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Lamp › The Three Towers

cd • 3 titres • 58:38 min

  • 1The Tower of Breganze 20:19
  • 2The Tower of Aurumshade 17:51
  • 3The Tower of Diameter 19:28

extraits vidéo

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line up

Michael Shipway (Synthés Virus, Oasys et Voyager, séquenceur Sequentix Cirklon et effets électroniques) Garth Jones (Guitares Fender Stratocaster)

remarques

Pour avoir plus d'information sur Lamp et les contes de Bernodine on visite le site web de Michael Shipway au http://www.mslmusic.co.uk/

chronique

Basé sur les contes tissés de Bernodine, un scientiste aussi inconnu que sa renommée, “The Three Towers” par Lamp est la réponse au surprenant “Phoenix Arising” de Steve Smith and the Tylas Cyndrome qui surprenait le monde de la MÉ progressive et de l’England School en 2011. Lamp est aussi sortie de la cuisse droite de Volt, en la présence de Michael Shipway (l’autre moitié de Volt) aux synthétiseurs et séquenceurs et Garth Jones, un ami de longue date, aux guitares. Et “The Three Towers” est un très bel album qui revêt un cachet particulier avec sa pochette aux airs de la saga de Tolkien; Le Seigneur des Anneaux. Sauf que loin d’être dans les terres d’une MÉ aux arômes du Moyen-âge, “The Three Towers” s’ouvre sur 3 longs chapitres musicaux où les mellotrons aux brumes et les synthés aux solos d’autrefois caressent les solos et les harmonies d’une guitare très romanesque sur des rythmes évolutifs, arqués sur de bonnes séquences et percussions programmées. C’est un superbe album qui transcende la musique du Milieu, restons dans la thématique, afin de nous offrir un voyage musical aussi épique que les contes de Bernodine (l’univers tel que vu par Bernodine), dont on peut lire les extraits sur le site de Michael Shipway.
"The Tower of Breganze" nous introduit dans cet éclatant monde d’une MÉ hybride avec des strates irisées d’une guitare métallisée qui flottent dans le doux confort d’une onctueuse brume mellotronnée. Cette brume enivrante, qui nous transporte bien au-delà de nos rêves et valse entre nos deux hémisphères, sert aussi de rempart au synthé de Michael Shipway qui moule des solos torsadés. Ces solos d’une MÉ aux arômes des années vintage roucoulent dans nos oreilles, tels des chants de sirènes en détresse sur des banquises asséchées, lorsque les accords plus harmonieux de Garth Jones chantonnent autour d’une fine pulsation menaçante. Tranquillement le rythme s’installe avec une ligne de séquences dont les accords qui palpitent d’une façon aléatoire ébauchent une approche rythmique nerveuse et épousent le mouvement spiralé d’une ligne de basse fantôme. Ce rythme tournoyant est harponné par des percussions programmées, propulsant "The Tower of Breganze" dans l’univers métissé d’un rock électronique progressif qui tournoie en une lourde spirale minimaliste. Affichant un contraste désarmant entre sa lourdeur rotative et son étonnante vélocité rythmique, ce tempo pesant roule comme une puissante course circulaire avec une guitare plus que poétique dont les solos et refrains bourrés d’une saveur latine dansent sur les percussions matraquantes et sous ces nuages mellotronnés qui ont bercés la genèse de "The Tower of Breganze". Cette brume de Mellotron jette un voile de mysticisme sur l’introduction de "The Tower of Aurumshade" avec des couches chantonnées qui flottent dans un cosmos enchanté par la guitare romanesque de Garth Jones. De fins solos de synthé sillonnent cet éden de ouate, enracinant cette intro dans son enveloppe de brume jusqu’aux premières pulsations qui dressent un canevas rythmique similaire à la tour de Breganze. Doucement, et avec l’aide de séquences qui voltigent tels des feux follets, le rythme s’éveille à pas de loup avec de belles larmes de violon qui pleurent sur les accords d’une guitare onirique jusqu’à ce que l’insistance des pulsations trébuche sur une amalgame de séquences au débit divisé. Et comme un long orgasme auditif qui reste collé sur son climat de jouissance afin d’en extirper tout son plaisir, le rythme décolle un peu après la 13ième minute, épousant le torrent des percussions de Breganze alors que la guitare, plus incisive, en mord la cadence avec de furieux solos.
Étrangement et contrairement au guide de presse, "The Tower of Diameter" est mon titre préféré sur “The Three Towers” et voici pourquoi! Tout d’abord l’intro nous fouette les sens avec ses fortes brises cosmiques qui moulent des vents irisés sur une plaine fantomatique triturée par une guitare errante. Nous sommes en plein cœur d’un imaginaire obscur où les vents sifflent avec une bruyante intensité sur un rythme qui éclot après la 3ième minute avec des pulsations aux résonnances glauques. Une belle ligne de séquences limpides et fluides tournoie avec une grâce céleste autour de ce rythme monophasé qui sautille mollement, comme endormi par des accords harmoniques d’un clavier faisant la cour à des morsures d’une guitare onirique. Les séquences et pulsations fusionnent en un seul fuseau rythmique lorsque des lignes aux tonalités psychédéliques hindoues jettent une aura clanique et progressive sur un passage qui tranquillement fonce vers l’oubli avant de renaître avec des riffs secs. Et la superbe et étonnante structure rythmique de "The Tower of Diameter" étale toute sa splendeur avec des riffs qui sonnent étrangement comme de The Police (Every breath you take) enveloppés d’une sereine brume cosmique. Les 10 prochaines minutes qui coulent dans nos oreilles sont tout simplement enchanteresses. Des solos de guitares et de synthés s’échangent leurs poésies musicales sur un oblong rythme hypnotique que de gros nuages célestes caressent d’un voile onirique, enrobant les rythmes et ambiances d’une thématique à forger le plus beau des vers d’oreilles.
Vous l’aurez deviné, “The Three Towers” est un magnifique album où le Berlin School rétro baigne dans des ambiances progressives avec juste ce qu’il faut pour nous faire basculer à l’envers du miroir du confort des rythmes minimalistes. On a beau pressentir les chevauchées rythmiques que l’on entend venir des milles à la ronde que nous restons toujours bouche bée devant leurs attaques aussi vicieuses que prévisibles, signe d’un opus magnifiquement rodé qui est tout à fait au diapason de ces contes dont on ne connait la provenance. Et que dire de ces mellotrons? Hum tout à fait ravissant. Mon coup de cœur pour 2012!

note       Publiée le jeudi 26 juillet 2012

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