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Volt › Circuits

cd • 3 titres • 61:24 min

  • 1Circuits 20:24
  • 2Ohms Law 19:22
  • 3Firewire 21:38

line up

Michael Shipway et Steve Smith (Claviers, synthés, séquenceurs et échantillonnages)

remarques

chronique

Ça faisait un bail que l’on avait entendu un nouvel album de Volt. Et nous sommes passé bien près de ne plus en avoir. Pourtant le projet de “Circuits” était sur les rails peu après le superbe HjVi, sauf que des problèmes internes (à ce que j’ai cru comprendre) ainsi que les projets solos de Steve Smith (Phoenix Arising) et Michael Shipway (Voyage To Venus et The Three Towers) ont retardé la finalisation de “Circuits” qui s’est fait à distance avec le support de Ron Boots qui a su mixé un capricieux album assis sur des sonorités électroniques de toutes acabits, dépeignant l’univers microscopique des circuits électroniques. “Circuits” tourne autour de 3 longs titres qui renouent avec les longs déploiements des rythmes minimalistes de Volt, avec des séquences tantôt dociles et tantôt déjantées et des synthés tantôt musicaux et tantôt agressifs qui dépeignent le turbulent univers de Michael Shipway et Steve Smith.
Des grésillements et des bruits d’ondes courtes parasitant dans l’absolu néant ouvrent les méandres labyrinthiques des bruits blancs qui composent le lent parcours introductif de la pièce-titre. De discrètes et nébuleuses ondes de synthé aux odeurs d’un vague orgue archaïque flottent derrière ces phonèmes électriques, guidant les ambiances abstraites de "Circuits" à travers un passage cosmique pour finalement s’arrimer à des accords dansant en sens contraire. Ces séquences qui jouent au chat et à la souris avec une rythmique embryonnaire dessinent une approche virginale avec des ions gambadant sous des ondes fantomatiques. Et brusquement ce rythme innocent percute les barrières de l’impassibilité à 12:13 avec des cognements sourds qui martèlent un rythme statique et lourd, préservant sous ses résonnances ces séquences qui voltigent avec candeur sur une structure devenue de plomb. Ce rythme pesant et mélodique soulève des nuages allégoriques en la présence des synthés s’échangeant des solos qui font la cour à des brumes d’éther, dégageant un doux parfum de folie avec ces airs arabiques qui agrémentent une structure déjà riche en rythme et harmonies. Une structure rythmique qui s’isole pour offrir à nos oreilles un étonnant dialogue séquences et ondes grésillantes qui meurt dans les lourds battements artificiels. "Ohms Law" présente une intro plus musicale avec des lignes de synthé qui croisent leurs errances spectrales au-dessus d’une tempête magnétique alors que le rythme, plus précoce, s’installe avec des accords métalliques qui tambourinent une vaporeuse marche sous un ciel teinté de brumes menaçantes et de sonorités éclectiques. Une pulsation hésitante émerge de ce mini tintamarre industriel, modifiant un rythme qui se fait plus cadencé avec un mélange de pulsations, de séquences et de percussions sonnant comme des ailes de criquets gelés. Comme un unijambiste ce rythme sautille maladroitement. Titubant, il gagne une seconde jambe pour rouler en cercles ondulatoires sous des solos de deux synthés qui ne chantent pas la même mélodie mais qui s’accordent pour inonder l’ambiance d’une délicate brume onirique et de superbes brises flûtés alors que le rythme, qui gagne en lourdeur et vélocité, est toujours orné de ces magnifiques ailes de criquets électroniques.
L’évolution rythmique de "Firewire" est latente. Circulant entre des vents dont les extrémités surgissent tant des cieux que de l’enfer, de fins cerceaux échoïques émergent après la 3ième minute pour sauter dans l’arche de leurs résonnances sous l’œil sombre d’un synthé aux souffles éventés d’éléments électroniques bigarrés. Ce rythme éphémère est englouti par un déluge de solos torsadés qui roulent ses lamentations dans des nuages de brume occise d’obscurité. Et c’est dans ces souffles perdus que le rythme reprend vie sous une autre forme, démontrant toute la capacité de Volt à étonner encore et encore. Il s’agit d’une superbe structure rythmique construite autour de fines ruades emboutées l’une dans l’autre qui moulent une étonnante chevauchée glauque à travers les sombres tunnels des lignes de feu dont les résonnances vrombissent comme les souffles noirs de Ramp ou Redshift. De fines lamentations flutées sonnent la fin de cette chevauchée apocalyptique qui prend plus de vigueur avec des percussions électroniques qui martèlent un rythme plus vif que sec sous de superbes solos aux tonalités aussi vivantes que musicales, entraînant "Firewire" vers une finale qui bouillonne de caresses provenant d’un purgatoire musical aussi musical qu’anarchique.
Volt fait parti des gros noms de la MÉ au même titre que Ramp, Redshift, Arc ou Arcane. Et “Circuits” confirme l’importance du duo Anglais dans l’échiquier de la MÉ contemporaine avec un puissant album qui allie les rythmes et les ambiances au diapason de leurs paradoxes avec un habile doigté, témoin que l’univers de la MÉ n’est pas seulement entre bonnes mains mais fleurit plus que jamais au-delà des imaginations sans limites de ses concepteurs.

note       Publiée le samedi 28 juillet 2012

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