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Yo La Tengo › Nuclear War

  • 2002 - Matador, OLE 568-2 (1 cd)
  • 2002 - Matador, OLE 568-1 (1 vinyle)

cd | 4 titres | 36:27 min

  • 1 Nuclear War - Version 1 [7:38]
  • 2 Nuclear War – Version 2 [7:38]
  • 3 Nuclear War – Version 3 [15:26]
  • 4 Nuclear War – Version 4 (Remix) [5:45]

extraits audio

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enregistrement

Enregistré et mixé par Gene Holder aux studios Jolly Roger, Hoboken. Mastering aux studios Sterling Sound par Greg Calbi, assisté de Steve Fallone.

line up

Georgia Hubley (voix, percussion), Ira Kaplan (voix, percussion, piano sur 3), James Mcnew (voix, percussion)

Musiciens additionnels : Susie Ibarra (percussion et voix sur 3), Claire Hill (voix sur 2), Stephen Hill (voix sur 2), Hillary Hubley (voix sur 2), Isaac Hubley (voix sur 2), August Kaplan (voix sur 2), Isabel Ramirez (voix sur 2), Sophie Rick (voix sur 2), Leila Rosenthal (voix sur 2), Max Rosenthal (voix sur 2), Erin Schwartz (voix sur 2), Eufemia Vercillo (voix sur 2), Josh Madell (percussion et voix sur 3), Roy Campbell Jr (cuivres et voix sur 3), Daniel Carter (cuivres et voix sur 3), Sabir Mateen (cuivres et voix sur 3), Mike Ladd (remix/version 4)

chronique

Styles
electro
jazz
avant garde
free jazz
rock
Styles personnels
if you push that button...

Bien sur, ça n’est pas nouveau. Le jazz, s’entend, chez Yo La Tengo. Depuis toujours ils le fréquentaient ; de bien près, sans doute mais sans en faire grand foin public. Il faisait surface, ci, là. En touches, en élément perturbateur. Au repli d'une tournure à telle mélodie, d'une nuance d’écriture à d'autres harmonies. Et puis bien plus, sa liberté de jeu faisait saillies. S’emparait de la guitare d’Ira, spécialement : dans ces moments de grand débordement où l’électricité ne pouvait plus se contenir. Dans les câbles et dans les doigts, dans les cordes. Dans les nerfs qui se faisaient conducteurs : du cervelet, du cortex, aux muscles et terminaisons. Free, alors... Oui. Ailleurs moiré, côte ouest, Californie feutrée. Et depuis quelques temps il se faisait plus lisible – plus intimement lié, aussi, à tout le reste des courants, des histoires qui les portaient, qu’ils s’amusaient à infléchir (ces trois là, Georgia, James, Ira... Leurs invités, aussi). Dans les arrangements, les accents ; dans les claviers qui de plus en plus gagnaient l’espace, éclipsant parfois la guitare autrefois reine et ses vagues amplifiées. Depuis, disons, deux albums au moins (le diptyque magnifique aux titres interminables : I Can Hear the Heart Beating as One/And Then Noting Turned Itself Inside Out). Mais là c’est autre chose. Une autre étape ou un écart, un simple objet hors-ligne, impulsion du moment ? Allez savoir, avec ces Versatiles ! Les voici donc, cette fois, qui s’emparent d’un standard. Tout de bon. Enfin, un standard… Dans un sens, oui. Le leur, évidemment. Leur évidence. Celle-ci s’appelle Sun Ra, grand chambouleur de routes, mêleur de souffles, propulseur de blues, de gospel aux étoiles. Et Nuclear War, l’une des plus excentriques, peut-être, parmi toutes ses sorties. Une espèce d’hymne en appels et réponses, façon cantique, spiritual. Qui édicte en substance à peu près ce message : "s’ils appuient sur ce bouton, fais la bise à ton cul ; tu ne le reverra plus ; sans lui que feras-tu". Le trio, pour commencer, substitue à la souplesse relâchée (sudiste ?) de la version originale – distance presque, désinvolture envers son grave sujet – un allant rythmique plus serré, une percussion plus sèche, plus éclatante, qui fend un air plus frais, moins épais, moins poissé. Et de la percussion, il y en a, sur ces trois versions successives ! Il n’y a même que ça, d’abord avec les voix en boucles et tensions contrastées. Georgia, Ira, James, roulent des fûts, claquent des peaux, crissent des cymbales – elle aux baguettes, eux des paumes et des doigts, sans doute. Le rythme, puisqu’on en parle… Rarement – jamais ? – il n’aura été mis aussi en avant, dans leur musique, plus lisible, son foisonnement à ce point mis en relief. Non seulement sur cette première version en trio. Mais encore, au fil des plages, quand les rejoignent diverses compagnies, plus nombreuses, plus sonores. Une chorale d’enfants, d’abord, sur le riff caoutchouc d’un clavier qui s’ajoute. Voix hautes qui s’annoncent d’un "yeaaah" traînant, délicieusement glissé. Gosses qui trouvent leur place comme font toujours certains gosses quand il s’agit de chalouper : sans se soucier de compter le temps, en jouant aux bons instants à taquiner le répons au bord de l’équilibre. (Et puis quel plaisir d’entendre ces gamins s’emparer de gros mots en toute jubilation, le rire doucement contenu – "You can kiss your ass…"). Sept minutes enflées d’air vif, bien au-dessus du sale champignon. Et trente huit secondes, nous dit-on, au compteur. Exactement comme la première. Les enfants repartis, ce sont d’autres qui se joignent. Ceux-ci adultes. Et carrément joueurs de jazz, pour le coup, puisqu'on parle de ça ! Susie, encore – Ibarra, qui tenait la batterie sur deux morceaux de l’album précédent – mais pas seulement. Une belle topée de cuivres, aussi. Qui partent en embardées, se posent en chorus réfléchis, dérapent ensemble ou quand leur semble qu'arrive, à saisir, l'instant de leur tour. Et tout le monde qui donne de la voix. Joyeuse fanfare et gorges et peaux et autres métaux. Et piano. (C’est Ira, tiens, sur les touches). "Atomic Bomb ! … Neutron Bomb ! … Bye bye, Ass…". Avec les breaks quand il faut, où les cris, les emportements – sur celle-ci déphasés, parfois – se muent en murmures, presque ; synchro, adéquatement. Quinze minutes. Et Vingt-six secondes, nous assure le papier. (Mais mon compteur dit autre chose… Ce doivent être les radiations). Finalement, seul le remix de Mike Ladd – vraiment pas mauvais mais, curieusement, bien plus vite usé que la version qu’il reprend (celle aux enfants) – semble moins… "Naturel" ? Quelque chose comme ça, dans ces bizarres parages. Aboutie, épanouie selon les termes de sa propre logique, de son unique élan. Ô, très léger défaut, sonorité, peut être, de machines qui ont pris de l’âge un peu moins bien que le reste. Ce qui n’empêche – autre seule "faiblesse" que je trouve à ce disque – qu’on trouve le tout un peu trop court. Fini trop vite, on aimait s'y attarder… Alors ? Le moteur jazz, les drôles de standards... Parenthèse ? Direction pointée ? Nous verrons… Trop court, disais-je ? (Il n'y eu, cette fois, aucune guitare, absolument). Eh bien une fois de plus : relançons. "Yeeeaaah "!

note       Publiée le lundi 21 mai 2012

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Seijitsu › mardi 22 mai 2012 - 18:50  message privé !

Ah tiens, je ne le connais pas cet EP. La chro donne envie de réparer cet oubli.