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Big Blood › The wicked hex

lp • 5 titres • 45:01 min

  • 1Run
  • 2I Will Love You
  • 3Never Let Me Go
  • face b
  • 4Keening
  • 5Water

enregistrement

Enregistré à la maison par Big Blood

line up

Caleb (Basse, Percussions, Piano, Sons, Vocaux), Shon (batterie, vocaux), Colleen (guitare électrique, harmonium, vocaux), Mathieu Geffroy (vocaux sur Run), Sophie Besnoux (vocaux sur Run)

remarques

Cet album est d'abord sorti au format digital en téléchargement gratuit sur archive.org, comme toutes les sorties du groupe (lien ici : http://www.archive.org/details/Big_Blood__The_Wicked_Hex-10010 ), il a ensuite été édité en vinyle sur le label grec Phase! Records - Artwork additionnel par Panagiotis Spoulos

chronique

Big Blood est l’un des groupes les plus excitants que j’aie découvert depuis des lustres. J’essaie de les rattacher à une forme de catharsis (parler d’école serait faire de la scolastique), mais en réalité, leur musique semble flotter hors du temps, en déconnexion totale avec notre époque. Si toute leur disco est mise à disposition en téléchargement gratuit, ce n’est pas pour suivre l’air du temps, mais bien par mouvement de recul, parce que cette musique est trop bohème et caractérielle pour rentrer dans le moule d’aucun label. Tout au plus décèle-t-on une forte connivence sonore avec les Charalambides, autres marginaux devenus cultes pour toute une frange du public, hétéroclite et curieuse. The Wicked Hex est quelque chose comme le dixième album du groupe (on ne compte plus), et aucune baisse d’intensité, aucune lassitude ne semble vouloir poindre. Ces musiciens, qui roulent leur bosse depuis leur ancien projet, Cerberus Shoal (dont je causerai prochainement), semblent entamer une nouvelle ronde possédée à chaque nouvelle chanson, comme des démons difformes au centre d’un tableau de Bosch, et l’inspiration les comble invariablement de ses grâces. Qui l’eut cru, qu’en ces poseuses années 2000 naîtrait un groupe vraiment en marge de tous courants et prolifique, qui raviverai une certaine intensité dont tant ont en vain cherché les cendres dans les "songwriters" indie nombrilistes et ennuyeux, un certain brasier dont les dernieres braises se comptent sur les doigts d’une main aujourd’hui (Evangelista, Oxbow, Baby Dee, la clique Current 93 ?). On a fini par retrouver la préciosité et l’élégance de Kate Bush chez Joanna Newsom, voici ceux qui en ont hérité de la folie et des visions hallucinées. Plus électrique que certains de leurs opus précédent (comme le diptyque Strange Maine), Wicked Hex les voit s’aventurer un territoire sauvage, porté par une basse saturée presque stoner et une guitare tremblante de ferveur, le tout avançant dans une nuée de sons fantômes à laquelle nous ne comprenons pas grand-chose, si ce n’est que c’est beau. L’inaugural Run, du haut de ses 8 minutes, semble une fuite en avant éperdue de quelques fous après l’apocalypse, bien vivants mais rendus ivres par la faim. I Will Love You est un simulacre de vie, une transe roborative, où les premières incantations aigues de la chanteuse se font entendre, avant la longue plainte des 3 derniers titres… La fin du monde qui précède ces fresques d’un autre monde a visiblement laissé son lot de spectres, soufflant à l’unisson le vent de leurs âmes en perte… Et chacun cherche un proche dans ces décombres.

note       Publiée le dimanche 26 février 2012

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commentaires

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henan Envoyez un message privé àhenan

"Run" est folle!!!

MaxwellsDemon Envoyez un message privé àMaxwellsDemon

bien aquarium

Note donnée au disque :