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René Splinter › Singularities

cd • 7 titres • 61:02 min

  • 1Singularities 15:06
  • 2Lucid Dreaming 8:37
  • 3The Time Traveler 6:07
  • 4Timescapes 12:28
  • 5Lemniscate 7:31
  • 6Before Babel 3:31
  • 7The Lighthouse 7:42

enregistrement

Composé et enregistré par René Splinter entre Décembre 2010 et Novembre 2011. Masterisé par Ron Boots

line up

René Splinter (Synthés Elka Synthex, Korg DSS-1, SCI Pro-One, Korg Mono/Poly et Yamaha CS2M. Séquenceurs Roland CSQ600 et Drums Computers Korg DDD1 et Roland TR808)

remarques

Pour en connaître un peu plus sur l’univers de René Splinter et visionner une couple de vidéos, on visite son site web à l’adresse suivante : http://www.renesplinter.com/

chronique

Une brise teintée de voix rauques, flottant dans le sillon de la résonnance d’une unique note de piano qui tombe lourdement, ouvre l’étonnant univers de Singularities. Étonnant car René Splinter plonge dans les eaux musicales des années Schmoelling de Tangerine Dream avec une facilité déconcertante. Un peu comme s’il avait été un membre fantôme de Tangerine Dream, le synthésiste Hollandais réussit un surprenant tour de force en nous faisant quasiment croire que nous écoutons à travers Singularities un album du Dream oublié dans les sessions d’enregistrement des années Virgin.
Les voix rauques de la pièce-titre fusionnent en une belle ligne de synthé dont les souffles irisés chatoient parmi des reflets argentés pour se fondre à des accords de clavier qui brodent une mélodie errant dans l’incertitude. Lente l’intro de "Singularities" étire son onirisme avec de suaves vocalises angéliques qui fredonnent dans des poussières carillonnées, tissant une savoureuse hymne morphique qui se perd dans un crescendo métallique. La valse des séquences débute après la 6ième minute. Elles naissent d’une pulsation méthodique pour zigzaguer en lignes parallèles et croiser les premières percussions alors que des accords de clavier dessinent une approche mélodieuse nappées de chœurs orgasmiques. Et c’est tout un cocktail musical que René Splinter compose pour nos oreilles. Entre Stuntman (Edgar Froese), Pink Floyd (Animals), White Eagle et Hyperborea, la pièce-titre de Singularities semble être puisé à partir des voutes de ses influences. Les coups de cymbales, les séquences entrecroisées, les percussions métalliques, les riffs échoïques, le synthé qui roucoule avec une fine approche harmonieuse, les chœurs et les rythmes croissants comme décroissants; tout ce qui compose Singularities, comme sa pièce-titre, est tissé dans les années Franke, Froese et Schmoelling et "Singularities" est une pure merveille qui donne le coup d’envoi à un album qui étonnera plus d’un fan de Tangerine Dream, tant au niveau de la sonorité que des structures musicales. "Lucid Dreaming" poursuit sur cette lancée avec un titre au rythme nerveux et spasmodique qui hoquète sur une structure forgée dans le cœur de Mojave Desert et No Man’s Land. L’illusion sonore est parfaite. On croirait entendre le mythique trio Allemand nous offrir une autre surprise à la Silver Scale alors que "The Time Traveler" est une belle mélodie tissée dans de belles nappes de synthé très harmonieux que de sobres percussions supportent d’un rythme digne des albums Risky Business ou Firestarter.
Parlant de ses deux trames sonores, les séquences de "Timescapes" nous y plonge irrémédiablement avec des accords qui sautillent dans l’ombre de leurs rotations pour dessiner un oblong rythme minimaliste. Un rythme brodé dans des accords secs et saccadés, comme dans Love on a Real Train, qui zigzaguent avec de fines nuances dans son évolution qu’un synthé aussi harmonieux que Johannes Schmoelling recouvre d’harmonies flutées et de nappes éthérées. C’est beau mais un peu long. L’influence de Schmoelling souffle beaucoup dans les ombres de Singularities. Le sombre et mélancolique "Before Babel" en est le fidèle reflet avec son piano solitaire qui erre sur les plaines d’une terre dévastée. C’est aussi beau que ça peut être sombre! Et "The Lighthouse" est un titre déchiré entre son approche balladesque et son rythme statique nourri à coups de notes d’un piano qui égare ses harmonies dans les tourbillons d’un synthé aux souffles et solos déchirants. Les limpides touches d’un séquenceur harmonique alternent avec une très belle fluidité et "Lemniscate" défile autour d’une sourde pulsation, moulant un rythme furtif qui épouse une spirale minimaliste bourré d’affluents parallèles. Un rythme qui explose en 2ième portion pour emprunter une tangente plus rock électronique. Ici, comme partout sur ce 3ième opus de Splinter, le synthé jette des nappes aux étendues de voix métallisées qui se fondent à des formes soloïques et des souffles légèrement spectraux, créant un fascinant univers mélodieux. Des éléments musicaux qui portent l’estampe de Tangerine Dream, tant sur White Eagle qu’Hyperborea.
Un peu comme dans Almery, René Splinter nous offre un bel album imprégné des rythmes et ambiances de Tangerine Dream. Toujours aussi loin de se contenter d’imiter le cœur de ses influences, le synthésiste Hollandais puise dans des recoins abandonnés du Dream pour offrir des titres que plusieurs auraient aimé entendre après la période Virgin du mythique trio Allemand. Et Singularities est un baume pour ceux qui, comme moi, rêvait d’une possible réunion Franke/Froese/Schmoelling que René Splinter virtualise avec un étonnant doigté.

note       Publiée le mercredi 4 juillet 2012

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