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Yo La Tengo › President Yo La Tengo

cd | 7 titres | 30:43 min

  • 1 Barnaby, Hardly Working [4:28]
  • 2 Drug Test [4:02]
  • 3 The Evil That Men Do (Craig’s Version) [2:37]
  • 4 Orange Song [3:20]
  • 5 Alyda [3:34]
  • 6 The Evil That Men Do (Pablo’s Version) [10:30]
  • 7 I Threw It All Away [2:12]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par James McMillan aux studios Water Music, sauf 4 et 6, enregistrés au CBGB et mixés aux studios Water Music. Produit par Jim Holder, Georgia Hubley et Ira Kaplan.

line up

Gene Holder (basse sur 1, 2, 3 et 5, guitare sur 3), Georgia Hubley (batterie, chœurs), Ira Kaplan (voix, guitare), Stephen Wichnewski (basse sur 4, 6 et 7), John Baumgartner (accordéon sur 7)

remarques

L’édition CD Matador de 1996 est couplée – sur un seul disque – avec l’album précédent, New Wave Hot Dogs. Les deux albums ne sont pas disponibles séparément qu’en éditions vinyles et K7 d’origine. Le titre The Asparagus Song, en bonus du même CD, est tiré du 7’’ The Asparagus Song/For The Turnstiles, paru en 1987 sur Coyote Records.

chronique

Styles
folk
pop
rock
rock alternatif
indie rock
noise rock
Styles personnels
troisième tour

C’est là qu’ils se libèrent, nettement, pour de bon. Que s’expriment tous leurs sucs en capillarités, qui imbibent les formes qu’ils auront déployé. L’insolente facilité point – et afflue même à chaque instant – qu’ils ne perdront plus guère : à tutoyer tous les genres qui leur feront fantaisie, à sauter de l’un à l’autre sans qu’on les ait vu venir ; à les mêler si subtilement qu’on se demande alors comment ils existaient, avant. Cette nouvelle version de The Evil That Men Do, par exemple… Est-ce vraiment la même chanson qu’ils carillonnaient doucement sur Ride The Tiger, dans une lumière franche de plein après-midi ? La voici maintenant toute d’arpèges mineurs aux réverbérations luisantes ; en twang surf séduisant, presque menaçant dans l’élasticité de ses notes vibrées. Prometteuse et mystérieuse, crépuscule chaud et attirant… Et ce n’est pas, pour celle-ci, l’ultime mutation. Nous y reviendrons vite… Et là, c’est bien Ira ? Qui accroche sa voix à la ligne de chant, dérape de justesse tout au bord du ton. C’est une Chanson Orange, jouée ici en concert. Il y avait bien ces quelques salves, sur le premier album, ces accès de pied au plancher et cette tentation à quoi plus souvent ils cédaient, sur le suivant… Mais là, un, deux, trois ! Nous y voilà en plein. C’est la course électrique, on emporte l’assistance ! Jubile, jubilant, jubilé qu’on ne fait pas aux cloisons des studios ! La plage suivante n’est que délicatesse, timbres sophistiqués, première vraie ballade qui soit de leur manière. Une mélancolie presque euphorique, légère mais pas futile, qui boucle les motifs comme ça court sous la peau. Georgia pose sa voix, en chœur, en harmonie, à sa manière de fille qu’on aimerait bien connaître. Ça se tient encore une fois dans la chaleur du jour qui tombe… Mais revoilà Le Mal Que Font les Hommes. Et… Mais ! Qu’est ce que c’est que cet éboulis ! D’où ça explose et d’où ça gicle ! La voilà toute béante, la chanson, toute ouverte et débordante. La guitare d’Ira semble agitée de sa vie propre ; elle balance des ondes à l’ampli, en pleine face, à pleine membranes – des phéromones de circuits imprimés ! Il lui répond, l’excité ! Il enfle ses vagues, il siffle, il éclabousse autours. Pendant dix minutes, ça retombe à peine. Boucan joué tout cambré, pur plaisir d’explosion qui se prolonge en écho, souffle sur ses foyers, vomit des étincelles. Le plus beau est qu’il n’y a rien là-dedans qui tienne de la pose de voyou, d’une intention surjouée d’infliger le dommage. Seulement de la musique - qui sort en flot vivace, qui emporte le barrage et dénoue l’émotion. Elle la lance en paquets fous qu’on reçoit en lots de charmes. I Through It All Away, nous disent ils ensuite, les sautes apaisés. J’ai tout jeté au loin. Est-ce une explication ? C’est une chanson de Dylan qui leur passait par là. Et curieusement, après la secousse, elle tombe juste où il fallait. Où ils voulaient. A l’heure où l’on ne se soucie guère qu’elle soit ou non méconnaissable. Voilà Yo La Tengo qui est sorti de sa gangue. Complètement, et les voici partis. Voilà qu’on sait ce qui frémit sous les silhouettes ordinaires.

note       Publiée le dimanche 19 février 2012

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Alfred le Pingouin › lundi 3 août 2015 - 14:55  message privé !

Ouais, je pensais à la chanson orange aussi. Je me refais le bestiau aujourd'hui, sacrément maîtrisé, bien granuleux dans le son en plus.

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Dioneo › lundi 3 août 2015 - 00:42  message privé !
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Eh eh... Tu t'es pris la version Pablo du Mal Que Font Les Hommes dans les dents ?

Alfred le Pingouin › lundi 3 août 2015 - 00:22  message privé !

OK! OK! Ok! C'est bon j'insulterai plus ta mère!!!

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Dioneo › dimanche 19 février 2012 - 14:58  message privé !
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Je dirais pas exactement ça (pour Fakebook par rapport aux premiers ni pour le total-sans-faute à partir de Painful... J'ai nettement mes préférés parmi ceux-là et d'autres qui ne m'accrochent pas tant).

Mais bon, de toute façon, je tache d'en causer plus en détail assez vite, là.

(Et par contre ouais, Popular Songs, plus je l'écoute, moins je me trouve de raisons... De pas le réécouter encore et puis encore).

Seijitsu › dimanche 19 février 2012 - 14:00  message privé !

Fakebook a l'air très chouette dans son genre, peut être même que je le préfère aux premiers albums. May I Sing je ne le connais pas encore par contre, mais à partir de Painfull, il va s'en dire que c'est le sans faute et ça dure encore aujourd'hui (leur dernier album est un des meilleurs disques de l'année 2009 en ce qui me concerne).

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