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Earth › Living In The Gleam Of An Unsheathed Sword

cd • 2 titres • 73:23 min

  • 1Dissolution III14:29
  • 2Living In The Gleam Of An Unsheathed Sword58:54

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré live sur WNYU Radio et à NYC le 17.09.2002

line up

Dylan Carlson (guitare), Adrienne Davies (batterie)

remarques

chronique

Styles
noise rock
drone
Styles personnels
purge de drone

Une petite saignée Monseigneur Bourdon ? Ca purge les mauvaises essences, ça donne des vapeurs mais c'est bon pour ce que vous avez. Il n'a pas du passer les meilleures années de sa vie entre 1996 et 2005 ce cher Dylan Carlson. Dur dur les saloperies dans l'organisme, même plus capable de faire de la musique alors que d'autres, au pays du soleil levant puis plus près de chez lui reprenaient le flambeau, et même le faisait briller de lueurs nouvelles auprès d'un public de plus en plus vaste, foules prosternées devant l'immémorial drone déterré en d'autre temps par l'objet cosmique Terre lui-même. Ce vieux bourdon dont Dylan devait se purger pour pouvoir repartir sur de nouvelles bases. Carlson seul, Earth c'est lui, depuis toujours, il l'expurge ce bourdon qui pèse sur ses épaules, à coups de riffs rocailleux, abrasifs, pelés, une couche après l'autre, c'est une souffrance manifeste qui s'extirpe de chaque note, un vomissement de lave déjà assez froide pour être coupante, mais encore brûlante sous la croute que gratte la guitare. Dylan l'appelle "Dissolution III", c'est assez clair, c'est un écoulement de sève empoisonnée, faire sortir toute les substances du corps, se vider pour renaître, peut-être. Mais le plus gros du travail, de la torture, reste à faire. Dylan n'y arrivera pas tout seul. C'est un cliché, mais si derrière la renaissance, artistique et personnelle, il y avait une femme ? Adrienne Davis, une blonde un peu forte, taiseuse, batteuse habitée par la gravité terrestre. Quelqu'un sur qui Carlson peut s'appuyer, enfin. Une base, pour lui, et pour Earth, une base solide, un noyau terrestre, de quoi bâtir de profondes fondations. Dans le livret, on voit ces rocailles terreuses, ces fleurs blanches poussant dans la lande, et une végétation luxuriante et primitive, la planète au Permien. Retour aux origines, rythmée par la scansion de Davies. Propulsé par cette force, Earth s'épanche en stoner de zone de subduction, regagne une puissance volcanique, crache ses motifs répétitifs dans une caldera secouée en permanence par les coups de boutoir de la batterie. Une colère tellurique de près d'une heure aux changements de vitesse effrayants, spectacle d'une masse immense expectorant des gerbes enflammées couvertes de poussières. Une masse qui soudain semble gronder de l'intérieur, rentrer en elle et bouillonner en ses entrailles, vibrant de toute part, avant de faire éclater sa fureur à nouveau, sur le même mode, sur le même ton, cyclope blessé sur son île éructant des malédictions antédiluviennes. Carlson traite le mal par le mal, ce vieux bourdon il lui fait la peau une fois pour toute, sans relâche, dans la douleur, le riff tordu de distorsions, chasser enfin le fuzz pour y voir clair. Travail au corps d'un géant, coups de marteau, coups d'épée, jusqu'à ce que mort s'en suive. Pour pouvoir enfin renaître, après l'avoir tué, ce vieux roi bourdon.

note       Publiée le lundi 13 août 2012

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Twilight › mercredi 25 novembre 2020 - 21:18  message privé !
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La pochette est vraiment splendide.

Klarinetthor › mardi 14 avril 2020 - 17:24  message privé !

C'est tellement chiant en live Dylan Carlson... je n'écoute même plus le Earth période 2010s du coup

(N°6) › mardi 14 avril 2020 - 15:40  message privé !
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Non, une purge. Il l'a dit lui-même d'ailleurs, fallait faire sortir toutes les saloperies accumulées depuis des années, tuer le vieux Earth avant de pouvoir passer à autre chose. Après, je conçois très bien qu'on puisse trouver ça chiant. Conquistador et le tout dernier en date, je me les garde pour l'été et des espaces plus ouverts.

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Raven › mardi 14 avril 2020 - 15:33  message privé !
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Une branlette, en somme ? Ils pouvaient garder les bandes pour eux... J'ai essayé son récent Conquistador au père Carlson (avec sa mignonne sur la pochette), ça m'a plus parlé alors qu'il s'y passe à peu près rien.

Note donnée au disque :       
(N°6) › mardi 14 avril 2020 - 15:25  message privé !
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C'était une purge. Au sens propre.

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