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Ice Cube › Death Certificate

cd • 20 titres • 61:09 min

  • The Death Side
  • 1The Funeral
  • 2The Wrong Nigga To Fuck Wit
  • 3My Summer Vacation
  • 4Steady Mobbin'
  • 5Robin Lench
  • 6Givin' Up The Nappy Dug Out
  • 7Look Who's Burnin'
  • 8A Bird In The Hand
  • 9Man's Best Friend
  • 10Alive On Arrival
  • 11Death
  • The Life Side
  • 12The Birth
  • 13I Wanna Kill Sam
  • 14Horny Lil' Devil
  • 15Black Korea
  • 16True To The Game
  • 17Color Blind
  • 18Doing Dumb Shit
  • 19Us
  • 20No Vaseline

line up

Ice Cube (MC, production), Sir Jinx (production), Boogiemen (production)

Musiciens additionnels : J Dee (MC), Kam (MC), The Maad Circle (MC's), King Tee MC), Khalid Abdul Muhammad (speech)

remarques

La réédition contient "How To Survive In South Central" en piste bonus

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
gangstalitic

Death Certificate : l'album de tous les outrages. Au final, s'il n'est qu'un petit cran en dessous d'AmeriKKKa's Most Wanted dans la bourgeoisie hip-hop à mes marquises oreilles, il en est aussi la version moins gangsta, plus ambitieuse, plus politique, plus provocatrice, orientée vers le storytelling. Surjouée et excessive aussi, pour faire bonne mine, Ice Cube sentant sa street-crédibilité délaver au moment où il commence à faire de l'oeil au show-biz. Le propos s'est durçi (la pochette mettant en scène le macchabée de l'Amérique n'est pas seule à en témoigner : Glaçon Ronchon est pas du tout calmé bien au contraire, et les textes confirment, je vous ferai pas le coup des citations multiples mais c'est du mitraillage à la gatling quasi-ininterrompu) en même temps que sa musique présente les premiers symptômes d'un écartellement évité ici par un sampling monomaniaque violant avec barbarie la carcasse chaude du P-funk (George Clinton aura rarement été autant pillé sur un album de rap) et des beats concassant du groove au kilomètre. L'indispensable Sir Jinx n'est plus qu'à temps partiel derrière les bandes, le Bomb Squad est retourné à ses quartiers, et Cube s'adjoint les services des Boogiemen pour tenter de reproduire le coup d'éclat monumental d'AmeriKKKa's. Le MC est gonflé à bloc : le flow est plus nerveux que jamais, tandis que ce que le son a perdu en foisonnement il l'a gagné en efficacité brute. Limpide, vif, fluide, brûlant. Surpuissant. Death Certificate contient tellement de moments purement jouissifs qu'on finit par se refuser à en voir les défauts (un peu trop long - même reproche que pour le Original Gangster de l'autre Ice - ses parlotes, ses interludes un peu trop éparpillés et pas toujours utiles, même si on sent que Cube essaie de se donner une légitimité en invitant l'activiste Louis Farrakhan), emporté comme un gamin par l'énergie cinétique proprement ahurissante de certains morceaux ("My Summer Vacation", "Steady Mobbin" ou "Alive on Arrival" sont de véritables boucheries atomiques). Musicalement, on notera que la différence d'ambiance entre les deux actes (Death/Life) ne se ressent pas des masses. Chez Ice Cube, la Vie, la Mort, finalement, c'est à peu près la même merde. En 1991 ce type incarnait juste le hip-hop le plus sale et violent possible, la version serial killer de Public Enemy, et pouvait presque tout se permettre, que ce soit créer un mini-séisme sur un rap d'à peine cinquante secondes ("Black Korea", aussi immédiatement efficace que controversé), invectiver les noirs intégrés dans le système en les comparant à des biscuits Oreo ("noir en surface, blanc à l'intérieur") ou donner dans le friendly-fire sans limite de munitions : "No Vaseline", dirigé vers ses anciens compagnons du N.W.A., qui l'avaient quand même un peu cherché faut dire, électrise les dernières minutes de l'album avec vice. Ce qui domine l'esprit à l'écoute de Death Certificate : la tension interraciale. On sent que les émeutes de L.A. sont sur le point d'exploser et Ice Cube est de ceux qui foutent de l'huile sur le feu. Il appelle à l'insoumission, à la révolte, à la destruction. Le fait de devoir distribuer les fessées sur tous les arrière-trains - concurrence, radios, flicaille, politiques - tout en gérant le matos, l'a sans doute empêché de réitérer le chef d'oeuvre initial, de peu. Death Certificate, c'était peut-être trop pour un seul homme. Trop d'envie de tout brûler, trop d'envie de tout recouvrir d'une cendre épaisse et noire. Trop de haine.

note       Publiée le mercredi 28 mars 2012

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notes

Note moyenne        4 votes

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dimegoat › lundi 30 mai 2016 - 09:11  message privé !

Violent. L'impression de me prendre des claques derrière la tête, genre "T'as pas compris?, j'suis le wrong nigga to fuck wit!!!"

Note donnée au disque :       
Seijitsu › jeudi 5 février 2015 - 09:28  message privé !

Classe ? Velour ? C'est pas vraiment ce que j'attends d'Ice Cube en effet. Il y a bien quelques trucs smooth comme Who's the mack? sur le précédent mais bon, c'est pas si courant que ça chez lui (et c'est tant mieux).

Note donnée au disque :       
Raven › jeudi 5 février 2015 - 00:07  message privé !
avatar

C'est une sensibilité ça, les "coups de mous" du premier ça reste du velours... AmeriKKKa's est plus Mesrine croisé DSK (les armes & le stupre; l'argent en commun), alors que Death Certificate a un côté plus kouachi, objectivement plus létal et qui fait son effet à froid ça ne fait pas de doute, mais on perd quand même quelques grammes non négligeables de classe au passage (le bon goût de la référence aurait été validé par notre glaçon de l'époque, je n'en doute pas).

Seijitsu › mercredi 4 février 2015 - 21:52  message privé !

"'cause she's addicted, addicted, she's addicted to suck a good dick!" lol, du grand art ^^

Note donnée au disque :       
stankey › mercredi 4 février 2015 - 21:43  message privé !

Findum, Fuckum & Flee pour moi ! Putain Seij t'as dégeulassé ma banquette arrière :)))