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The Legendary Pink Dots › Curse

cd • 10 titres • . min

  • 1Love Puppets 6:56
  • 2Wall Purges Night 4:16
  • 3Lisa's Party 3:43
  • 4Arzhklahh Olgevezh! 6:15
  • 5Prüümptje Kurss 2:05
  • b-side
  • 6Waving At The Aeroplanes 3:07
  • 7Hiding 1:02
  • 8Doll's House 4:54
  • 9The Palace Of Love 2:56
  • 10Stoned Obituary 11:49

enregistrement

Enregistré au home-studio de Pat Bermingham, In Phaze Records - Ingé-son (non crédité) : Pat Bermingham - Séquence de "Love Puppets" enregistrée par Ka-Spel au studio Con Works de Conrad Schitzler, Berlin, 81.

line up

Roland Callaway (Prümmptje Jüste) (basse, suste glox), Stret Majest (guitare, prazdha), The Silverman (claviers et machines sur Doll’s House et The Palace of Love, Malvezh), Keith Thompson (batterie, carillon sur Stoned Obituary), Aradia (claviers, chant, Glox), D'Archangel (chant, electronique, Glox), Sally Graves (chant, flûte)

Musiciens additionnels : Pazhklah Zzappp (percussion supplémentaire)

remarques

Sur les éditions cd, la fin de la tracklist contient les erreurs suivantes : "Doll's House" et "The Palace Of Love" sont regroupées ensemble sur la piste 8. "Stoned Obituary", le dernier morceau, se retrouve à cheval sur la 9 et la 10. La version numérique remasterisée récemment mis en ligne sur le Bandcamp du groupe corrige ces erreurs. - "Artwork par (Briques jetées) Ching-Chong Jing-Jong, Sykodjiuia"
La face A ne contient que des nouvelles compositions, tandis que la face B comporte essentiellement des réenregistrements de Kleine Krieg et Chemical Playschool, K7 sorties dans la période embryonnaire du groupe (80-82). On entend d’ailleurs un court extrait de Film of the Book (qui deviendra ‘Astrid’ sur le LP suivant) entre Doll’s House et Palace of Love – Ce disque aurait du être le premier album vinyle du groupe, mais fut retardé car le label NER voulait sortir ‘Brighter Now ‘ sur ce format. Entre temps, quelques chansons originellement prévues pour Curse ont été retirées (Powderchord, Purity et The Light in my Little Girl’s Eyes)
Pochettes différentes pour les éditions Soleilmoon et Big Blue/Penguin (par le peinte Zdzisław Beksiński)

chronique

Ceci est le premier véritable album des Pink Dots. Ou du moins, cela aurait du l’être, si Brighter Now n’avait pas été pressé en 33 tours avant, le groupe rencontrant déjà un certain succès d’estime. C’est donc Curse, plus abouti et mieux enregistré, qui doit être considéré comme le point de départ de leur discographie. Déjà on pressent chez ces jeunes gens la peur d’être ignorés, tant et si bien qu’ils le provoquent, en voulant bien faire : le recto laisse penser que le groupe s’appelle Curse, et le verso sent l’amateurisme et la maladresse à plein nez : "Prepare Thyself…", semble avoir écrit une main adolescente, suivi, déjà, de l’inévitable mantra du groupe : Sing While You May… Trois petits points inclus. Voilà bien un artwork qui semble fait pour appâter la jeune scène goth ! Parlons-en, de l’artwork, d’ailleurs : cette carte de tarot maculée de sang, portant le numéro XIII, qu’ils exhibent imprudemment, leur a doublement joué des tours. Premièrement parce qu’elle semble avoir placé les Pink Dots sous une mauvaise étoile dès le départ, groupe maudit et ignoré, et deuxièmement parce qu’elle induit gravement en erreur sur le contenu : Curse n’est ni sombre, ni goth, ni gore, ni cold wave ni quoi-que-ce-soit wave d’ailleurs, pas même minimal, en dépit des disques suivants qui le seront presque, eux. Non, Curse est pop, joyeux, et pittoresque ! C’est de loin l’album le plus dansant et enjoué du groupe. La faute à cette basse quasiment slappée qui sautille tout du long, charpente mélodique et simultanément rythmique, en l’absence de batteur ou boite à rythme, et même - fait rarissime pour les Dots - de synthé, puisque Silverman n'apparaît ici que sur 2 petits titres ! Il avait alors quitté le groupe pendant quelques mois suite à une brouille. Ka-Spel était alors tout sauf timide et déprimé, convaincu du pouvoir d’évocation de son groupe au point de pondre dès le départ un album qui ne ressemble à strictement rien d’autre. Love Puppets, l’un des premiers classiques du groupe, ouvre le bal… Et le disque commence donc par un message caché passé à l’envers ! Vient l’arpeggiateur sur lequel Ka-Spel déclame alors qu’il veut "changer les choses du jour au lendemain", et qu’il a déjà eu assez de thérapie… C’est qu’il s’est décidé à en entamer une autre, par la musique cette fois, et qu’elle dure encore 30 ans plus tard. Les sons électroniques qui viennent clore le titre ont été enregistrés par Ka-Spel dans le studio Berlinois de Conrad Schnitzler, alors que ce dernier hébergeait le jeune homme, en 81… Un studio plein de synthés et d’effets qui ne pouvait qu’intriguer celui dont le krautrock et l’indus première vague ont été les mamelles… C’est donc après ce Love Puppets d’ouverture à la maturité étonnante qu’arrive la fameuse basse, très mise en avant, apportant gaieté là où il semble être question de bal chez Satan (Wall Purges Night) - ou est-ce la nuit des long couteaux ? – et neurasthénie là où il devrait y avoir une boum (Lisa’s Party, première apparition d’un double féminin, rêve récurrent et "envahissant" dixit Ka-Spel). Boum prolongée par deux chansons de délire aigu, qui le voit tenter – en vain - de communiquer en pseudo-kobaïen avec les convives, tandis qu’un embryon de musique festive s’échappe timidement de la sono, la voix de Sally Graves se contentant de commenter depuis le lointain. Ka-Spel ne lâchera jamais cette glossolalie inventée et fantaisiste, au point d’en créer 2 ou 3 nouveaux mots à chaque disque, figurant dans les crédits. Autre motif récurrent qui apparaît : les poupées, symbole de l’enfance, avec le faussement joyeux Doll’s House, où une fillette met le feu à sa maison de poupée… Comme souvent, après l’innocence brûlée vient l’amour, et ce Palace of Love révèle une certaine propension à l’excès (euphémisme), un abandon qui ne peut que jouer des tours : la crucifixion de l’innocent (thème récurrent et douloureux) arrive sous la forme de Stoned Obituary, au jeu de mot naïf cachant à peine une relecture Christique, et le premier morceau épique et "progressif" du groupe, si maladroit voire poussif, mais s’achevant en beauté sur ces percussions rituelles qui scellent la fin de cette averse d’images cruelles. J’en oublie de parler du moment le plus touchant, presque simplet, ce Waving at the Aeroplanes évoquant Dan Treacy voire Syd Barrett post-Floyd, au ciel bleu contrastant avec la chambre exigüe de Hiding, où une Sally vient pudiquement faire passer le message le plus intime du disque, qui n’est en fait pas de la plume de Ka-Spel. Lui qui a pourtant d’une manière ou d’une autre vécu toutes les fables qu’il nous conte, ce que ce disque bien peu cryptique et très désuet nous révèle, derrière sa façade si adolescente.

note       Publiée le vendredi 6 juillet 2012

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22goingon23 › mercredi 4 avril 2018 - 16:11  message privé !

aucun post de Dots !? quelle ouverture ce Love Puppets. Faussement minimal(iste), hanté, entêtant, touchant. Tout l'univers mi-enfantin, mi-démoniaque, sensible, hiératique des LPD est dans ce titre. La basse et ses slaps me font penser aux premiers Cure.

Note donnée au disque :