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The Legendary Pink Dots › Plutonium Blonde

  • 2008 • Roir RUSCD 8305 • 1 CD

cd • 10 titres • 55:50 min

  • 1Torchsong7:08
  • 2Rainbows Too ? 9:32
  • 3A World WIth No Mirrors5:18
  • 4My First Zonee3:59
  • 5Faded Photograph4:29
  • 6An Arm And A Leg6:42
  • 7Mailman2:23
  • 8Oceans Blue7:48
  • 9Savanah Red1:49
  • 10Cubic Caesar6:32

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et mixé au Studio Klaverland, 2007-2008, par Raymond de Steeg. Produit par Raymond de Steeg et The Legendary Pink Dots

line up

Martijn De Kleer (guitares électrique et acoustique, bass fuzzée, banjo, percussions exotiques), Edward Ka-spel (voix, claviers, machines), The Silverman (synthétiseurs, claviers, machines), Niels Van Hoorn (saxophones, flute, flute basse, clarinette basse)

remarques

"Turn out the lights and you’ll see the stars."

chronique

Styles
ambient
chanson
folk
pop
psychédélique
Styles personnels
do androids dream of sheep on drugs ?

Les revoici à leur plus disparate, leur plus ouvertement psychédélique ; s'absorbant en des pièces aux formes ouvertes, y jouant du bruit et des à-plats ; de couleurs psychotropes, chimiques, hypnotiques ; où l’étale, à l'impromptu, frissonne en ridules qui nous trébuchent, tout à coup minuscules au beau milieu du mix. Avec ce saxophone dont le pavillon s’éclaire chaque fois qu’il souffle, le type au crâne rasé avec sa chemise à pièges optiques. Aux fausses ritournelles vraiment électroniques, où l’on ne sait pas si la voix est lasse ou bien fervente, presque à bout ou bien en phase aigüe d’ascension. Avec à l’orée des refrain cette faille aux temps de la mesure qui nous plonge dans l’amniotique d’une perception soudain changée. Plus loin le regard, plus perçante la vue ; qui sonde plus profond ; mais cependant réduit, le champs, quand aux limites latérales. Et revient le couplet – et la chanson bientôt striée, cette guitare en points de feu qui trace des courbes à nos persistances rétiniennes. "Parfois je saisis un contour…" nous dit Edward. Et le Pink Dots ne sont jamais aussi touchants, jamais plus intimement captivants qu’à ces moments, que sur ces disques sans fil apparent, où le tâtonnement inquiet semble le seul motif ; tenace et multiple, fertile et porteur d’ombres. C’est à leurs heures les plus joueuses – quand ils énoncent leurs plus naïves mélodies, déguisent en rimes de garderies leurs aphorismes mystérieux pousseurs de sens en cascades – qu’on devine le mieux leur gravité native ; inquiets, habités, tenaillés par la peur de ne pas vivre assez juste. Délestés comme ici de la léthargie d’angoisse qui, ailleurs, paralyse. Mais en retour, fébriles sous l'étoffe flottante, derrière les verres opaques et le sourire affable. Frémissant à l’idée des liens fragiles et innombrables qui nous tiennent - d’amour, d’affections, de désir, d’aspirations - au monde, aux vies autour qui vibrent et souffrent et veulent aussi. Jamais plus humains et proches – parce que les jeux de paradoxe, l’énigme, sont pour Ka-Spell et ses complices des terres naturelles – que lorsqu’ils se glissent dans ces genres où le risque menace, à chaque tournant, de tomber dans le faux, d'avoir été tant parcourus, souvent si mal famés, au dessous de leurs exigences : science-fiction, fantastique, fresques fantasmagoriques, allégories aux mécaniques. Ces décors-ci, au vrai - aluminium bruni par les fumées, néons fluorescents, vapeurs rouges en nuées qui nimbent le ciel de la cité - les logent à merveille, font ressortir par contraste l’exquise délicatesse de leur sensibilité, la pureté de leur sens mélodique, la plasticité du verbe aux milles périodes qui ne tarissent pas. Et puis, en l'espèce, cet album est défoncé. Totalement, profondément, d’un bout à l’autre autant qu'à chaque recoin. Méandres et volutes, court-circuits et dilatations dans ses transports, les voies, la marque qu’il imprime au temps qu’on lui consacre ; les perspectives et les distances que tracent son écoute. Et c'est cette charge, aussi, qui le rend si prenant, intrigant et léger jusque dans ses énoncés les plus inquiétants, ses récits de failles quotidiennes et de vouloirs insaisissables. Parce que qu’Ocean Blue, voyez-vous... avec ses bruits portuaires à moitié étouffés… Et ailleurs, cette métaphore séduisante et grotesque, repoussante et raffinée – saurez-vous la saisir, cette huître qui est VOUS ? – nous plongerait-elle, sortie d'autres bouches, autrement peintes, dans cet état de contemplation attentive, détachée, presque euphorique ? Et quid de ces Autre Bras et Autre Jambe, altérités qu'on fréquente en proches et que pourtant l'on cache, qui voudrait s’emparer de nos pas, de nos étreintes, au détours d’un défaut d'attention, d’un instant de fatigue, d’une fantaisie mal inspirée ? … Et l’ironie – ô renversement – qui se fait amicale pour conter la fausse magie, le sortilège creux de nos machines communicantes qui croient désamorcer l’ennui... Ce disque, disais-je, ne file aucun concept, n’explore pas comme d’autres tous les recoins d’un univers décliné en scénettes dans toutes ses arcanes. On y perd d’abord pied - comme toujours, oui, chez eux, mais sans cette fois sentir qu'il y ait un point de chute. Puis on en détoure les phases, les alternances de comptines pop et de longs passages en fluides aux cours déliquescents. On s'habitue, on ne se méfie plus. Et c’est comme ça qu’il nous submerge. Qu’un soir de relâchement, il déborde nos digues. Que son entendement déphasé, déréglé, se fond avec le notre, aiguise nos attentions qu'il infléchit à peine : pour le silence, les brouhahas où nous nous jetterons ensuite. Hors de lui, nous n’y penserons plus. Mais nous y retournerons sans savoir trop comment. Souvent, longuement, sans jamais l'interrompre. Pour que la Blonde Plutone touche encore notre épaule.

note       Publiée le samedi 28 janvier 2012

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Dioneo › dimanche 14 février 2016 - 17:42  message privé !  Dioneo est en ligne !
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Et je retourne à celui-là, dans la foulée (enchaîné juste derrière All the King's Men)... Voilà, me rev'là en plein trip Alice in Wonderment. (Il est vraiment chargé celui-là... Et ben tant-mieux, allez).

Dioneo › mercredi 9 janvier 2013 - 13:08  message privé !  Dioneo est en ligne !
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(Défaillante... A ton âge...)

Wotzenknecht › mercredi 9 janvier 2013 - 08:40  message privé !
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(C'était de mémoire...)

Note donnée au disque :       
Dioneo › mercredi 9 janvier 2013 - 01:16  message privé !  Dioneo est en ligne !
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TIME to fly...

Wotzenknecht › mardi 8 janvier 2013 - 20:27  message privé !
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Learn to flyyyyyy

Note donnée au disque :