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Mastodon › Crack The Skye

  • 2009 • Reprise 459132-2 • 1 CD

cd • 7 titres • 50:06 min

  • 1Oblivion
  • 2Divinations
  • 3Quintessence
  • 4The Czar : (I) Usurper (II) Martyr (III) Escape (IV) Spiral
  • 5Ghost Of Karelia
  • 6Crack The Skye
  • 7The Last Baron

enregistrement

Southern Tracks Studios, Atlanta. Produit par Brendan O'Brien.

line up

Brann Dailor (batterie, percussions, chant sur "Oblivion"), Bill Kelliher (guitare), Brent Hinds (chant, guitare, banjo), Troy Sanders (chant, basse, basse synthé)

Musiciens additionnels : Scott Kelly (chant sur "Crack The Skye"), Rich Morris (claviers)

remarques

chronique

Styles
metal
progressif
psychédélique
Styles personnels
neo prog metal

Entre ambitions stériles et prétentions infantiles, certains groupes savent y faire pour se rendre embarassants. Mastodon, après nous avoir gonflé à force de tenter de faire du heavy-métal post hardcore thrash technique sludgecore kaleidoscopecore machin bidule truc, assume enfin sa sexualité : la progophilie. Eh ouais mon bon Masto, z'êtes pas hardcore, ni post-hardcore, et même si vous avez pris l'habitude de bruncher avec le chanteur de Neurokiki ben vous avez rien à voir. De toute façon le post-hardcore c'est bel et bien devenu le nouveau rock progressif, il suit bien la même évolution bourgeoise, un peu comme à l'époque où le prog était devenu chiant, vers 75, ben vers 2005 on a grandi pareil dans l'univers Métal, depuis quelque temps on a la seconde vague, celle des amateurs de beaux paysages, de baleines, et de post-apocalypse, qui commence à crever tout doucement. Z'avez eu raison de pas vous confondre avec ces gens, Masto, brave ganache, en plus l'innovation, qu'est-ce qu'on s'en fout. Allez donc me dépoussiérer cette belle bibliothèque familiale. Quitte a être prog', autant l'être comme au temps des pochettes de Roger Dean, je vous suis... Mastodon nous sort donc son premier album lyrique, et moi, je me rends compte que Remission et Leviathan étaient en fait juste impressionnants question cylindrée, volontiers surpuissants, mais aussi découreageants que des pains surprise sans garniture et plus brouillons et à te faire mal-au-crâne que le montage dans les derniers films de Tony Scott. Blood Moutain, déjà plus n'importe quoi dans sa forme, venait ajouter du fruit confit nawak dans l'pudding, c'était encore plus un album de récupération, donc écolo, mosaïque, mal assemblé, pour un groupe habitué au reyclage indigeste générique d'à peu près tout type de métal/hard rock, surtout si c'est racoleur. Et nous voici à Crack the Skye : over-the-pudding and further ! L'envolée romanesque vers les naïves contrées progueuses, les arabesques, les rodomontades riffesques, les dromadaires chargés de bonnes herbes colorées et les tenues chipées au Roi-Soleil... Putain, y a même un morceau avec des histoires de Tsar et de Tsarine ! ça raconte des histoires maintenant Mastodon, ça fait plus des haïkus ! Je vais pas vous faire le toppo conceptuel du machin, qui brasse voyage astral, possession de Raspoutine, et fantasmagorie SF, lisez-le plutôt de Brann Dailor, l'architecte-chamane-frappeur hyper impliqué du bousin. J'imagine que le garçon nous pondra un Opera Rock un jour, pour sûr. Un vrai truc de pompiers cavaliers je vous dis, à l'ancienne. Et la musique qui va avec ce morceau-bien-à-part est totalement dans l'esprit des vieux contes épiques à la Yes, ou mieux Genesis sur Nursery Cryme, bref un truc de grands naïfs lyriques, qui savent inventer des histoires au chevet des mômes quand qu'ils s'endorment. Ajoutez à cette myriade de saveurs généreuses le chant complètement IMMONDE de Troy Sanders et Brett Hinds - exit le hurlement hardcore sans personnalité au profit d'une parade plus grimaçante et chevaleresque que jamais - et vous obtenez un truc boursouflé, carnavalesque, encombrant et plus peinturluré qu'un travelo de Rio, qui serait capable de coller une crise de foie à un fan de Mars Volta et Dream Theater... si de telles créatures mutantes existent en ce bas-monde, brrrrr. Ô Mastodon Camillo, priez pour nous pauvres pêcheurs du mauvais goût ! Imaginez Goldorak coiffé d'un pompadour, en train de taper un récital dans la Cathédrale St-Sauveur relookée pour l'occasion dans un mélange esthétique d'Arcimboldo et de déco de resto marocain, et vous êtes à peu prêt proche du tableau. Crack the Skye c'est un truc assez énorme de naïveté et chargé de motifs progmoches, ouais. Mastodompté s'est mué en Mastodindon, et glougloute ses contes épiques du haut de son Mastodonjon donnant sur le super stade américain rempli de gros barbus à t-shirt Mastodon. J'aurais vous le comprendrez sans doute des scrupules à pousser jusqu'à 5 pour ce qui est juste un joli petit recueil de métal progressif à reliures dorées, mais comprenez aussi qu'ici, et c'est bien la seule fois dans la carrière tracée façon Roland Emmerich de Mastodon, il y a une forme de sincérité, qui ammènera chez l'auditeur peu de demi-mesure. On y croit, ou on vomit.

note       Publiée le vendredi 7 septembre 2012

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Note moyenne        11 votes

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Dun23 › samedi 8 septembre 2012 - 15:41 Envoyez un message privé àDun23

Hé Hé Hé!

Note donnée au disque :       
Sheer-khan › samedi 8 septembre 2012 - 10:17 Envoyez un message privé àSheer-khan
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Je le trouve jouissif et très élégant, ce disque. Et je surkiffe la vieille voix bizarre et toute nazeuse de Hinds (rhaa, divinations...). Ca faisait très très longtemps que j'attendais un album de metal comme celui-là.

Raven › vendredi 7 septembre 2012 - 22:04 Envoyez un message privé àRaven
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Bah je me suis dépatouillé comme j'ai pu; pas si facile de chroniquer ça, notre Sheer-Khan serait plus rigoureux sur ce coup... mais disons que derrière le délire que je me tape un peu sur son dos, pour moi c'est le seul album un tant soit peu sincère de ce groupe-gonflette.

boumbastik › vendredi 7 septembre 2012 - 21:57 Envoyez un message privé àboumbastik

Je lis la chro (qui me fait bien marrer du reste) et j'me dis "houla i va lui coller 1,5 boules et basta". Ben non. J'pige pas, Raven, t'as aimé ou pas ?

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Seijitsu › vendredi 7 septembre 2012 - 21:34 Envoyez un message privé àSeijitsu

J'y crois alors. Aussi magnifique et cucul qu'un vieux Yes.

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