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Alluste › Euphemisms & Aphorisms

  • 2012 - MusicZeit (1 téléchargement internet)

cd | 8 titres | 57:16 min

  • 1 Vices & Virtues [ 8:10]
  • 2 Race into the Unknown [ 5:46]
  • 3 Euphemisms and Aphorisms [ 9:21]
  • 4 Figures of Speech [ 9:21]
  • 5 Philosophical Aphorisms [ 6:06]
  • 6 Dance of Deception [ 5:55]
  • 7 Temporal Ellipses [ 7:15]
  • 8 Mythological Allusions [ 5:22]

line up

Piero Monachello (Synthés, logiciels, plug-ins et FX)

remarques

Pour en savoir plus sur Alluste et entendre des extraits MP3 de sa musique, visitez son site web au http://alluste.bandcamp.com/

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
new berlin school

C’est en suivant les sentiers bien structurés de Digital Age que Piero Monachello, l’homme derrière Alluste, poursuit son étonnante ascension dans les sphères de la MÉ contemporaine. Bien arqué dans ses influences de New Berlin School, le synthésiste Italien tisse en Euphemisms & Aphorisms un merveilleux univers harmonique à travers une superbe approche séquentielle. Des séquences tantôt lentes, tantôt rapides, boudeuses et rêveuses mais toujours accrocheuses qui brodent des rythmes de soie. Des rythmes évolutifs et parfois fragiles qui embrassent les influences de Tangerine Dream et Arcane dans de belles enveloppes d’un synthé aussi onirique et cosmique que poétique. Si Digital Age démontrait qu’Alluste avait atteint une belle maturité, Euphemisms & Aphorisms en confirme toute sa dimension. C’est dans une douceur morphique que s’ouvre Euphemisms & Aphorisms. D’ondoyantes couches d’un synthé brumeux étendent leurs nappes oblongues. Telles des mains invisibles traçant des nuages d’éther elles se fondent à de fins arpèges carillonnés qui tintent une innocente mélodie, invitant une autre ligne séquentielle à graver une approche mélodieuse qui respire les mélodies du Dream sur Legend et Underwater Sunlight. Finement, le mouvement de "Vices & Virtues" progresse. Il évolue avec de fines touches séquencées qui hoquètent un rythme léger. Un rythme chevauché par d’autres séquences gambadeuses qui sonnent comme des frappes de dactylo et qui sautillent furtivement dans des souffles d’un synthé aux lignes de voix de sirènes cosmiques. Tantôt suave et tantôt chérubin, ce synthé qui enveloppe soyeusement les rythmes d’Euphemisms & Aphorisms est tisseur de mélodies qui s’arriment à des mouvements séquentiels en constante permutation. Sur "Race into the Unknown" il étend un voile de brume qui libère des souffles d’éther sur un rythme nourri de résonnantes séquences entrecroisées. Des séquences aux tintes et à vélocité aussi variables que discordantes qui moulent un rythme d’une course tournoyant en spirales discontinues dans une voie lactée ceinturée de gazouillis électroniques. L’intro de la pièce-titre nous plonge dans un univers ambiant où les couches de synthé qui flottent au-dessus d’une multitude de pas perdus nous imbibent des envoûtantes atmosphères cosmiques de Jean Michel Jarre. De belles séquences percent cette douceur spatiale. Comme des pas dans le vide elles moulent un doux tempo morphique. Une danse cérébrale où chaque pas déplace un fin nuage de poussière cosmique qui flotte dans des couches plus denses et plus musicales alors que le tempo de "Euphemisms and Aphorisms" permute finement en un mouvement plus lourd. Un mouvement qui zigzague doucement dans de superbes enveloppes valsiques d’un synthé dont les brumes alimentent la vivacité d’un mouvement qui conserve toujours son approche poétique. C’est une superbe mélodie cosmique; le genre qui laisse sa trace dans le firmament de la MÉ contemporaine. L’intro de "Figures Of Speech" est tout aussi ambiante. Des larmes de violon déchirent sa douceur avec des complaintes larmoyantes qui pleurent dans des nuages embruns. Sauf que le mouvement séquencé est plus complexe et incisif avec des accords qui sautillent délicatement un peu avant la 4ième minute, moulant leurs pas dans l’ombre de clochettes cosmiques. D’autres séquences s’ajoutent. Entre deux vitesses et deux tonalités, elles tournoient et ondulent pour mouler une danse chaotique qui gesticule sous de denses nappes de brumes célestes d’un synthé aussi siffleur que chanteur, convergeant vers une structure linéale lourde où les touches vrombissent dans une symbiose oscillatoire. C’est à travers un grésillement statique que "Philosophical Aphorisms" secoue ses séquences désarticulées. Un rythme mélodique à la Peter Baumann s’ouvre à nos oreilles avec des séquences qui sautillent comme des touches de dactylo sous de suaves nappes de synthé, pour ensuite s’accrocher aux sourdes pulsations d’un bass-drum dont les coups résonnent au creux de vagues métallisées pour subitement permuter vers un mouvement plus fluide. On ressent aussi une nette influence romantique et harmonique de Guido Negraszus sur "Dance of Deception". L’intro est très poétique avec cette voix angélique qui demande qu’on la suive à travers de denses nuages de brume. Des nuages qui flottent et recouvrent de leur douceur onirique des accords qui sautillent avec la fragilité du verre pour étendre un beau canevas séquentiel, moulant une structure rythmique entrecroisée où les séquences poussent l’anarchie sous de beaux solos d’un synthé rêveur et passif. "Temporal Ellipses" est un joyau qui étend sa musicalité après une sombre intro cosmique avec des séquences qui sautillent délicatement sous l’œil rotatoire d’un synthé aux ondes menaçantes. Ces séquences nous conduisent vers une superbe approche harmonique où des percussions moulent un tempo très accrocheur et qu’une autre ligne de séquences subdivise ses accords, façonnant un rythme divisé qui chevrote sous un synthé romantique farci de nappes mélodiques. "Mythological Allusions" termine Euphemisms & Aphorisms avec une fine approche rythmique où une nuée de séquences sautillent avec de subtiles pulsations d’une discrète ligne de basse sous les ambiances vaporeuses tissées dans des lignes de synthé qui épousent les errances cosmiques de Jean Michel Jarre. Euphemisms & Aphorisms est un superbe album qui est assurément une des très belles surprises de 2012. C’est un album venu de nulle part qui présente un univers harmonique nourri par des approches séquentielles en perpétuel mutation. Des séquences aux tonalités variées et aux frappes multiples qui subdivisent et fragmentent des rythmes évolutifs et cohérents. Des rythmes mélodiques et entraînants qui gambadent à l’intérieur de très belles emprises d’un synthé aussi diversifié que les séquences qu’il enveloppe. Bref, un album que tout amateur de New Berlin School se doit de posséder venant d’un artiste dont la progression atteint un intéressant développement.

note       Publiée le samedi 26 mai 2012

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