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Bobby Conn › Rise Up !

cd | 15 titres | 59.03 min

  • 1 Twilight of the Empire [1:41]
  • 2 Rise Up! [4:37]
  • 3 Axis '67 (Part 2) [6:14]
  • 4 United Nations [2:48]
  • 5 California [3:31]
  • 6 Passover [6:25]
  • 7 A Conversation [1:23]
  • 8 Baby Man [3:57]
  • 9 Baby Man (Refrain) [3:05]
  • 10 White Bread [4:51]
  • 11 Lullaby [3:58]
  • 12 Ominous Drone [1:34]
  • 13 Rise Up, Now ! [3:58]
  • 14 Axis '67 (Part 2) (demo) [6:42]
  • 15 California (demo) [4:22]

enregistrement

October 97 - Fevrier 98 - Produced & mixed by Jim O'Rourke

line up

Bobby Conn (chant, guitare, toy piano, synthétiseur, percussion électrique, Moog, piano), Jim O'rourke (synthé basse (2, 11), guitare (4), piano (5, 10, 11), orgue (11)), Monica BouBou (choeurs, cordes, piano, melodica), Sarah Allen (batterie), Anthony Illarde (batterie), Dylan Posa (basse), Thymme Jones (trompette, Fender Rhodes), Fred Lonberg (cor), Weaser Walter (basse), Paul Mertens (flute, flute alto, clarinette), Kyle Bruckmann (hautbois), Caitlin Strokosh (violoncelle), Teria Gartelos (choeurs), Kim Soss (choeurs)

remarques

Les deux derniers morceaux sont des démos enregistrées en 2010 pour la réédition chez Fire Records

chronique

Styles
pop
rock
Styles personnels
glam-punk-discoïde

L'Antechrist est arrivé. Entendez ces chiens aboyer à son passage, ces coups de feux dans les banlieues pavillonnaires, ces sirènes alentours, ce sinistre bong électronique de mauvais présage. Le crépuscule d'un monde est sur vous. C'est le déclin de l'empire américain, orchestré par le chicagoan Bobby Conn et sa compagne et très francophone Monica BouBou (ça ne s'invente pas). Elle s'occupe des cordes, pour enrober un peu l'Apocalypse. Jim O'Rourke produit, richement, d'atours de xylophones, de Moog, de flutes, de cuivres, de bois, de synthés divers, quitte à tout faire péter, autant que se soit avec style. Et Bobby Conn met un peu de mascara, avec tenue moulante. La fin du monde sera glam. Vous allez en bouffer de la terreur millénariste sous forme de ballade morbide qui, au détour d'un pont pailleté, se mute en transe discoïde où Conn bafoue le nom du fils de Dieu "Jesus ! He came back ! Jesus ! High on Crack ! Jesus ! Threw him in jail !" glapit-il dès "Rise Up!". Car Bobby Conn est l'Antechrist, un démon pervers et funky, "Axis '67 Pt.2", entouré de chants de sirènes hippies. C'est votre faute, vous l'avez convoqué, vous les va-t-en-guerre des Nations Unis, célébrés façon glam punk, "United Nation", avec les choeurs débiles so 70's de BouBou. Non, Conn n'est pas qu'un prédicateur, il est littéralement habité par l'esprit du malin lui-même; dans un improbable bouge californien, perdu le long d'une Interstate, la bande à Conn se tape un sale délire jazzy invoquant l'ange de la mort, un peu gypsie, un peu sale et dissonant, le Bobby, les yeux probablement rougis par la rage, éructe des prédictions de sorcières, "Passover". Un point de vue omniscient sur l'Amérique, surtout la très corrompue Californie, on y entend des bribes de conversations privées pleines de rancœurs et de colère. Les américains, tous ces petits blancs nazes et dégueulasses méritent bien d'y passer, "Baby Man", hymne en suspension du slacker, du branleur, du parasite absolue, au crochet de sa petite amie, immature mais conscient de sa profonde médiocrité; derrière la ligne de basse groovy et les handclaps, c'est la fuite en avant vers pas grand chose, auto-détestation qui suinte, mépris de sa propre vacuité, c'est l'inconvénient d'être né, surtout dans cette société-là. Ca mérite bien quelques pleurs avec mélodie pour violon de la belle BouBou, "Baby Man (refrain)", pathétique Conn tout en voix de tête et gémissements. Pauvre Conn… Mais s'appesantir serait une erreur, Conn reste l'incarnation du Diable, dresse le portrait d'une Amérique bonne pour la casse, l'écume aux lèvres, à la limite de la crise d'épilepsie, "White Bread", sa ritournelle de flute dionysiaque, son riff de guitare qui glam-rock de travers, son refrain qui fait coucou à Ziggy du fin fond des Enfers, allez, alignez-moi tout ça contre un mur et ta ta ta ta ta ta ta !!! Reste plus qu'à danser la farandole sur cette coda fiévreuse qui pousse la ronde jusqu'à l'AVC. Après cet Armageddon en lamé, le Diable se balance dans un moelleux hamac au son d'une bossa nova aux paroles très désabusées, sur un champ de ruine, "Lullaby", fausse candeur et fausse légèreté, directement annihilée par un "Ominous Drone" dont le nom décrit parfaitement ce qu'il est, la rumeur de la désolation, après avoir fait rugir les trompettes de la mort, on ramasse les spores du champignon atomique. En guise de conclusion, vieux, brisé, fatigué, Bobby Conn se relève une dernière fois des décombres dégoulinants de cordes et de bois pour une dernière virée funky déréglée du ciboulot, s'achevant en orgasme orchestral et en cri primal : Rise Up ! Soulevez-vous ! Tant que vous le pouvez encore…

note       Publiée le dimanche 18 mars 2012

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Wotzenknecht › lundi 19 mars 2012 - 07:11  message privé !

La réponse était : Nuclear Assault › Game over

Raven › lundi 19 mars 2012 - 06:33  message privé !
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La pochette me rappelle Trans de Neil Young

(N°6) › dimanche 18 mars 2012 - 21:10  message privé !
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Domô arigatô. La pochette est d'un certain Micheal Colligan...

dariev stands › dimanche 18 mars 2012 - 15:31  message privé !
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amen ! moi la chro et la pochette me rappellent Diamond Dogs (pochette intérieure), mais ça s'arrête là, le mélange glam discoïde/apocalypse/parano étant ici nettement plus serré en tabasco.

vargounet › dimanche 18 mars 2012 - 15:16  message privé !

Qui a fait la pochette ? ça me rappelle terriblement quelque chose !