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Erik Marchand vs Rodolphe Burger › Before Bach

cd • 11 titres • 52:11 min

  • 1Before Bac'h04:57
  • 2193204:40
  • 3An Nisel Erc'h04:07
  • 4Gheorghe s'i Florea03:18
  • 5Zalizome05:39
  • 6Enez Vaz (Totem & Tabou)05:39
  • 7Poullaouen Blues04:08
  • 8Ethics Of Love (Phobic Flights)05:31
  • 9Montroulez04:26
  • 10Thinking Tonight (Blue Eyes)04:19 [adaptation de The Carter Family]
  • 11Azeline04:49

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré au studio Keine Leberau à Sainte-Marie-aux-Mines par David Husser et live au Quartz le 7 mai 2004 (11)

line up

Rodolphe Burger (guitare, chant), Marco De Oliveira (basse), Erik Marchand (chant), Mehdi Haddab (oud), Hervé Loos (batterie)

Musiciens additionnels : Sylvie-Azeline Rivoalen (chant 11)

remarques

Lors de la sortie de l'album, le label Dernière Bande offrait à qui le demandait un exemplaire du Live au Quartz du 7 mai 2004, avec une setlist identique (dans un ordre différent et avec deux fois le morceau Before Bac'h), qui est globalement meilleur que l'enregistrement studio, les morceaux très rythmés gagnant en énergie et en frénésie (et les plus médiocres n'y perdant rien). On peut se demander pourquoi ce n'est pas cet enregistrement qui constitua la sortie officiel de ce projet.

chronique

Styles
rock
world music
Styles personnels
blues-rock berbero-breton

Dès l'intro du morceau éponyme, la question se pose : où est-on vraiment ? Ce oud de plus en plus virevoltant, ces rythmiques répétitives, tout cela sent le Magreb à plein nez. Mais ce chant agile qui rentre et sautille par dessus la rythmique orientale, c'est bien du breton. Ne manque plus que les riffs de guitares déchirés de Rodolphe Burger pour faire prendre la mixture d'une fusion à priori hétéroclite. Et quand la sauce prend, le cocktail est sévère, dialogue virtuose entre les mots qui claquent dans la bouche d'Erik Marchand, les soli sublimes de Medhi Haddab et le free-rock saturé de l'alsacien. Les textes de Christian Duro, solidement enchâssés dans la tradition des gwerzioù, ces complaintes déprimantes typiquement bretonnes, évoquent des linceuls de neige sous lesquels d'étranges personnages viennent mourir le sourire au lèvre, "An Nisel Erc'h" et sa pulsation insistante propulsée par un Meteor Band tranchant. Evocation de cent ans d'histoire jusqu'à l'an 2000 sur les rythmes saccadés d'un kan ha diskan mutant semblant plus s'élever des montagnes de Berbérie que des monts d'Arrée, "Montroulez", ou reprise de chant traditionnel passé à la moulinette bluesy-free-oud avec briot, "1932". Quand les ingrédients se marient comme il faut, le résultat final est délectable, grande cuisine, moderne et populaire. Il arrive aussi que la greffe du chant breton ne prenne pas, notamment sur les compositions de Burger, pourtant excellentes dans ces versions orientalistes débridées, la voix de Marchand arrivant comme un cheveux sur la soupe sans parvenir à trouver l'osmose. Reste le fameux "Ethics of Love (Phobic Flights)" où il se contente de faire écho aux paroles en anglais de Burger, une discrétion de fantôme qui sied bien à la dynamique agressive du morceau, peut enclin à se mêler avec le chant traditionnel, et qui trouve en Medhi Haddab le vecteur parfait pour l'emmener vers d'autres sphères. Inégale aussi certaines chansons lorgnant du côté des Balkans, de la Roumanie jusqu'à la Grèce, le oud y trouve tout son espace pour s'installer mais la fusion n'a pas vraiment lieu, point de magie, un peu court en bouche pour tout dire. Il suffit parfois de très peu pour toucher la grâce, revenir aux traditionnels bretons sans fioriture, un duo avec une voix féminine, quelques percussions, guitare parcimonieuse et atmosphérique, "Azeline" envoute avec presque rien. Et le dialogue parfait entre la complainte bretonne et le blues déglingué, "Poullaouen Blues", récit de quatre soldats tirés au sort pour partir à la guerre, juste le chant et la guitare qui se répondent, se tournent autour, dérapent ensemble et se reprennent par la main, c'est simple et beau. Reste la question du lieu. Et après tout si on était à Paris, lieu de convergence de tous les immigrés, bretons, alsaciens, algériens... De Montparnasse à Belleville, quelques stations de métro pour opérer la fusion.

note       Publiée le lundi 23 avril 2012

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