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Macronympha › Intensive Care

cd • 4 titres • 72:11 min

  • 1Fucking My Nurse In The Dark (After She Gives Me The Morphine Shot)23:37
  • 2Flesh-Eating Bacteria23:37
  • 3Polygamic Cyst10:52
  • 4Ruptured Spleen14:05

enregistrement

Enregistré au Red Zone Studio, Pittsburgh, Pennsylvania

line up

Joseph Roemer, Tim Oliveira

Musiciens additionnels : A. Brentnall, Kazuhiro Matsuyama, Rodger Stella

remarques

chronique

La systématisation en marche. L’homme de Muybridge courait à en perdre haleine, d’ailleurs l’intérieur de sa bouche sentait comme une odeur perdue de lévrier affamé, et ses lèvres se perçaient en fin de course et laissaient finalement s’écouler de petits torrents de sang. Je n’aimais pas cela, mais il fallait bien que quelqu’un se penche pour récolter le liquide à même la source. Je buvais toute ma soif, j’étanchais celle des autres, car j’étais altruiste à l’occasion. L’homme montait les marches inlassablement. Je tentais désespérément de l’imiter. J’avais acheté un survêtement gris et je m’entraînais deux fois par semaine dans les Escalators des grands magasins. Les vigiles, furieux, lâchaient sur moi leurs molosses. Mais, moi, je n’aimais que les lévriers. Les mulots me faisaient bien bander, également. Ils sont rares, en ville, voilà le problème. Trop de tourmente pour eux. J’aime la systémisation, la micro-fascisation des corps et des âmes ; tout cela me fascine. L’odeur, également, lorsqu’elle se fait inévitablement suffocante. La queue dans un grand magasin. Un Scato-Doryphore-Fécal hurlant dans un couloir de métro. Un Tunnel. La vie est sexuelle. Ouvertement. La vie est fécale. Ecartée. Entre les cuisses adipeuses de la vie suinte une chiasse liquide, aussi claire que l’urine, aux relents connus de sanie et de foutre maniaque, elle vient abreuver les troupeaux contaminés. Gorgées, gargarisées, gavées, les pauvres bêtes (prononcer «bééétes») sont devenues des Scato-Doryphores plus que Fécaux : Humains. Aux relents de trique. Le cul dressé, bien présenté, offert, comme un présent inespéré. Comme un sentiment bien pressé, bien pesé (emballé, c’est pesé !). Entre mes cuisses. Et vlan ! Je fustige à tout va. Les coups pleuvent sur les parties les plus visibles, mais en réalité, c’est bien son âme pure que je punis. La garce. Rectum Fuehrer : la Grande Catin, La Fécale, l’antre des Scato-Doryphores. La queue du grand magasin qui n’en finit pas de percer l’hymen de la caisse. Rhhaaa ! C’est le râle d’une caissière en chaleur. Bon sang, comme j’aime ce déchirement. La salope arrache son déguisement grotesque, monte sur le tapis roulant, se tortille dans un mouvement lascif et pitoyable, mais elle n’arrachera aucune érection ce soir. Mauvais soir. Elle se caresse, pourquoi pas ? Mais cachez donc ce sein tout rongé par le cancer, que je ne saurais voir. La chérie, quand elle presse son mamelon, ce n’est plus du lait qui en sort. On dirait du chocolat, même si le fameux liquide fumant a un goût de mort (prononcer «môôôrth»). Je fustige donc son sein comme un forcené, faisant gicler la marée brune, répandant la mort dans ce magasin où seuls quelques lévriers sévissaient avant ma venue (ils y chassaient en effet le mulot et le rat de villes). La magasin est un terrain de chasse, d’attente. Je m’y terre, guettant patiemment ma proie : une caissière toute malade de cancer Scato-Social. Et vlan ! Prend ça dans le mental. Que peut Rectum Fuehrer contre la Résistance Fécale ? Je suis bien, moi, l’aréalite fécale, la seule (prononcer «seûlhe»). Les faits, rien que les faits. Entendu. J’étais planqué derrière une colonne de béton quand elle apparut : blouse blanche tâchée de chocolat à hauteur de la poitrine, collants transparents, chaussures à gros talons, cheveux en chignon ou choucroute, je ne me souviens plus, maquillage très noir sur les cils, rouge à lèvres discret (rose un peu brillant, tout de même). Une démarche sûre, un déhanchement de femme fatale. Dommage, tout ce gâchis (elle s'est retrouvée malgré elle caissière dans un grand magasin pour pauvres). Alors je bondis, je surgis du néant (prononcer «niianth»), le bras armé d’une fécalité éclatante, et je fustige, je fustige, bon sang, je fustige comme si je n’existais pas. Il ne reste plus tellement de Scato-Doryphores sur mon territoire, en définitive.

note       Publiée le samedi 11 février 2012

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taliesin › lundi 13 février 2012 - 11:29  message privé !

Hormis quelques exceptions (Stimbox, T.E.F.,...), je ne suis pas trop fan de noise américaine...

Note donnée au disque :