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Matzumi › In Mutatio Tempora

cd • 10 titres • 63:38 min

  • 1A long journey- Intro 6:02
  • 2Step by Step 5:16
  • 3Heights and Depths 7:28
  • 4Die Kinder der Erde 5:03
  • 5Who we Are 6:04
  • 6Chapters of Life 6:54
  • 7In Mutatio Tempora 4:59
  • 8Consolation and Oblivion 8:14
  • 9Never Alone 8:27
  • 10The Migration –Outro 5:14

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line up

Kathrin Manz (Synthé Korg Triton Pro, Roland JP8000, Yamaha CS2x, Access Virus TL2 Polar, voix et FX)

Musiciens additionnels : Frank Dorittke (Guitares sur A long journey- Intro) Bjorn Jeppesen/Nattefrost (Clavier et Synthés sur Die Kinder der Erde)

remarques

Pour en savoir plus sur et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.matzumi.de/

chronique

Un grognement de gong ouvre "A long journey- Intro" qui glisse immédiatement dans les vapeurs valsiques et claniques des mille et une nuits avec des ailes de Mellotron qui en enrobent une intro immensément cinématographique. Deuxième coup de gong; et des roulements de tambour battent une mesure d’esclaves égyptiens sous des enveloppes violonées encore plus denses alors que les premiers balbutiements des séquences claquent sous un canevas de chœurs gras qui chantonnent sur une approche emblématique d’un hymne Perse. Après le 3ième coup des gongs, le rythme de "A long journey- Intro" hoquète d’une phase spasmodique plus électronique et la guitare incisive de F.D. Project étale ses solos grinçants et torsadés sur une structure érodée par des séquences et percussions qui palpitent et trépignent sur un titre plus rock symphonique qu’électronique mais aussi intense que théâtral. Bienvenu dans le voyage astral de Matzumi. Là où les voies lactées croisent les terres imprégnées des poésies des peuples des sables et où la vie s’arrête et reprends ses droits dans les brises astrales des dieux Babyloniens. In Mutatio Tempora, pour la course du temps, est une œuvre impressionnante qui sort de nulle part. C’est un très bel album où la douce poésie de Kathrin Manz chevauche de belles phases séquencées, des ambiances cosmiques et cinématographiques sur des grosses structures de rock progressif symphoniques. C’est une grosse heure de plaisir qui étonne à chaque fois que l’on insère ce petit disque plat dans notre lecteur!
D’intenses voiles violoinés ceinturent l’intro de "Step by Step" dont les gongs et les brumes éthérées épousent un peu le modèle cinématographique de la pièce d’ouverture. Les gazouillis du synthé, qui se collent aux séquences crépitantes et saccadées, dessinent une structure tourbillonnante qui s’apparente à celle de I Robot d’Alan Parsons. Une structure qui oscille sèchement sur les ailes volantes des violons qui perdent de l’altitude dans des vocalises oniriques, engendrant une fascinante dualité entre ce rythme concassé et les harmonies poétiques qui s’échangent une structure où le rock progressif et symphonique côtoie sans peine une MÉ lourdement séquencée. De délicats arpèges miroitent et psalmodient avec de fines voix d’Éden en ouverture de "Heights and Depths". Les couches de synthé oniriques, qui ornent cette introduction éthérée, permutent finement sous les cliquetis des cymbales en ondes réverbérantes alors que d’autres couches de synthé alourdissent l’ambiance qui subit les pulsations d’un bass-drum. Et tranquillement "Heights and Depths" décolle vers un rythme plus assourdissant où les percussions résonnent et pulsent autour d’une ligne légèrement stroboscopique qui serpente un lit de couches de synthé aux arômes Babyloniennes. Les séquences fusent de toutes parts. Oscillantes et sautillantes d’une approche désordonnée elles moulent un rythme lourd et résonnant qui tempère ses ardeurs sous les suaves vocalises de Matzumi, entraînant la dernière phase de "Heights and Depths" dans les douceurs oniriques d’un monde pharaonique. Le principe de la force du nombre s’applique aux séquences houleuses qui palpitent d’un rythme lourd et infernal sur "Die Kinder der Erde". Reprise d’un titre que l’on retrouve sur l’album de Nattefrost, Dying Sun/Scarlet Moon, sur lequel Matzumi avait jouée; c’est un titre d’une lourdeur infernale que l’on ne se lasse d’écouter et qui démontre que la MÉ peut être carrément endiablé. "Who we Are" est un titre très émouvant qui débute avec des violons dont les cordes dessinent des larmes qui se perdent dans des brumes violonées. Des notes de piano et des souffles de cors arrachent des soupirs aux âmes blottis dans l’abandon alors que d’autres cordes de violons festoient dans une allégresse contradictoire. C’est un titre très intense doté d’un lourd cachet dramatique qui embrasse une portion plus angélique avec un délicat piano qui fait danser ses notes rêveuses sur une structure vacillant aux portes de la résiliation.
"Chapters of Life" est un très bon titre dont le rythme lourd et pulsatoire s’excite sur une structure évolutive. Soyeuse, l’intro regorge de brises irisés et d’arpèges chanteurs qui sortent des entrailles d’une bête indomptable. De superbes ondes sphéroïdales s’élèvent pour onduler sur une ligne finement saccadée alors que des pulsations martèlent un rythme lourd. Un rythme où le pilonnage tempétueux progresse avec une fine accélération dans son débit alors que les synthés divisent les harmonies avec des lignes gondolantes et d’autres aux effluves toujours imprégnés des vieux contes arabes. Cette influence des danses et rythmes arabiques est au cœur des harmonies de In Mutatio Tempora. Ainsi, et après une intro éthérée nappée d’ailes de synthé enveloppantes, la pièce-titre offre une structure lourde où le rythme galope sur un bon amalgame de séquences, percussions et de notes de basse pulsatoires. Le rythme vrombit sur les plaines des déserts Perses, cerné par un synthé qui troque ses sonorités cosmiques pour des cordes de violon qui volent avec la voix de Matzumi. Des violons aux strates à la fois saccadées et mélodieuses qui caressent la courbe d’un rythme croissant, nourri qu’il est de riffs et de slide riffs qui glissent sous les coups d’archets de plus en plus répétés qui structurent une envoutante approche symphonique. L’union électronique et symphonique qui trempe dans des arômes des peuples des sables se poursuit avec "Consolation and Oblivion", un long titre où les lamentations de Kathrin Manz se moulent aux couches morphiques des synthés. Retardataire, le tempo s’émoustille un peu après la 3ième minute avec un mélange de percussions et séquences qui palpitent sous les coups d’archets saccadés. Le canevas rythmique est latent et bref, servant de prétexte pour diviser les ambiances astrales arabiques qui trônent au dessus de ce titre aux essences de prêtresse poétique issue des vocalises de Matzumi et de ses synthés aux tonalités persiennes. "Never Alone" embrasse une longue intro angélique où les souffles d’Orion caressent des poussières d’étoiles miroitantes avant que le rythme sec et saccadé s’éveille d’entre les lourdes réverbérations. Comme un galop sur des plaines astrales le rythme tergiverse quand à sa cadence avant d’exploser sous les frappes des percussions qui encadrent des harmonies synthétisées et les vocalises psalmodiées de Matzumi. "The Migration -Outro" boucle la boucle de ce fascinant voyage musical au cœur des terres arabiques anciennes avec un titre aussi cinématographique et emblématique que son titre introductif, approche crescendo en moins. Un peu comme un long voyage d’une vie qui arrive à son point ultime, concluant un très bel album qui s’est classé 2ième meilleur album de 2011, au niveau national, au dernier Schallwelle Awards.

note       Publiée le mardi 27 mars 2012

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