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Boddy / Wollo › Frontiers

cd | 10 titres | 56:33 min

  • 1 Vista [ 3:59]
  • 2 Trek [ 5:45]
  • 3 Undergrowth [ 4:37]
  • 4 Steppe [ 6:05]
  • 5 Migration [ 3:29]
  • 6 Reverie [ 4:25]
  • 7 Searching [ 7:13]
  • 8 Shelter [ 7:32]
  • 9 Frontiers [ 7:57]
  • 10 Ascension [ 5:25]

enregistrement

Composé et enregistré par Ian Boddy et Erik Wøllo, mixé et masterisé au studio Wintergarden en Norvège entre Novembre et Décembre 2011

line up

Ian Boddy (Synthé, Gliss-keyboard, échantillonnages et Field recordings) Erik Wøllo (Synth guitares, guitares électriques, Slide, E-Bow et Fretless, Synthé et Field recordings)

remarques

Pour avoir plus d'info sur Frontiers et entendre des extraits musicaux, on visite le lien suivant: http://www.din.org.uk/din/node/426

chronique

Frontiers est le point de rencontre de deux musiciens et compositeurs exceptionnels qui ont laissé leurs empreintes dans leurs champs de créativité respectifs. Si Ian Boddy est le caméléon par excellence de la MÉ moderne et contemporaine, Erik Wollo se spécialise à créer des canevas musicaux qui respirent de mystiques musicales terres inconnues. C’est une œuvre extrêmement poétique où les couches de guitares de Wollo caressent les synthés flûtés et les ondes Martenot qu’Ian Boddy nous a si bien apprêtés sur Strange Attractors. Les rythmes sont doux et fluides. Tissés sur un savant amalgame de séquences et percussions ils sont portés par des vents tempérés qui structurent d’étonnantes ambiances panoramiques où le Berlin School embrasse le poétisme d’une musique ambiante bourrée d’émotivité. Atmosphérique, "Vista" déploie ses ailes exploratoires et ouvre ce diaporama musical avec un souffle d’Éole qui soulève une nuée de couches prismatiques dont les souffles irisées flottent sur les vents ondulants et perçants des ondes Martenot, nourrissant le léger crescendo de "Vista" qui termine sa croisade des vents dans une finale empreinte de sérénité. Une finale de bourrasque des vents qui se jette dans l’intro de "Trek", là où les premiers balbutiements séquencés secouent Frontiers. Des séquences finement tambourinées qui sautillent et voltigent parmi des souffles de flûtes alors que les percussions qui s’ajoutent et claquent de certaines frappes aléatoires, dont certaines restent emmitouflées d’ouates, moulent un léger rythme chaotique. Un rythme hybride qui se chamaille avec la tendresse des lignes flûtées et des sinistres réverbérations sur un canevas de percussions hétéroclites avant de bifurquer vers un bref passage ambiant, donnant un second souffle à "Trek" qui devient plus lourd et incisif. Après les couches morphiques de "Undergrowth" qui trempent dans le silence des chants prismatiques des baleines glaciales et des sirènes galactiques, "Steppe" nous transporte dans un très doux mouvement rythmique ascendant. Une spirale ascensionnelle dessinée par des arpèges carillonnés qui tournoient avec légèreté sur une délicate ligne de basse, avant d’être engloutis par des percussions qui martèlent avec finesse une procession montante sous les couches angéliques d’une guitare onirique. Entre l’univers clanique de Steve Roach et panoramique d’Erik Wollo, "Steppe" progresse sur un maillage de séquences et percussions auxquels s’ajoutent des cliquetis papillonnés, moulant à merveille une pénible ascension sous un ciel d’un bleu azur où les strates de guitare fusionnent avec beauté avec celles d’un synthé discret mais oh combien efficace. On se croirait à l’époque de Western Spaces ou Desert Solitaire de Steve Roach. Avec ses cloches de brebis qui tintent dans les vents croissants des plaines, "Migration" est un passage atmosphérique où les souffles des synthés soulèvent la colère d’Éole et de ses vents nordiques qui résonnent au travers d’immenses cornes tibétaines. "Reverie" est un joyau dans ce coffre musical qu’est Frontiers. De fins riffs de guitares sculptent de délicates harmonies dont les accords roulent en bouclent sur des percussions échoïques qui claquent dans une dense brume vaporeuse. Les harmonies de la guitare se perdent dans les pleurs des ondes Martenot qui glissent et caressent les songes tout en dessinant les rêves sur des arpèges carillonnés qui dansent et scintillent sous un magnifique canevas d’ondes musicales paradisiaques. C’est un superbe titre d’une infinie tendresse qui s’évapore dans les fins tams-tams séquencés qui secouent les vapeurs morphiques introductives de "Searching". Ils moulent un rythme chevrotant qui s’agrippe à une lourde ligne de basse alors que les percussions tombent pour embrasser un rythme soutenu par une fusion de séquences et arpèges qui s’entrecroisent et pulsent avec une forme de résonnance triturée, hoquetant d’une étrange fureur spasmodique où le rythme bouillonne d’une friction statique. C’est un rythme progressif qui s’accroche à son maillage de séquences et percussions, auxquels se greffent des cliquetis qui tintent sous des souffles de synthé philarmoniques aux arômes des années TD. D’ailleurs, la croissance du rythme me rappelle les rythmes métalliques de Tangerine Dream des années Logos. C’est très bon, mais attendez la pièce-titre avant de jubiler! "Shelter" dévoile les ailes de ses ténèbres par une ondée qui crépite sur un dôme couvert de souffles irisés. Ambiant et sombre "Shelter" mystifie la lune avec sa lourde ligne de basse solitaire dont les oblongues notes élastiques modulent des arcs de résonances pour sillonner un noir paysage musical nourri de couches de synthé brumeuses, qui flottent avec une délicatesse éthérée ,et d’arpèges virginaux qui gazouillent sous les arches d’un soleil abscons. C’est un titre très solitaire dont les vents arides se jettent dans l’intro de "Frontiers" et de ses séquences pianotées qui carillonnent et émergent d’entre des vents chantants. Une ligne de basse aux notes pulsatrices guette à l’affut que le rythme prenne forme alors qu’une autre ligne de séquences plus limpides se profile et que des percussions attendent la morsure d’une note élastique de basse pour embarquer dans le tourbillon séquencé de "Frontiers". Et la magie s’opère dans nos oreilles! Sur un rythme oscillatoire truffé de séquences ciselées et entrecroisées ainsi que des percussions sobres, les souffles de synthé aux chaleureuses harmonies philarmoniques éveillent nos souvenirs et emplissent nos oreilles d’un fin nectar musical au doux parfum de Tangerine Dream de la période Stratosfear. La guitare d’Erik Wollo vient ajouter un filet de nostalgie avec des solos flottants alors que Ian Boddy appose le sceau de la poésie électronique avec des chants de synthé soloïques qui enveloppent une structure rythmique qui ne fait aucun compromis quand à ses influences. "Ascension" vient clore ce superbe album avec des ondes Martenot et des couches de guitares qui pleurent dans la solitude des vents astraux. Frontiers est un superbe album. C’est une histoire musicale sur des territoires inconnus racontés avec la force des compositions et influences qui meublent le savoir-faire de ces deux icones de la MÉ contemporaine. Comme première communion musicale, le duo Boddy/Wollo fait preuve d’une étonnante complicité et tisse un merveilleux univers musical où les ambiances célestes sont savamment dosées à des rythmes suaves qui coulent avec une douceur onirique. Si les synthés et les guitares sculptent des horizons sans frontières qui transcendent toutes formes d’imaginations, les séquences et les percussions en bercent leurs délicates approches poétiques; signe que nos oreilles ont affaire à deux artistes qui se sont compris dès le départ, faisant de Frontiers un album qui se découvre encore plus à chaque nouvelle écoute.

note       Publiée le samedi 24 mars 2012

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