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Nas › It Was Written

cd | 15 titres | 52:35 min

  • 1 Album Intro
  • 2 The Message
  • 3 Street Dreams
  • 4 I Gave You Power
  • 5 Watch Dem Niggas
  • 6 Take It In Blood
  • 7 Nas Is Coming
  • 8 Affirmative Action
  • 9 The Set Up
  • 10 Black Girl Lost
  • 11 Suspect
  • 12 Shootouts
  • 13 Live Nigga Rap
  • 14 If I Ruled The World (Imagine That)
  • 15 Silent Murder

enregistrement

1995-1996

line up

Nas (MC, production)

Musiciens additionnels : Az, Dj Premier (production), Mobb Deep, (MC, production), Cormega (MC), Trackmasters, Dr Dre, Live Squad, L.E.S., Lo Ground & Top General Sounds (production), Foxy Brown (voix), Joel "JoJo" Hailey (voix), Lauryn Hill (voix)

remarques

"Silent Murder" est un bonus de la version européenne.

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
queensbridgien / mafioso

Illmatic était compact, chaque morceau soudé à l'autre. Homogène en un mot. It Was Written lui, s'il est nettement plus dense, est écartelé par ses productions inégales. Comme la plupart des albums que sortiront durant la seconde les rappeurs ayant perçé dans la première moitié des années 90, il s'y infiltre les germes lyophilisés de ces choeurs de poufs r'n'b qui deviendront monnaie courante dans le hip-hop. Et pour le fond, des inspirations mafioso de plus en plus affichées, d'ailleurs Nas Escobar pose comme un ponte dans le livret, avec chemise propre, lunettes de soleil, tocante de luxe et esquive du regard ; même si on y croit déjà plus trop, c'est un peu l'alternative émotionnelle au Reasonnable Doubt de Jay-Z sorti la même année, qui se paye le même genre de délire de parrain mégalo fringué sur mesure, sans avoir les mêmes moyens. Parce qu'il faut bien dire que Nas, même si la débandade commence ici, était l'un des deux ou trois rappeurs les plus magnétiques des années 90, avant qu'il finisse par se saborder lui-même, faisant mettre son rap sous cellophane et barquette polystyrène comme un bâtonnet de cabillaud pané. Pluie de biftons rime souvent avec baisse d'inspiration, mais en 1996, le petit salaud était encore vif. Le second est déprécié vis à vis du "classic", la pochette montre un gosse devenu ado, regard blasé, plus d'espoir, préparation pour le panage industriel, le gâchis d'un pouvoir flowistique exceptionnel... En réalité, peu de titres sur It Was Written sont complètement daubés, mais ils entâchent sérieusement la crédibilité du MC. Et peu défoncent. Mais ceux qui défoncent défoncent. Comme sur le Life After Death de Biggie, son massif album-frère/ennemi, les choix de production limite schizo forment une tracklist équivoque, traversée par ce même parfum de crépuscule des idoles, le truc qui te fait sentir que c'est le début de la fin, typique de ces années, un charme tout particulier pour votre serviteur puisque ses premiers contacts avec le hip-hop se sont faits en ces temps de deuil pour les puristes. On pourrait scinder les titres d'It Was Written en trois catégories : d'un côté les morceaux les plus pop-oriented signés Trackmasters pour la plupart, super bien foutus mais inoffensifs, récupérant quand il le faut les mélodies les plus basiquement mainstream (Sting, Eurythmics) ou disposant de la poupée aux endroits stratégiques (Lauryn Hill des Fugees sur "If I Ruled The World") pour appâter le chaland. Rien à signaler de ce côté-ci, sinon que sans le flow de Nas, tout ça serait de la soupe sans âme. De l'autre côté, les morceaux dans la bonne vieille tradition new-yorkaise, c'est à dire de l'instru minimale bien morose et salement accrocheuse : le sombrement jazzy et crépitant "Suspect", le superbe "Silent Murder" ou encore "The Set Up" - dont le sample est au passage totalement repompé sur "Incarcerated Scarfaces" de Raekwon - avec Havoc à la prod et au micro, qui pourrait être un inédit du Hell On Earth de Mobb Deep alors en cours de finition ; Prodigy viendra les rejoindre sur "Live Nigga Rap". Entre homies de Queensbridge, il faut bien s'entraider. Meilleur (et meilleur titre de toute la carrière de Nas ou pas loin, mais *chut*, c'est un secret) encore est "I Gave You Power". Le trip lyrique ultime, Nas devient une arme de poing anonyme passant d'une poche à l'autre et décrivant la furie des gangs. "I might have took your first child, scarred your life, crippled your style. I gave you power, I made you buckwild" - ajoutez-y une des prods les plus jouissivement euthanasiantes de DJ Premier, et vous obtenez un genre de ballistique imparable devant laquelle tous mes superlatifs pompeux habituels se recroquevilleront comme des pangolins respectueux. La dernière catégorie de morceaux (j'avais prévenu qu'il y en a une troisième ? je sais plus du coup) est en fait un seul, bien à part : le producteur surprise, Dre, sur "Nas Is Coming", invité pour approvisionner Nas en bonne weed des côtes Pacifique, et accessoirement pour une instru dans ce style bien synthétique et luminescent typique du toubib. Une surprise un peu exotique à l'époque, vu que east coast et west coast se foutaient copieusement sur la gueule (l'intro avec Nas et Dre captés en studio est ouvertement "paix, amour et fumette", le message est clair), mais le genre de petit plaisir sucré-salé que l'homme de goût ne pourra pas se refuser.

note       Publiée le mardi 13 mars 2012

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M-Atom › mercredi 10 août 2016 - 21:01  message privé !

le début de la fin...mais comme c'est que le début ca va encore ! et c'est clair que les titres putes sont bien efficaces...un nas qui s'écoute comme un bon vieux judas priest en fait !

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(N°6) › lundi 8 août 2016 - 23:28  message privé !
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Alors, ça tourne toujours bien "If I Ruled the World", hein ?

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saïmone › lundi 8 août 2016 - 23:18  message privé !
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Les titres soupes sont les meilleurs, bordel

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Raven › jeudi 23 juillet 2015 - 20:46  message privé !
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"I rock hoes, y'all rock fellas"

(N°6) › jeudi 23 juillet 2015 - 20:36  message privé !
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Faut bien dire que question "mafioso rap" (genre idiot mais inévitable dans ces années-là), il se fait piler sévère par le Reasonnable Doubt de Jay-Z.

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