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Amorphous Androgynous › Tales of Ephidrena

cd • 8 titres • 47:02 min

  • 1Liquid Insects 7:21
  • 2Swab 4:17
  • 3Mountain Goat 4:38
  • 4In Mind 5:38
  • 5Ephidrena 8:17
  • 6Auto Pimp 7:20
  • 7Fat Cat 4:04
  • 8Pod Room 5:27

enregistrement

Enregistré au Analogue Room et retravaillé aux Earthbeat Studios, Londres - Ingé-son : Yage - Produit par Philip Pin

line up

Brian Dougans, Garry Cobain

remarques

Pochette par Buggy G. Riphead - Liquid Insects contient des samples du film Predator - Fat Cat contient un sample de la BO de la Dernière Tentation du Christ (Peter Gabriel - Passion)

chronique

Styles
ambient
electronica
electro
Styles personnels
ambient-house > chill-out lumineux

Tales of Ephidrena est le “twin album” du Lifeforms de Future Sound of London (FSOL pour les intimes). Un peu comme Gold is the Metal de Coil l’est pour Horse Rotor Vator, ou Amnesiac pour Kid A de Radiohead. Comme ces-derniers, il s’agit d’un frère caché, méconnu, dans l’ombre de l’autre. Ce qui peut le desservir comme nourrir sa légende. Ce fut le cas ici, puisque Tales of Ephidrena est même considéré comme LE grand œuvre de FSOL par certains, devant Lifeforms lui-même. Ce qui ne veut pas dire grand-chose pour votre serviteur. En effet, Amorphous Androgynous, devenu depuis l’émanation psychédélique au sens plus rock du duo FSOL, livrait ici un album en tout point comparable à du FSOL. L’Ephidrina est une amphetamine au nom ostensiblement bizarre, mais on en attend encore les effets… L’album ne commence vraiment qu’avec Swab, après un Liquid Insects qui fait du surplace, Swab et son délicat break vocal orientalisant qui rappelle le remix grand luxe de ‘Paid in Full’ par Coldcut sans lui arriver à la cheville… On croit qu’il annonce une montée, mais la track reprend sa trajectoire rectiligne. Même déception pour les breaks ambient qui suivent : ils ne sont qu’ornements, à l’image des motifs new age et des samples qui tamisent tout l’album. Le duo semble vouloir nous entourer d’une nuée de sons qui défilent les uns après les autres, sans fusion ni mise en avant de l’un par rapport à l’autre. Ce procédé ne fonctionne tout simplement pas, malgré les jolis embryons d’atmosphère esquissés. Mountain Goat est un bon exemple, évocateur des hauteurs claires et rocheuses que l’on retrouvera sur Auto Pimp. On commence à voir où le duo veut en venir sur In Mind, qui n’est qu’une semi-réussite : une ambiance de lac placide et huileux au milieu d’une jungle, les chants des oiseaux biomécaniques pour seule compagnie, tandis qu’une cigale esquisse un rythme de cha-cha-cha dans une fougère. Puis vient le morceau-titre, qui semble vouloir démarrer sur tout autre chose, lancer un genre de cérémonial. Mais rien ne prend, c’est du très mauvais Shpongle, sans dynamique, sans montée, prisonnier de sa répétitivité. FSOL a toujours souffert de ses tics de groupe acid house, et n’a jamais su s’en libérer comme a pu le faire un Orbital. Pris individuellement, les sons sont tous beaux – à l’image de cette basse-loukoum qui change de forme à chaque piste – mais leur mise en relation est inexistante. On finit par carrément s’ennuyer sur la fin de l’album, n’attendant plus d’éventuel réveil, lorsque survient l’étrange break élégiaque qui achève Pod Room, hélas vite arrêté comme toute bonne idée promise ici. Ni ambient ni dansant, Tales of Ephidrina est un dommage collatéral de ce genre ingrat réservé aux redescentes et au repos des ravers aux sens saturés par les transes de la fête : le chill-out. Le projet de FSOL semblait être de l’émanciper justement de ce carcan : c’est pour moi un échec. Peu de groupes auront finalement réussi à ne pas s’enfermer dans leur époque dans cette période transitoire – pour l’électronique britannique – qui va de l’interdiction des raves aux fastes années de l’IDM école Warp…

note       Publiée le samedi 21 avril 2012

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Seijitsu › samedi 21 avril 2012 - 17:10  message privé !

On est très loin de Lifeforms même si le lien est évident (au niveau des sonorités et le côté jungle technoïde futuriste). Néanmoins, je l'aime assez ce disque, même si c'est forcément anecdotique par rapport aux deux monstrueux albums qui vont suivre (ainsi que le live), voir aux débuts acid house. Mais je préfère largement cet album au pastiche de rock sixties qu'ils feront par la suite sous ce pseudo.

Note donnée au disque :