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Natas › Doubelievengod

cd | 18 titres | 57:00 min

  • 1 Doubelievengod
  • 2 NATAS
  • 3 Pop Pop
  • 4 Midnight
  • 5 Itzalright
  • 6 Can I R.I.P.
  • 7 Torture
  • 8 We Almost Lost Detroit
  • 9 Heaven
  • 10 I Don't Care
  • 11 Scream
  • 12 Fuck Da World
  • 13 Y'all Will Realize
  • 14 The Night Is Mine
  • 15 Sunday School
  • 16 Mad At The World
  • 17 Propalactic Tacticz
  • 18 No Fault Insurance

enregistrement

1995. Producteur exécutif : James H. Smith

line up

Mastamind, Esham, T.N.T.

Musiciens additionnels : Dice (MC, feat. sur "Torture")

remarques

"Nation Ahead of Time And Space". Réédité en 2000 (édition TVT)

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
underground > acid rap

Rrrreeeeeuh..... fuck... c'est quoi ce skeud, homie ? Je te la fais encyclopédiquement : basés à Detroit, berceau de sérieux freaks en matière de rap, mais plus probablement sortis d'une brèche spatiotemporelle, Natas ont, sans que personne ne le sache en dehors des States, opéré dans l'ombre totale pour créer quelques-un des albums les plus malades du hip-hop, sondant à travers un filtre difforme le visage secret d'une certaine Amérique, d'un certain Detroit : celui des camés et des pervers sexuels, ici sous des couches de synthétiseurs cheap bien toxiques dont les flammes bleutées lècheront ton cerveau, alors qu'ils avaient plutôt usé de mixture rap-rock auparavant. Le niveau toxique de Natas n'a rien d'étonnant quand on sait que le groupe est mené par Esham, un des MCs les plus cramés que le hip-hop aie eu la malchance d'enfanter, créateur autoproclamé de l'"acid rap" (c'est même stické sur la pochette) ayant gagné un statut de légende underground avec le double Judgement Day et confirmé avec son immonde - et, à mon grand désespoir, introuvable à prix décent - KKKill the Fetus, dont le concept et les lyrics extrêmes auraient dû stopper net la croissance de l'horrorcore. Esham donc, et Mastamind et TNT, ses homies, MC's au style tout aussi malade et au bulbe gorgé de crack. Musicalement, on peut penser, de loin, au Cypress de la période dark qui aurait été sevré de weed et mis sous perfu d'electro fluorescente, ou à un MC comme Cage qui pompera d'ailleurs tout autant le style d'Esham que Marshall Mathers sans en avoir l'étrangeté ; par contre rien à voir avec des gros lards débiles déguisés en clown, ici on est réellement dans quelque chose de glauque malgré tous les effets flashy qu'on peut y trouver. Doubelievengod, derrière l'espèce de concept antéchristique toujours à l'arrache (sortant en fait au moment ou Esham tente de réfréner son satanisme primaire après Closed Casket), est porté par des flows d'ados attardés shootés au soda périmé et aux cassettes porno, hachés, fébriles, déroulant des punchlines et des storytellings gluants. Des mecs complètement recroquevillés sur eux-mêmes, qui collent à leur réalité, limités au périmètre du disctrict, du squat, des chiottes, MC-clodos-aliens rigolant dans leur vomi. Doubelievengod, c'est comme matter un épisode interminable de Beavis & Butthead, c'est le hip-hop dans son versant le plus gogol et psycho. Et surtout, ce sont ces instrus hallucinogènes, avec ces synthés aussi sains qu'une chimio, ces samples bizarres qui parviennent à rendre chelou des bouts de funk, de raggamuffin ou de gospel, ces ricanements de canard, ces râles haineux et ces claps débiles ("Torture"), ce boom bap psychoïde, à la limite de déclencher des pulsions suicidaires, de te laisser après des écoutes répétées exsangue et tremblotant dans un recoin de ta salle de bains, à balbutier des trucs incompréhensibles avec un sourire bavouillou aux lèvres. Même quand ces sinoques tentent de coller quelques effets très pop genre sur "No Fault Insurance" (un vrai tube UG pour le coup) avec son refrain bien smooth et accrocheur, ça sonne malsain... refrain qui m'amène d'ailleurs à cette conclusion : dans ce Detroit-là, des mecs comme D12 n'ont finalement jamais été que de sympathiques éruptions cutanées. Natas, c'est le cancer.

note       Publiée le mercredi 29 février 2012

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E. Jumbo › dimanche 21 octobre 2018 - 23:13  message privé !

Dommage que j'ai pas connu ce disque quand j'étais ado sous perfusion de Cypress Hill et de rap sombre. L'instru de "Fuck da World" fait penser à du vieux Autechre sinon.

Note donnée au disque :       
Rendez-Moi › mercredi 18 avril 2012 - 22:21  message privé !

Bon où est mon argent que je puisse dépenser ?

Raven › jeudi 1 mars 2012 - 21:17  message privé !
avatar

Je ne possède que celui-ci pour le moment.

Rendez-Moi › jeudi 1 mars 2012 - 21:09  message privé !

Tu vas faire les autres Raven ?

ericbaisons › jeudi 1 mars 2012 - 01:31  message privé !

avec des couleurs affriolantes très thrash. Monstre de noirceur, tellement surjoué mais comment résister au flow. Et il y a tout de meme un certain degré de sophistication, derrière les instrus carpenter et les paroles pour ados accros à Orange mécanique et aux armes automatiques : avec ces samples de discours assez longs pour être remarqués.

Note donnée au disque :