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Compilations - Labels › Manikin Records Second Decade 2002 – 2012

cd | 21 titres | 142:46 min

  • 1 CD 1 (69:27)
  • 2 Prelude (Raughi) [ 2:51]
  • 3 Snap Shot (Fanger & Schönwälder) [ 8:04]
  • 4 Saint Paul´s Cathedral Chorus Girl (Picture Palace Music) [ 3:41]
  • 5 Sun Gate (W.A.dePHUL) [ 5:24]
  • 6 DE 7208 (Kagermann & Keller) [ 12:14]
  • 7 Schöne Landschaft (Thomas Fanger) [ 6:55]
  • 8 Improvised Music (Rainbow Serpent) [ 10:08]
  • 9 Vienna Calling (Broekhuis, Keller & Schönwälder) [ 9:02]
  • 10 Guitarmoon (Cosmic Hoffmann) [ 5:08]
  • 11 Zeitmaschine (Filterkaffee) [ 5:57]
  • 12 CD 2 (73:19)
  • 13 Nazareth, PA (Bas Broekhuis) [ 8:45]
  • 14 Track for Michael Hoenig (Excerpt) ['ramp] [ 8:58]
  • 15 Forgotten Places (Keller & Wienekamp) [ 5:25]
  • 16 Moab-Jam (Lutz Graf-Ulbrich) [ 6:15]
  • 17 Philadelphia (Broekhuis & Schönwälder) [ 13:11]
  • 18 Elements 18 (Rainbow Serpent, Isgaard & Kagermann) [ 5:08]
  • 19 Metropolis Part 2 (Keller & Schönwälder) [ 5:26]
  • 20 A Rainy Day (Spyra) [ 12:55]
  • 21 Winterland (Mario Schönwälder) [ 7:13]

chronique

Mario Schonwalder est une icône de la MÉ contemporaine. Cet adepte des lents et longs mouvements minimalistes roule sa bosse depuis plus de 25 ans, portant sur ses épaules les vestiges d’une MÉ de style Berlin School crée et abandonnée par Tangerine Dream et Klaus Schulze. C’est en Avril 1992 que Mario Schonwalder lançait le label Manikin Records avec la parution de Close by my Distance. Sans le savoir, le musicien Allemand créait une institution. Au-delà de la qualité des œuvres de son label, Mario Schonwalder et ses compagnons de musique s’impliquaient constamment dans la recherche et développement d’instruments de MÉ, dont le fameux Memotron, donnant à la MÉ des nouveaux souffles et horizons qui allaient rehausser les envoûtantes structures de la Berlin School. Vingt ans et une centaine d’albums plus tard, Manikin souligne l’évènement avec Manikin Records Second Decade 2002/2012; un magnifique album double qui dépeint à merveille les univers sans frontières des artistes qui ont contribué à l’essor du label Allemand. Raughi Ebert part le bal avec "Prelude", un titre très poétique où une guitare acoustique roule sa mélancolie d’un air fluide et avec un synthé siffleur que des pulsations/percussions harponnent d’une étreinte éphémère. "Snap Shot" nous plonge dans l’univers troublant de Fanger & Schonwalder avec un tempo légèrement technoïde. C’est un tempo minimaliste et hypnotique, enveloppé d’une fascinante aura électronique où voix mystérieuses, brises ocrées et brumes éthérées bordent une captivante procession très Berlin School alimenté par des percussions pulsatrices et des séquences tournoyantes. "Saint Paul´s Cathedral Chorus Girl" de Picture Palace Music est un superbe titre lourd et lent où les synthés hurlent d’une sombre passion. C’est aussi noir que théâtrale et c’est très Thosrsten Quaeschning. W.A.dePHUL offre une surprenante version plus romantique de "Sun Gate" qu’il avait écrit en 1989 en compagnie d’Edgar Froese et Paul Haslinger. "DE 7208" de Kagermann & Keller est un autre fascinant titre à la sauce Berlin School. Basé sur une forte ligne de basse, le rythme est lourd et tournoie sur des séquences qui alternent avec vigueur, tressant un lourd mouvement hypnotique et harmonique que des couches de synthé et des soupirs de violons enveloppent d’une envoûtante mélodie qui zigzague tel un spectre harmonique. Simplement délicieux! Intrigant "Schöne Landschaft" évolue avec le magnétisme de son envoûtement. Ce titre sans rythme précis de Thomas Fanger progresse dans les cercles de son massif tourbillon, échappant de frêles notes qui virevoltent dans le sillage des vents pour forger d’éparses bribes mélodiques qui dansent pour un étrange ballet sphéroïdal. Après une intro truffée de brises argentées le rythme de "Improvised Music", de Rainbow Serpent, plonge dans une enivrante structure de Berlin School. Des cymbales aux cliquetis nerveux encerclent des accords circulaires qui peinent à gravir un rythme ascendant. D’autres accords s’ajoutent. Leurs limpidités, de même que leurs agilités, éclaircissent un rythme qui ondule de ses larges boucles oscillatrices sous des solos perçants. "Vienna Calling", de Broekhuis, Keller & Schönwälder, planche sur un rythme morphique qui tressaille légèrement sous les sobres coups des séquences et percussions alors que les synthés dessinent des airs spectraux. Le titre plonge délicatement dans des couloirs ambiants avant de rebondir furieusement avec des percussions tablas dont les frappes déchaînées accotent l’abondance des séquences qui moulent un rythme frénétique sous des solos de synthé aux complaintes torsadés. Cosmic Hoffmann nous trimbale dans ses territoires secrets avec "Guitarmoon", une étrange ballade cosmique nourrie dans la métalicité des cordes d’un sitar dont les accords résonnent dans des arômes plus psychédéliques qu’électroniques. "Zeitmaschine" de Filterkaffee clôture ce premier CD avec un titre sombre et ambiant, rongé par des souffles réverbérants et caustiques qui s’agrippent à des pulsations aussi sourdes que discrètes qui émergent et disparaissent dans un cosmos cérébral trituré de poésies musicales bipolaires. "Nazareth, PA" de Bas Broekhuis s’inscrit dans la même lignée que la série des Repelen avec un fin rythme tribal hypnotique enveloppé du violon de Thomas Kagermann. Fidèle a sa marque de commerce, ['ramp] offre un titre lourd bourré de pulsations résonnantes. Des séquences limpides voltigent autour du rythme noir de "Track for Michael Hoenig", dont chacune des pulsations nous fait vibre la colonne. Lourd et puissant, ce titre de Stephen Parsick étale toute la magie de l’univers d’une MÉ analogue où toutes les nuances et perceptions tissent un envoûtant parallèle entre le rythme lourd qui avance à tâtons et les harmonies limpides forgées dans des séquences cristallines. "Forgotten Places" est ce genre de mélodie qui tisse un ver d’oreille. C’est tout un univers que Keller & Wienekamp dessine en même pas 6 minutes avec des séquences qui tournoient dans les souffles d’un synthé absent, moulant une mélodie innocente qui se flâne autour de séquences/percussions aux sonorités d’enclumes. Une ligne de séquence vient harponner l’hésitation, entraînant "Forgotten Places" dans un délicat galop qui chevauche des plaines aux brumes et aux solos harmoniques alors que le rythme finit par épouser une tangente technoïde. C’est très mélodieux. Avec "Moab-Jam", Lutz Graf-Ulbrich nous transporte aux frontières des improvisations psychédéliques des années vintage du mouvement Krautrock avec une guitare bien ciselée qui échappe ses harmonies sur des percussions tablas. "Philadelphia" nous ramène dans les territoires de la MÉ avec des synthés très Vangelisques qui soufflent avec vigueur sur des séquences scintillantes et des pulsations sobres. Abstrait, le rythme offert par Broekhuis & Schönwälder épouse bientôt un lascif groovy qui se déhanche suavement sous des synthés aux souffles harmoniques autant spectraux que sensuels. "Elements 18" de Rainbow Serpent est une belle mélodie qui siège sur un genre de techno morphique où la voix d’Isgaard et le violon de Kagermann planent avec un savoureux mélange tribal/cosmique. Ceux qui ont aimé Stranger vont adorer. "Metropolis Part 2" de Keller & Schonwalder est un pur délice ambiant et flottant alors que "Rainy Day" de Spyra stigmatise nos attentes avec un furieux tempo dont les larges zigzags oscillatoires me rappellent le rythme fuyant de Tangerine Dream sur Cool Breeze of Brighton. Ces séquences serpentent parmi les cliquetis de cymbales qui embrassent le tempo de morsures froides, éveillant nos sens lorsque des frappes de dactylo discourent en un étrange solo, comme pour échapper aux denses couches d’un synthé qui libèrent aussi de somptueux solos. Des solos flottants et vampiriques qui errent tels des ailes de prédateurs, attendant la fragilité des accords de piano qui subdivisent l’impressionnant parcours rythmique de "Rainy Day". Absolument génial! À tout Seigneur tout honneur! Mario Schonwalder conclût cette superbe compilation avec "Winterland", un titre plutôt ambiant où des couches de synthé aux arômes de violons flous hachurent une atmosphère sombre et secrète rempli de chœurs et d’accords errants. Comme un coffret de sécurité que l’on ouvre à toutes les décennies, Manikin Records Second Decade 2002/2012 recèle de beaux petits bijoux. Des perles musicales qui dépeignent à merveille l’univers de Manikin. C’est la porte d’un monde musical qui n’a de frontières que l’immense curiosité et l’avant-gardisme de ses pionniers qui transcendent la Berlin School afin de toujours lui donner ce second souffle.

note       Publiée le vendredi 6 juillet 2012

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