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Black Moon › Enta Da Stage

cd • 14 titres • 56:54 min

  • First Stage
  • 1Powaful Impak!
  • 2Niguz Talk Shit
  • 3Who Got Da Props?
  • 4Ack Like U Want It
  • 5Buck Em Down
  • 6Black Smif-N-Wessun
  • 7Son Get Wrec
  • Second Stage
  • 8Make Munne
  • 9Slave
  • 10I Got Cha Opin
  • 11Shit Iz Real
  • 12Enta Da Stage
  • 13How Many MC's...
  • 14U Da Man

enregistrement

1992-1993

line up

Buckshot (MC, production), 5ft (MC, production), DJ Evil Dee (production, voix)

Musiciens additionnels : Smif-n-wessun (MC's), Mr. Walt (production, voix), Havoc (MC), Dru Ha (MC), Everette Lawson (voix)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
spooklyn

Enta Da Stage précède d'un mois la sortie d'Enter The Wu-Tang. Comme lui, il va prendre tout le monde par surprise et redorer le blason du hip-hop new-yorkais... une sorte de "premier sang" selon l'expression de John R. Un mètre-étalon (car membré d'un mètre comme un étalon) et un catalyseur de pulsions négatives transformées en énergie brute. Alors que Shogun RZA et ses guerriers shootés aux classiques de la Shaw Brothers ont tendu une immense toile dans laquelle viendront s'engluer à peu près tous les rappeurs des années 90, Black Moon, nettement moins bordélique et - hélas - reconnu par les masses, mais tout aussi influent et précurseur dans sa façon d'envisager le hip-hop comme une arme stratégique, est simplement le taulier du style dans lequel Mobb Deep vont se faire un nom de terreur - on notera d'ailleurs la présence ici même d'un Havoc encore minot - et plus globalement tous les albums East Coast à sonorités jazzy-ténébreuses qui suivront. Black Moon a insufflé un venin bien spécial dans le hip-hop. Peu de choses à raconter sur le fond, simple et crade comme un cliché polaroïd de la rue : cavales sans destination, menaces, nihilisme, quotidien de petites frappes condamnées à briller ou crever. Buckshot, même si son timbre n'a rien de marquant ou d'original au premier abord, est pourtant l'un de ces MC's à la mystique imparable, qui vous attrapent par le colback et sont capables de dessiner des images puissantes dans votre esprit avec peu de mots. "To the rhythm I'm a slave, lookin in my grave /
Jugulur vein bustin out my neck, you see the rage". Comme il le dit lui-même dans Check The Technique (le biblique recueil de B. Coleman qui m'a fait découvrir ce disque) : "rapper, c'est devenir un serpent rampant sur un arbre". Et sa façon de dégommer les wack MC's est aussi naturelle que le flow est leste. En dehors de ces jeux de langue sauvages et de ces refrains scandés à la hardcore vieille école, ce qui fait Enta Da Stage, c'est vraiment le son originel des cultissimes Beatminerz, qui se surpasseront un an plus tard sur le premier Smif-N-Wessun (les potes du collectif Boot Camp qui font du reste leurs premiers pas ici même sur le combo "Black-Smif-N-Wessun"). Un son compact, lourd, fluide, finement cuivré, vicieusement ragga-isé, deep jazz, plombé par le martelage sourd de basses aussi belles que des ecchymoses. Mais aussi, discretos, quelques expérimentations très années 80, à la façon Marley Marl ou EPMD (le mix de "Slave" et son utilisation vile de la stéreo). C'est ce son à la fois minimal et profond qui fait de Enta Da Stage un de ces albums, rares et précieux, qui vous submergent de visions, malgré leur dépouillement, leur crudité. Ce son chaud, noir, un peu goudronneux, et en même temps très smooth, qui te transbahute direct dans la peau d'un de ces renois, dans une des zones d'ombre de Brooklyn, une nuit comme tant d'autres. Une ambiance électrique et un peu irréelle, propice aux frissons, genre vinyle de Coltrane rayé au couteau qui crépite dans ta tête, à la pleine Lune, à attendre, en fumaillant un vieux reste de blunt collant au doigts, contre le grillage éventré d'un de ces terrains vagues coinçés entre deux usines désaffectées, que les copains aient terminé de... faire ce qu'ils ont à faire... avant de reprendre leurs déambulations nocturnes de petits vandales anonymes sous le regard impérieux des buildings, leurs divinités. Immémorial comme l'odeur du danger.

note       Publiée le samedi 7 avril 2012

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Jean Rhume › mercredi 11 avril 2012 - 11:27 Envoyez un message privé àJean Rhume

4 boules, je voyais ça comme une bonne note mais juste "bon" c'est un peu mou du fion en effet.

Note donnée au disque :       
vargounet › lundi 9 avril 2012 - 15:03 Envoyez un message privé àvargounet

Très gros album en effet, il règne dessus une espèce de mélancolie sordide et inquiétante, sur des morceaux comme Black Smif-n-Wessun. L'instru frôle vraiment la perfection même si les voix n'ont rien d'exceptionnel ça reste efficace.

Note donnée au disque :       
saïmone › lundi 9 avril 2012 - 14:00 Envoyez un message privé àsaïmone
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4 boules ? enculé

Note donnée au disque :       
Jean Rhume › lundi 9 avril 2012 - 13:00 Envoyez un message privé àJean Rhume

Ah bah faut virer 50% des commentaires alors. J'aime ceci, j'aime moins cela, c'est vrai qu'est-ce qu'on s'en fout après tout. En fait, j'ai découvert le groupe sur Yo MTV Rap avec le clip "How many MC's" (donc sur cet album) mais le premier CD que j'ai acheté d'eux fut "War Zone" et c'est le seul que j'ai écouté pendant des années, voilà pourquoi j'y suis plus attaché, s'il fallait argumenter.

Note donnée au disque :       
Raven › dimanche 8 avril 2012 - 23:27 Envoyez un message privé àRaven
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Sans doute oui. Dans ces cas-là le mutisme est une vertu.