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Javi Canovas › Transfiguration

  • 2012 - MusicZeit (1 téléchargement internet)

cd | 5 titres | 72:20 min

  • 1 Hypnosis Room [ 14:01]
  • 2 Transfiguration [ 15:20]
  • 3 Way to Unknown Place [ 14:00]
  • 4 The Slot [ 17:04]
  • 5 Projection [ 11:55]

line up

Javi Canovas (Novation Xiosynth, Roland Juno D, Alesis Andromeda et logiciels)

remarques

Pour en savoir plus sur Javi Canovas et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.javicanovas.com/index.html

chronique

Bon an mal an, Javi Canovas revient hanter nos oreilles avec un puissant album inspiré des œuvres électroniques séquencées des années de la rétro Berlin School. Avec des intros et des finales tétanisées par des smogs de synthé aussi caustiques que menaçant et ses rythmes évolutifs bourré à coups de stéroïdes séquencés, Transfiguration est forgé dans les réminiscences de ces belles années où Tangerine Dream et Klaus Schulze régnaient en maîtres absolus sur les destinés de la Berlin School. "Hypnosis Room" initie ce superbe album avec une oblongue et sombre couche de synthé aux tonalités d’une orgue des ténèbres qui étend son menaçant voile caustique. Les 3 premières minutes sont flottantes et enveloppantes avec des ondes de synthé sinueuses qui s’agglutinent pour former un ciel opacifié de couches résonnantes. Une séquence émerge lorsque les souffles iodés s’éteignent. Elle ondule avec des grands cercles, amenant un nuage de fumée qui surplombe un rythme qui croisse avec lourdeur. Une autre séquence éclot. Elle s’arrime au rythme lourd avec des accords plus limpides, dessinant les contours d’une fine mélodie séquencée qui roule sous des souffles de synthé iridescents. Le tempo s’acoquine d’un autre mouvement séquencé dont les ions plus résonnants laissent transpirer un bref filet réverbérant qu’une délicate flûte enrobe d’une belle approche mélodieuse, alors que graduellement le train séquencé qui supportait la structure de "Hypnosis Room" s’essouffle pour se perdre dans une nuée de couches d’un synthé aussi intrigant et menaçant que son introduction. Ce pattern d’introduction et de finale aux milles atmosphères flottants nourri les 5 titres de Transfiguration. Ainsi la pièce titre pénètre nos oreilles par une juxtaposition d’ondes de synthés caustiques et réverbérants auxquels se joignent des souffles flûtés et des cerceaux échoïques qui s’entremêlent dans un bassin de sonorités qui n’est pas sans rappeler les ambiances métalliques de Tangerine Dream sur No Man’s Land. Une superbe séquence se dégage de cette emprise morphique un peu avant la 6ième minute. Elle sautille, libérant des ions qui multiplient leur incohérence rythmique et leurs tonalités résonnantes sur un lourd tempo circulaire que des souffles de synthé hurleur enveloppent d’une folie stagnante. Bien que stationnaire le tempo est furieux. Il crache des accords indisciplinés qui piétinent et palpitent avec frénésie sous des fuyantes couches de synthé, amenant ce rythme furieux vers les douceurs d’une finale plus onirique. Après une intro moulée dans les souffles froids des années caustiques de Klaus Schulze, "Way to Unknown Place" explose avec une ligne qui laisse filer des séquences aux palpitations entrecroisées. Le rythme est explosif et oscille avec ferveur sur un canevas de séquences dont les frappes variables fusionnent un rythme chaotique à une mélodie avec un refrain cyclique qui roule en boucle sur ce rythme spasmodique. Les souffles étourdissants qui introduisent "The Slot" sifflent au-dessus de nos têtes comme si nous étions près d’une piste de course de formule 1. De subtiles modulations amènent de fines variances à cette autre intro atmosphérique qui égrène ses 5:36 avec une belle créativité oisive. Une séquence en sort et disperse ses nuages ambiants, dressant les paramètres d’une première approche rythmique qui scintille sous de suaves solos de synthé. Le mouvement épouse une autre tangente un peu après les 9 minutes. Plus lourd, le rythme tempête sous des séquences rondes qui résonnent d’un rythme aux larges boucles oscillatoires accompagné de faibles cliquetis de cymbales. Une enveloppe de brume en recouvre le début alors que le synthé prend toute la place pour libérer de juteux solos qui encerclent et surplombent un rythme de plomb aux ruades résonnantes. Et les séquences fusent de toutes parts, initiant des bribes de rythmes qui s’arriment aux soubresauts du mouvement principal, alors que graduellement cette lourde tempête séquencée s’éteint dans les souffles arides d’une finale atmosphérique. L’approche séquentielle de "Projection" est encore plus furieuse avec des ions qui trépignent sur de bonnes courbes rotatives, multipliant leurs frappes qui tournoient comme les hélices d’un hélicoptère sous de suaves solos aux odeurs d’Edgar Froese. Surpris par cet autre album de Javi Canovas? Pas vraiment! En solo le synthésiste Espagnol nous a accoutumé à des albums truffés de furieuses séquences qui bondissent de toutes parts, formant des rythmes en constante permutations. Transfiguration est un exercice de style pour approches séquentielles. Insérés entre de soyeuses parenthèses cosmiques, oniriques et expérimentales, les rythmes de ce 10ième album de Javi Canovas bouillonnent sur des assises poly formes. C’est brillant mélange de puissance et d’ambiances où le Berlin School rétro renait sous une autre forme.

note       Publiée le lundi 14 mai 2012

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