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Calva Y Nada › Días Felizes

cd | 14 titres | 50:00 min

  • Oberkörper
  • 1 Die Reise
  • 2 Sturz
  • 3 Sigueme
  • 4 Yak
  • 5 Rascheln
  • 6 El Combate
  • Unterlieb
  • 7 Días Felizes
  • 8 La Visita
  • 9 Sin Tardanza
  • 10 Inferno
  • 11 Es Ist Vorbei
  • 12 Abgesang
  • 13 Paradies!?
  • 14 Dralles Weib

extraits vidéo

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enregistrement

Tuc-Tuc Studios, Bochum.

line up

Constantin Warter/Breñal, OLIvetti, Tessi

chronique

Il y a des groupes, comme ça... on ne sait pas "pourquoi" ils existent. On sait juste "que", et on s'en réjouit : l'EBM bossue des méconnus Calva Y Nada n'est pas faite pour tous les gourmets, mais il faut en parler. Le patronyme prévient d'emblée : le rythme est chauve. Et comme pastiche au teint pisseux, s'y greffent des synthétiseurs discount. Des synthés dont les sonorités ne renvoient pas au moindre univers futuriste ou mélancolique, ni même polaire, mais à un décor façon Germinal, avec un casting de pulls sales sans coloris académique. Des éructations gothiques ursidées, des mélodies basiques mais... autres (faute de mieux), des instrumentaux gluants, charriant comme une odeur de rognon mentale dans la kitchenette intra-crânienne du gourmet goth, provoquant des visions de sodomie en appui sur des établis décorés de calendriers de l'avent périmés dérobés à une marmaille dont la croissance aura pris fin in situ à coups de rabot : inutile de vous dire qu'on a pu entendre bien plus commun et soyeux dans le genre. Calva Y Nada est boche, mais anticipant à sa façon - ultra-underground - les guignols de 666 (le groupe technodiscount des 90's, oui), il se capuchonne volontiers en baragouinant le langage des buveurs de sangria... un exotisme toc, mais vicieux. Né à la fin des années 80, le son de Calva avait dix ans de retard à l'époque, mais Calva ne semblait pas s'en soucier. La chose la plus importante à retenir dans cette présentation de proxo, c'est surtout que Calva - et cet album, avant ceux d'après puisqu'il s'agit du premier, mais pas plus que les suivants - est ADDICTIF... cela tient avant tout à un ressenti pur, profond, limite pancréatique : si vous aimez Das Ich et Laibach, si Front 242 sonne trop élégant à vos oreilles, si le générique de Terminator 1 fût pour vous une révélation divine, si Liaisons Dangereuses ne renvoie pas à Choderlos de Laclos dans votre esprit, si les peintures d'Otto Dix sont poésie à vos yeux, si le viandox est le seul messie de votre eau de cuisson, Calva Y Nada vous est dédié. "Que musique" ? "Substance avant tout", aurais-je envie de rétorquer, voire mieux : fluide métaphysique. Le jour où vous êtes tombé dans la cour de récré en vous râpant le genou, et que le petit porcelet humain aux joues roses et aux cheveu gras qui vous a bousculé a souri de toutes ses gencives, c'était du Calva Y Nada. Le jour où la croûte sur votre genou a séché et que vous l'avez mangée en cachette dans les vestiaires, c'était encore plus du Calva Y Nada. Vous avez eu une érection devant des photos de Brigitte Nielsen : il y a du Calva Y Nada dans votre ADN. Déjà rêvé de vacances à Niort ? Calva Y Nada, again. J'en aurais encore tout plein en stock, mais je crois que vous avez à peu près pigé de quoi Dias Felizes est fait, même si tout ça n'est "que" de l'EBM avec pas mal de passages purement instrumentaux, et que les structures sont toutes nettes. Oui, il faut être un peu sale, un peu moche de en-dedans, un peu cagneux du goût musical et un peu velu du tympan, pour bien piger ce qu'est Calva Y Nada : le feeling Calva, ce qui veut dire chauve, et élégiaque, un peu comme un gland décalotté serti de sa couronne de fromage au petit matin, une laideur brute et grise, un ciboulot sans matière de même teinte et un mauvais goût plus toxique que du vieux Peter Jackson, dans le costume d'une EBM de ripou. Une forme de beauté malsaine et magnétique, cette laideur aux airs de domination farouche, la laideur magnifique de l'infirme triomphant, érigée fièrement comme l'on brandirait son moignon violacé devant la plus inaccessible des femmes. Sur un morceau comme "Rascheln" - tube puisqu'il en faut un - on atteint un niveau de toxicité que je qualifierais de tchétchène, tandis que les instrumentaux joués à deux doigts sur ces claviers trop vieux et moisis mais s'en moquant comme de leur premier fa dièse laissent à penser que si la consanguinité et le handicap résultant était seuls en cause les choses seraient plus simples à quadriller... c'est de la kitscherie, c'est rigolo, c'est débile, c'est primaire, oui, oui oui et oui, mais pas que, et nos lecteurs les plus corbeaux de plumage sentiront immédiatement des vibrations exquises leur remonter dans le dos. Et puis quand des bouts de folklore et de Speedy Gonzales passés au prisme de ces tarés goths viennent s'en mêler, on se sent un peu tout chose, hésitant entre le fou rire et la tétanie... ah-yyyyy... ah-yyyyy... ah-yyyyy... Calva Y Nada, en vérité et tout comme Limbo, Trisomie 21 ou Borghesia, est une de ces créatures uniques et incomparables de l'underground electro-indus-goth, passées cultes mais en réalité aussi fréquentées que les manèges de Prypiat, ces entités dont le charisme improbable et le pouvoir contaminant étaient souvent si maouss qu'on a fini par les oublier... probablement pour s'en protéger.

note       Publiée le jeudi 9 février 2012

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Raven › jeudi 22 novembre 2012 - 11:30  message privé !
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@Darkstar : les autres Calva sont prévus...

cyberghost › mercredi 21 novembre 2012 - 18:52  message privé !

¡Palpita Corazon, Palpita!

Note donnée au disque :       
Darkstar Seven › mercredi 21 novembre 2012 - 13:55  message privé !
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Tiens, je n'avais pas vu cette chro (ou je ne m'en souvenais pas). Les fondamentaux sont là. A quand la chro de l'album qui contient "fernes leid" ? je ne me souviens plus du nom dudit album ("fernes leid" passe encore en soirée par chez nous)

Wotzenknecht › dimanche 12 février 2012 - 01:14  message privé !

Jamais écouté ce truc

Dioneo › samedi 11 février 2012 - 14:15  message privé !
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OK ! De mon côté, la question était sans arrière-pensée, autant que la remarque sans véritable malice - c'est seulement que les réactions sur une base d'orthographe défaillante donnent souvent lieu à des batailles interminables sur le mode "ouais mais t'as vu, toi-même, là, t'as fé une fôte"... Au point que ça tourne facilement au gag ! Rien de méchant donc...

Pour ce qui est de l'a double-chro... Le truc c'est que je suis pas sur que quelqu'un d'autre se sente de s'y attaquer avec un point de vue radicalement différent... Wotz ? Saïmone ? Hum... Aucune idée, en fait.