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Rodolphe Burger › Valley Session

cd • 10 titres • 53:34 min

  • 1Lady of Guadalupe05:32
  • 2The Days of Pearly Spencer03:26 [reprise de Dave McWilliams]
  • 3Que Sera Votre Vie ?07:02
  • 4Love Will Tear Us Apart05:22 [reprise de Joy Division]
  • 5Passe / Donne03:03
  • 6The Shape on the Ground03:48
  • 7Missing Shadow Blues04:51
  • 8Pale Blue Eyes05:06 [reprise de The Velvet Underground]
  • 9Moonshiner09:59 [reprise du traditionnel folk du même nom]
  • 10Marie05:27

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré live au studio Klein Leberau (Val d'argent) par Joël Theux (sauf 10 enregistré à Fouesnant par Julien Hulard)

line up

Rodolphe Burger (chant, guitare), Julien Perraudeau (basse, clavier), Alberto Malo (batterie)

Musiciens additionnels : Marco De Oliveira (choeurs), Erik Truffaz (trompette 1, 3, 10), Philippe Hammel (harmonica 7, 8, 9)

remarques

Album enregistré en studio dans les conditions du live.

chronique

Styles
indie rock
folk
Styles personnels
menu best off

Dès les premières notes de guitares qui résonnent, on reconnait cette couleur. Elle vient de loin, du passé. Quand rentre une trompette crépusculaire, on pourrait s'y tromper. Et cette voix singulière et chaude qui s'emploie à la prière. Le fantôme de Kat Onoma traverse un instant les yeux de Rodolphe Burger. Après des années d'expérimentations, l'alsacien s'est baladé de scènes en scène avec une formation très classique : guitare, basse, batterie, clavier. Et parfois un invité de marque en la personne d'Erik Truffaz qui vient assombrir encore cette "Lady of Guadalupe" qu'on invoque dans un appel à la vengeance. Une version sublime. Revenir sur son parcours, sur ses amours musicales, de la façon la plus évidente et basique possible. C'est revenir sur soi, sur son groupe devenu culte, dont on exhume le "Missing Shadow Blues" bien lourd, bien grave, bien plombé. C'est rappeler que Kat Onoma était, toute considération intellectuelle mise à part, un putain de groupe de rock, et que Burger sait envoyer la sauce aussi bien, et mieux, que n'importe qui. Saut temporel jusqu'au dernier album, "Que sera votre vie", le génial texte paranoiaque et schizophrène de Thomas Lago, martèlement d'une sombre prédiction, plus organique et surtout plus menaçant, entre les jaillissements de guitare bruitistes et les irruptions sournoises de Truffaz, finition en éruption grondante, que sera votre vie sous ce torrent de lave de free-rock ? Revenir sur ses inspirations, sans chichi, fidélité aux grands anciens, Burger et compagnie revisitent un titre emblématique de Joy Division d'une façon que ne renierait pas une jeunesse sonique, Burger sachant quoi faire de ses riffs angulaires pour dynamiter le post-punk romantique et morbide de Curtis. L'accent anglais est toujours alsacien, mais la sincérité transpire de l'interprétation. Ne pas chercher à faire le malin surtout, quand il s'attaque à son Velvet adoré, "Pale Blue Eyes" fait honneur, l'humilité devant une grande chanson est la seule posture tenable. Sur un fil, en profiter pour faire émerger l'émotion de ce qui pourrait passer pour une vieille scie, le pourtant magnifique "The Days of Pearly Spencer" de David McWilliams, reprise surprise. Fidélité à lui-même, avec un goût certain pour aller piocher les meilleurs morceaux de son premier album solo, peu réentendus depuis, parenthèse apaisée entre deux coups de tonnerre noisy, deux textes énigmatiques et élégants qu'on goûte avec d'autant plus de délectation avec cette tessiture rendue plus soyeuse, avantage de l'âge, chanté-parlé dûment posé. Tout ça, c'est dans la vallée que ça se passe, c'est de la vallée que Burger partage sa musique, alors on peut bien rameuter la voix de M. Humbert (vous vous souvenez, celui qui n'est pas un indien, et c'est dommage) pour introduire un "Moonshiner" explosif, guitare et batterie affolées contre un harmonica qui part en vrille, délayé sur la longueur, le temps de bien se lâcher la bride et de balayer la vallée d'un ouragan où viennent de nicher, style interlope, les accords de Sex & Drugs & Rock'n Roll. Et histoire de ne pas en rester là, finir avec le blues déchirant "Marie", magnifié en l'absence de James Blood par la trompette en larme de Truffaz. Si c'est l'heure du bilan, celui de Burger est brillant.

note       Publiée le jeudi 26 avril 2012

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Note moyenne        2 votes

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Solvant › mercredi 6 février 2013 - 21:30  message privé !

Depuis, Rodolphe a sorti "This is a Velvet Underground song that I'd like to sing", superbe album d'hommages aux Velvet donc, je recommande, c'est très très bon.

boumbastik › jeudi 2 août 2012 - 16:46  message privé !

Burger, l'étoile noire du rock français. Dans le désert, on parle sans parler.

Seb de Super › jeudi 26 avril 2012 - 19:58  message privé !

Je connaissais pas ce disque, ni ses duos chroniqué ici. J'ecoute Love Will Tear Us Apart: http://www.youtube.com/watch?v=4So3oNDYjJY