats, blessures, naissances et maladies, et ruées à l’air libre. Des hommes et des femmes courent, guettent les bruits d’autres pas. Des mains attrapent, retiennent, effleurent et serrent. Des organes s’arrêtent. Des enfants viennent, pour qui grandir voudra dire s’endurcir, jour après jour, perte après perte. Heurtant le sol, Sly y voit soudain clair ; et sa parole, alors, s’empare de chaque détail, en trace pour nous, en contours d’une absolue netteté, en touches écrasées s’il le faut, le foisonnement de son absurdité propre, détachée sur l’ensemble ou noyée dans la boue. Et le groupe – parce que, pareillement, sa mécanique se disloque en pleine course – trouve l’espace parfait pour loger la vision, la crise de celui qui reste le meneur. A mesure qu’on pénètre la touffeur, l’épaisseur d’abord illisible des arrangements, de cette masse trop compacte, il fait de moins en moins de doute que pour ceux-là, les jours sont comptés de la demeure commune. Parce que dans cette ultime poussée – en mots comme en musique – tout doit être dit, en toute sincérité, sans se soucier des conséquences, sans rien dissimuler sous les embellissements. Parce qu’ensuite, il ne sera plus jamais possible de demeurer au même lieu, coude à coude… Il ne faut rien oublier, il ne faut rien déguiser, plus rien ne peut attendre. Soudain, tout trouve sa juste place. Chaque parole, chaque note, chaque inflexion libère en temps voulu sa charge. A l’orée des sentences glaciales affleure l’amour inextinguible pour cette existence qui toujours s’échappe, qui toujours nous rattrape ; parce qu’il n’y a rien d’autre, en fait, bêtement et simplement… Un amour fatigué, à bout de nerfs, qui monte en larmes ou arrache un sourire (l’instant de quoi toute pesanteur dissipe enfin son voile). Ce qu’on avait pris d’abord pour des embardées, les divagations d’instruments mal tenus, ce sont les membres de la Family Stone qui reprennent leurs voix, retrouvent le geste jazz qui se fraye un chemin ; l’improvisation qui innerve l’ensemble en perçant ses vaisseaux ; et ils jettent à bas, ces joueurs impeccables, les pyrotechnies où leur force, l’influx, allait se figer ; perforent l’emballage qui voudrait corseter, réduire en consommable l’élan qui les agite ; retournent leur discipline contre tout ce qui tentait de les assujettir… Cette flambée finale – ces braises qui couvent, plutôt, longuement, en rougeoiements – jette sur tout le reste, sur ce qui avait précédé une bien curieuse lueur. Il semble tout à coup que la pacifique ascension n’ait été, de fait, que combat, arrachement violent, fugue hors de portée d’un aveugle péril. Sous les enluminures d'avant – éparpillées maintenant par les exhalaisons – se découvrent des lignes nettes. Et toutes – lancées de genres amalgamés, fracturés, refondus en alliages ; slogans et mots piégés, dédoublements de sens – semblent n’avoir tendu, toujours, qu’à cet ultime but : faire jaillir l'inflexible vérité, l’appel à VOIR, enfin ; à ne plus rien croire qui ne soit cette vie même, directe, dépouillée de tout prétexte, de toute explication forgée pour rassurer. En guise d’envoi, Sly confirme : pour en arriver là, il a fallu vaincre le Diable ; au corps à corps après la fusillade. Et sa victoire même l’a jeté en terreur. (Thank you, for lettin’ me be myself… Again). Merci de me laisser être moi-même… De nouveau… Un couplet dérisoire aligne d’anciens titres. Et puis… (Dyin’ Young is hard to take. Sellin’ out is harder). Mourir jeune, dur de s’y résoudre. Vivre en Vendu, bien pire encore. Ce sont ses derniers mots avant que lentement ne meure le refrain. La plus grande décence eut été d’en rester là. Mais l’arrêt délivré, il fallait bien durer... ("Y’a une émeute qui continue". Mais au milieu du disque, la plage ainsi titrée est elle aussi fantôme... Et les fleurs, sur le drapeau, semblent autant d'accrocs faits par les baïonnettes).

note       Publiée le lundi 17 septembre 2012

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chronique

Styles
black music
funk
Styles personnels
parano vacillante

Okay. Comme tout drame californien, ça se passe dans une villa cossue, dans le contrefort d’une colline, à l’abri des regards. On dit que Miles Davis y a passé la porte, vite reparti avant d’y laisser ses neurones aurait-il dit. Bobby Womack y a passé un séjour qui lui laissa une terrible culpabilité encore des années après. Sly Stone était, tout simplement, en train de devenir un gangster. Un gangster qui a des relents de remords et de lucidité, comme ce ‘My only weapon is my pain’, dans ‘Poet’. De moins en moins impliqué dans la Family, de plus en plus reclus, tyrannique, injuste envers tout son entourage. Les anecdotes, innombrables, jalonnant la gestation de ce Riot ont de quoi rendre jaloux n’importe quel rappeur mafieux. Mais revenons à nos flocons de coton. Il y a pas mal d’éléments disparates là-dedans. Des dernières lignes franches 60’s de Luv’N’Haight – où l’on retrouve le balancement caractéristique de Stand, entre communion soul et accès de funk jouissif dès le milieu du morceau – aux bonus tracks de la version cd, des démos aux airs de funk spatial et solitaire, boite à rythme palpitant devant la solitude de la voûte étoilée… Il y a un monde. Un monde déliquescent, fruste et glacial. Oui, glacial, pour du funk. Les structures sont encore couplet-refrain sur certains titres, mais sur la plupart, tout cela a fondu comme certitudes au soleil. Il est midi, Dr Cleaver. There’s a riot goin on est-il, donc, un disque expérimental ? Que nenni, il est juste défoncé et cataleptique. Un drug album centré sur les joies de la redescente et de ses incohérences noiraudes, que l’inconscient va chercher là, dans un coin sombre de la pièce, sans raison. L’un de ces disques magiques dont les redondances appuyées, parfois lourdement, n’entravent en rien le pouvoir hypnotique. Dans le désordre de ces chansons malades, inquiètes, se lovent des détails parfois tétanisants, tels cette nappe de clavier lynchien en sourdine à la fin de Just Like a Baby (remarqué tout récemment, au bout de, quoi 200 écoutes ?), ou ces notes de venin concluant You Caught Me Smilin’. Le jinx était alors sur la Famille ; peut-être dansent-ils pour essayer de l’exorciser. Africa Talks To You semble découler des transes étirées du James Brown et du Miles Davis de ces années-là, drogués et sûrs d’eux ; mais Sly n’est plus sûr de lui, et le doute ne décolle plus de ses basques. La notion de temps est abolie, le titre se mord la queue, ne révèle rien d’autre qu’un funk décharné où la basse pulse de façon sinistre, tandis que le reste menace de s’écrouler. C’est la bande-son d’une attente, mais pour un truc qui ne viendra plus… à l’inverse de celle de Lou Reed dans I’m waiting for the man. Les deux guitares qui, d’ennui, finissent par tailler la bavette ensemble à la fin du titre le trahissent : quoi que ce fût, ça ne viendra plus. L’autre jam sous quaaludes du lot, qui lui répond sur la face B, c’est Thank You For Talkin To Me Africa. En fait, il ne s’agit « que » d’une auto-reprise du single Thankyoufalettinmebemiceelfagin’, monstre de funk véloce et slappé, qui se retrouve ici écartelé en longue procession Dub ! Oui, dub. Car il faut le dire, There’s a Riot Goin’ On annonce les méthodes qu’allaient bientôt employer King Tubby et surtout Lee Perry, de façon troublante pour ce dernier. Il y a la basse, sourde et dominatrice, bien sûr, mais aussi ce son analo et crade jusqu’à l’overdose, résultant des bandes s’effilochant presque à force d’enregistrer par-dessus (on imagine bien Sly souffler sa fumée de ganja dessus, comme Perry le fera). Thank you version dub, donc. Le message que Sly veut faire passer n’est pas clair, mais il semblerait que sa victoire soit vécue comme un malheur par son groupe, qui traîne la patte et semble endeuillé. Finit le Sly hippie, bonjour guitare aux pattes cassées, bonjour nuits blanches, et bonjour menace(s). Une phrase comme ‘thank you for the party but i could never stay / many things are on my mind / words in the way / i want to thank you for letting me be myself again”, dans ce nouveau contexte, fait presque penser à Tony Montana tentant de faire amende honorable devant sa mère ou sa soeur... Mais il sait qu’il les entraînera dans son autodestruction. En attendant...Runnin’ Away. Wahf, Runnin’ Away… « Te fait pas de bile mon gars, l’ardoise t’attend au bout de la nuit, et elle est plus salée que la mer morte », semble signifier cette chanson. L’addi(c)tion, il la paie en ce moment même, conscient de sa propre déchéance. La futilité et la fuite intérieure, si doucereuse, si éphémère, si fragile… « You got you foolin’ you ». Que voulait Sly, qu’attendait-il du succès ? On le disait egomaniaque, voire mégalo, il devient accro et violent lors des séances (interminables) de ce disque… Car “Dyin’ Young is hard to take. Sellin’ out is harder”. Alors, que faire ? Incapable des deux, Sly s’enfoncera dans une retenue et une demi-mesure qui étoufferont son talent, à mesure que ses fréquentations deviennent douteuses… Puis petit à petit, il disparaîtra de la scène… Un jour où l’une des filles de son groupe le regarda un peu trop amèrement dans les yeux après une énième humiliation, Sly lui répondit : « C’est parfois dur d’être moi, mais je dois être Sly jusqu’au bout ». Ce disque témoigne à jamais du prix payé. « J’avais oublié tout le monde extérieur, ma femme, mes gosses… Je n’avais plus aucune idée du jour qu’il était. Tout ce que je savais, c’est que je devais me tirer de là avant d’y laisser mon âme », dixit Bobby Womack… Sly se comportait, d’après lui, comme un genre de Phil Spector pimp, demandant à ses choristes de jouer les prostituées pour les innombrables guests star du disque. Au final, personne n’était assez sobre pour savoir qui a joué de quoi. Tout le monde leur est passé dessus, à ces bandes magnétiques. Un peu comme la lutte pour les droits civiques… Womack a sûrement été attiré dans ce piège par cette cause perdue, ainsi ce drapeau sur la pochette, aux fleurs de cotons en guise d’étoiles, fait de la souffrance un emblème national. Il y a une émeute, oui, car pas de fumée sans feu. Mais derrière cette bannière de fumée, épaisse et opiacée, la violence semble ne jamais s’être calmée depuis ce temps-là…

note       Publiée le mardi 2 octobre 2012

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dariev stands › samedi 13 février 2016 - 16:01  message privé !
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https://www.youtube.com/watch?v=NWPbDsPYxZM

Ah oui, y'a ça aussi : YMO et Cornelius à la guitare reprennent le morceau le plus torride de Sly Stone, "thank you for talking to me africa".

La classe, point final.

Dioneo › mercredi 4 septembre 2013 - 18:53  message privé !
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You're welcome... (Et papa Dee Allen, oui... Percussionniste qui rigolait pas, le monsieur - enfin si, aussi mais on m'aura compris).

NevrOp4th › mercredi 4 septembre 2013 - 18:39  message privé !

Qu'elle est bonne cette reprise! Les percussions sont justes jouissive. Merci de la découverte en tout cas!

Note donnée au disque :       
Dioneo › mercredi 4 septembre 2013 - 15:20  message privé !
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Celle-là, tiens (tant qu'à faire).

Dioneo › mercredi 4 septembre 2013 - 15:17  message privé !
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Ben y'a de ça oui, nettement... Avec Mandrill ou des gens du style (Santana au début ?), ou War, aussi, avec puis sans Burdon ('tain, je suis tombé sur une version de Paint It Black, d'eux y'a peu, avec ledit... Me suis demandé ce que les Cailloux avaient pu en penser, à l'époque. Puis je me suis dit "sans doute que du bien, vus les trucs genre 'Can't You Hear Me Knocking' qu'ils ont pu sortir assez peu de temps après, en fait).