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Andy Stott › Passed me by

  • 2011 - Modern love, LOVE 069 (1 téléchargement internet)

cd | 7 titres | 33:27 min

  • 1 Signature [0:37]
  • 2 New Ground [6:21]
  • 3 North To South [4:51]
  • 4 Intermittent [3:26]
  • 5 Dark Details [6:04]
  • 6 Execution [5:15]
  • 7 Passed Me By [6:54]

chronique

Styles
electro
electronica
Styles personnels
post-basic channel

Voilà, avec quelques autres, le disque qui vient de me faire revenir à un genre que je boude copieusement depuis 2005 : l’electronica. Avec quelques comparses de label, Modern love pour ne pas le nommer, et quelques autres artistes ayant ENFIN digéré et ruminé l’héritage Basic Channel (John Roberts en tête), Andy Stott fait à mon avis partie d’un renouveau électronique qui, je l’espère, ne fait que commencer. Il a visiblement conscience de ses capacités puisque le premier vrai morceau s’intitule New Ground. Effectivement, si l’on a déjà entendu ce travail sur les voix vaguement réminiscentes du RnB (méconnaissables et floutées), et ces rythmiques ouatées proches de la dub-techno issue de Basic Channel justement ; si tout cela est connu, il faut reconnaître que c’est coulé dans un moule tout à fait nouveau, au grain sale et pourtant confortable, paradoxalement. Autre claque instantanée du disque : l’impérial Intermittent, dont l’écoute au casque révèle une fluidité insoupçonnée (pour ma part c’est l’écoute aux enceintes qui en a révélé le côté saccadé). Le boulot accompli ici laisse sans voix. On est dans un tunnel de métro, bombardés par les ondes des portables qui rebondissent sur les parois, des bribes d’images s’agglutinnant à nos yeux… Et quand la lumière se fait, à la sortie du tunnel, on reconnaît le matériau d’origine : un couplet R&B sirupeux. Un traitement des voix qui ici m’a furtivement rappelé les Avalanches, et leur maniement sans vergogne de la fée mélancolie. Autant dire que c’est une vraie puissance évocatrice, ici muselée par la production-blob omnipotente et gluante, véritable antidote au gimmick facile. Le reste du disque est plus noir, plus hermétique, mais la formule reste très homogène dans le fond : c’est du 4/4 bien pataud, drapé dans cette espèce d’ether sonore qui fait tout le génie du Mancunien… Basses et médiums ne forment qu’une seule et même pâte informe mais d’une telle densité qu’elle en devient presque un drone… Allez, petit exercice de mémoire dans un genre musical qui a fait de l’amnésie de ses aficionados un fond de commerce international : depuis quand un disque d’électronica (comprendre : avec son quotient de beats d’harmonies, hors expérimental donc) ne vous avait pas fait cet effet de pouvoir palper la texture sonore, la traverser, la sentir… Et non pas l’effet de subir les vains assaults en plastique fondu d’un énième gros malin armé comme tous les autres de son super logiciel Ableton ou que sais-je ? Même quand Andy Stott s’essaye au minimalisme le plus radical (Dark Details), on est à des lieues du "minimal pour le minimal" esthétisant qui est peut-être en train de passer de mode, enfin… On est dans quelque chose de bien moins habituel, indéfinissable, qui ne dégage aucune émotion mais qui a l’envergure pour acceuillir toutes les névroses en son sein, et les y faire pousser, lentement, comme des plantes… Ces mugissements de basses étouffés et inquiétants (dieu qu’ils mettent mal à l’aise une fois qu’on les a remarqués), ce sample vocal utilisé comme une simple note de synthé distordu… Si on se fie au titre du morceau suivant "Execution", les choses tournent mal, et effectivement, on atteind ici les tréfonds de quelque chose (mais de quoi ?), tiraillé entre les derniers appels d’air provenant du monde extérieur (ces samples de voix encore humaines, très courts), et des râles non-identifiés bien plus rauques et bétonnés… Claustrophobie peut-être, urbaine surement. Le morceau titre, en guise d’épilogue, ne propose qu’une pulsation de basse angoissée et une respiration confondue, toujours phagocytée par cet atmosphère étouffante au possible. Passed Me By est une mise au point en bonne et due forme.

note       Publiée le mardi 17 avril 2012

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Klarinetthor › jeudi 4 décembre 2014 - 20:43  message privé !

je comprends pas non plus le dernier, c'est assez inecoutable comme truc; suffisament vide mais pas fuyant. peut-etre est-ce un travail de son, je ne pourrais pas juger dans ce cas.

Wotzenknecht › dimanche 13 avril 2014 - 22:32  message privé !

J'ai tenté le nouveau mais il m'a bien pompé. Dès que ca devient trop consciencieux le fignolage prend le pas sur l'instinctivité, et ca s'entend.

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Ntnmrn › dimanche 13 avril 2014 - 21:54  message privé !
avatar

Génialement claustro ce truc, à base d'étouffement de samples et de zoukance dancefloor, ça serait un peu comme se coller la tronche aux enceintes en boîte de nuit avec deux packs de boules Quiès dans les oreilles

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Seijitsu › samedi 29 mars 2014 - 10:16  message privé !

Musique gadoue.

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Scissor Man › dimanche 22 avril 2012 - 09:21  message privé !

Remarque pleine de bon sens, Jean Rhume.

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