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Alio Die › Deconsecrated and Pure

  • 2012 • Projekt Projekt PRO270 • 1 CD digipack

cd • 5 titres • 65:47 min

  • 1Layers of Faith 15:42
  • 2Obliterated Alcove 12:08
  • 3Peel Away This Mortal Coil 9:21
  • 4Cerulean Facade 10:08
  • 5De-Altared 18:10

enregistrement

Composé entre 2010 et 2011 au Temple Studio à Milan.

line up

Alio Die (Drone, boucles, verre et métal)

remarques

Pour plus d'informations sur Alio Die, on visite son site web: http://www.aliodie.com/english/english.htm

chronique

Un anachorète artisan d’un monde musical monastique et onirique, Alio Die (Stefano Musso) étend ses toiles musicales abstraites sur des œuvres sombres et ecclésiastiques depuis le début des années 90. Ce musicien Italien, qui est bien plus un sculpteur de formes musicales qu’un claviériste/synthésiste adepte de longues et complexes structures séquencées, s’est bâti une enviable réputation dans le milieu de la MÉ obscure et ambiante, comme en font foi sa quarantaine d’albums réalisés en collaborations avec différents artistes à la recherche de toiles musicales à caractères ecclésiastiques méditatives. Si la signature musicale d’Alio Die en est estampillée d’une approche ténébreuse, il n’en paraît rien sur Deconsecrated and Pure. Son 20ième album solo, et son tout premier sur le label américain Projekt, est un opus qui mélange froideur et poésie dans une étouffante ambiance tétanisée par des couches aux tonalités moulées dans un amalgame de métal et de soupirs d’anges qui planent dans le néant.
Des souffles très poétiques et musicaux, sonnant comme des hautbois plaintifs, ouvrent "Layers of Faith". Sereine et méditative, l’atmosphère est dénuée de rythmes et s’appuie sur de subtiles modulations qui promènent "Layers of Faith" dans d’envoûtants corridors ecclésiastiques. C’est une longue toile contemplative où des couches de synthé, ou autres instruments sculpteurs de sons, s’entrecroisent et flottent parmi de fins tintements, immergeant l’auditeur dans une étrange quiétude monastérielle. Plus lumineux que sombre, "Layers of Faith" est intubée de fins filets de flûtes qui psalmodient des refrains séraphiques sur une longue sculpture musicale où des chœurs discrets errent au-delà d’étranges bruissements qui grugent la sérénité des fines oscillations d’une line de basse secrète. J’ai bien aimé, d’autant plus que le pattern me plonge dans les œuvres ambiantes de Michael Stearns. "Cerulean Facade" embrasse le même pattern méditatif avec des couches irisées et des ondes ondoyantes qui propulsent les délicats tintements de carillons prismatiques. Plus cloitré avec ses chœurs angéliques qui fredonnent une litanie sanctifiée, "Obliterated Alcove" nous plonge dans une sombre ambiance claustrale. La première partie est assez occulte, à la limite noire, avec des couches célestines qui maculent la quiétude de la chorale dévote alors que la deuxième partie est nettement plus céleste avec des chants sanctifiés qui coulent comme des voix sans fins sur les vagues d’un ruisseau prismatique. "Peel Away This Mortal Coil" et "De-Altared" sont deux titres moulés dans le même alliage de métal en décomposition. Tout est d’une fétide odeur de métal qui s’émiette dans un oblong tintamarre immuable. Les couches sont nasillardes et éraflent une structure imbibée d’une nuée de tonalités aussi métalliques que disparates. Si l’on entend des souffles flûtés gémir, on entend aussi des lames métallisées se plaindre comme des cornemuses sur le déclin parmi des carillons, des tintements, des bruissements et des clapotis d’eau qui s’enchevêtrent dans les creux astraux où mugît des modulations d’une ligne de basse tapie dans des pénombres abscons. La finale de "De-Altared" est par contre plus musicale, effleurant les douceurs plombées de la pièce introductive.
Plus qu’une aventure musicale sans frontières ni balises musicales, Deconsecrated and Pure est à la MÉ contemplative ce que Baudelaire est à la poésie amoureuse. C’est une œuvre sombre. Pas à cause de sa musicalité, mais plutôt à cause de son contenu qui est extrêmement lourd et atonal. Si certaines nuances illuminent nos haut-parleurs et bercent nos oreilles d’un certain magnétisme iconoclaste, la fusion des tonalités qui parfois embrassent des souffles d’une froideur métallisée en écorche toute tentative pour apprivoiser une œuvre qui trouve toute sa dimension auprès d’un cercle d’initiés et amants d’une MÉ sans images auditives. Cercle dont je ne fais part.

note       Publiée le samedi 21 avril 2012

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Hallu › mardi 24 avril 2012 - 07:18  message privé !

Alio Die sombre ? Certes c'est pas la grande joie, mais c'est plutôt lumineux au contraire comme musique ambient. Il fait partie de cette génération de musiciens ambient typée "new age" avec instruments traditionnels, nappes aériennes, et une discographie (trop) florissante. Sur sa vingtaine d'albums, il y en a 4 ou 5 qui valent le coup. Les autres sont trop répétitifs, peu inspirés, et surtout il a cette manie de ne pas savoir utiliser son clavier de manière suffisamment discrète, tout comme Matthias Grassow avec lequel il a fait une collaboration horrible, ce clavier fait vraiment vieillot. Dans le genre je préfère un mec comme Oöphoi qui lui est vraiment talentueux. Pour moi le seul chef d'oeuvre d'Alio Die c'est sa collaboration avec Ora sur "The Door Of Possibilities".