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Syndromeda › The Rise of the Darkness

  • 2011 - SynGate, SynGate CD-R SS11 (1 cd)

cd | 8 titres | 69:35 min

  • 1 Time Traveller [ 8:18]
  • 2 CFG 3205 [ 8:00]
  • 3 Botox [ 10:47]
  • 4 Premonition [ 13:38]
  • 5 What [ 6:36]
  • 6 Relations [ 5:09]
  • 7 And Dark It Shall Be [ 10:23]
  • 8 The Bright Side of the Moon (with Papajeahja) [ 6:44]

line up

Danny Budts (Synthétiseurs Roland, Claviers, séquenceurs, percussions, percussions électroniques et FX)

remarques

Pour en savoir plus sur Syndromeda et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://syndromeda.be/

chronique

Une sinueuse ligne de synthé aux tonalités extraterrestres serpente de fines et limpides séquences tambourinées. Elle libère une nuée de ramifications et de menaçantes réverbérations sur le rythme flottant "Time Traveller" qui s’engouffre dans un dôme truffé de polymorphiques couches de synthé. De courts solos émergent. Ils flottent et s’enlacent sur ce rythme stationnaire dont les cristallines pulsations minimalistes stagnent dans une lourde ambiance stigmatisée par une invasion de lignes et solos de synthé aux arômes autant spectraux que lunaire. C’est dans cette ambiance sombre et implosive que se déroule The Rise of the Darkness. Ce dernier opus de Syndromeda respecte la signature du synthésiste Belge avec une musique cosmique aux structures progressives et complexes. Danny Budts tisse un album sombre et expérimental moulé dans les empreintes du Berlin School des années 70, avec quelques fines approches mélodieuses. L’intro de "CFG 3205" s’éveille avec une longiligne onde de synthé torsadée. Parfumée d’une musicalité très près des terroirs planants de Klaus Schulze, elle converge vers des pulsations glauques dont les sautillements attisent des chœurs errant. Et c’est dans une ambiance tétanisée par de caustiques souffles de synthé que le rythme de "CFG 3205" s’active. Il palpite finement, échappant une ligne rythmique plus mélodieuse qui galope sous les souffles, chœurs et solos flottants d’un synthé aux ondes irisées du parfum de Picture Music. Émergeant d’entre de bouillonnantes larves cosmiques, "Botox" est plus tempétueux. Des séquences lourdes et résonnantes sautillent et zigzaguent, forgeant un rythme dont les oscillations sont gobées par les riffs secs et hachurés d’un synthé qui infuse aussi de suaves solos sifflotés. Le rythme permute subtilement, passant de ondulant à dandinant et à ambiant dans un tourbillon de séquences qui coulent et déboulent sur convoyeur à rouleaux libre mal ajusté. On croirait entendre Chris Franke. "Premonition" est l’un des points forts de The Rise of the Darkness et un beau vestige d’une MÉ progressive des années 70. L’intro étale un climat de paranoïa auditive avec des faisceaux de synthé menaçants qui pivotent et scrutent un sombre horizon musical où les souffles des chœurs errants se perdent dans les noirs murmures de voix d’outre-monde. Ce lent magma de larves sonores est secoué par des séquences nerveuses qui malmènent la noire oisiveté et instaurent un rythme croissant avec des frappes tambourinées et entrecroisées. Après un bref passage ambiant le rythme reprend sa lente procession flottante sous de virulents solos dont les courbes éclatent d’une stridente sonorité de guitare. C’est un très beau morceau qui mérite la prise des oreilles encoquillées. "What" détonne de cette ambiance chtonienne avec un envoûtant carrousel d’arpèges miroitant qui tourne dans les susurrements de chœurs poétiques. Une ligne de basse émerge et structure une fine approche serpentine que de longilignes et filamenteux solos de synthé ornent d’une belle et scintillante approche méditative. Enveloppée d’une aura empreinte de mysticisme, "Relations" tournoie et flotte dans une divine ambiance éthérée. De fines séquences émergent. Elles sont limpides et palpitent avec innocence dans une faune sonore garnie de chœurs flottants et de sonorité hétéroclites. Elles tracent une spirale ambiante dont les rotations, tantôt lentes et tantôt plus vivantes, sont imbibées par de fins solos d’un synthé aux couleurs de rossignols. ''And Dark It Shall Be'' est un autre point fort de The Rise of the Darkness. L’intro dégage un souffle de synthé qui soupire parmi les pulsations et les vrombissements d’une machinerie abyssale. Une ligne de synthé se libère. Elle flotte et ondule paresseusement vers les lugubres tam-tams d’une tribu d’elfes extraterrestres. Le rythme est hypnotique, les chœurs magnétiques et leur union se consume dans de lourds bourdonnements ainsi que dans les crissements métalliques de stries machiavéliques qui surplombent le rythme lourd et lent de ce titre aussi noir que les confins des espaces intersidéraux. C’est superbe et intrigant. Il s’y cache un étrange envoûtement qui peut provenir des tam-tams, des chœurs chtoniens, des ondes réverbérantes ou des lignes de synthé qui chantent et susurrent une étrange mélodie méphistophélique. The Rise of the Darkness se conclût dans les oniriques vapeurs et ondes méditatives de ''The Bright Side of the Moon''. Comme son titre l’indique, nous avons droit à une musique plus éthérée et moins sombre où la voix enchanteresse de Papajeahja coule comme un ruisseau de sérénité sous de fines séquences aux délicates oscillations et de savoureux solos déchirants. Un rythme dont la lente procession charismatique foule des percussions tribales endiablées, amenant ''The Bright Side of the Moon'' vers un solide tempo frénétique où les solos de synthé hurlent dans de subtils et géniaux arrangements orchestraux. Tissé dans les complexités inhérentes aux ténébreuses œuvres du synthésiste Belge, The Rise of the Darkness est un très bel album qui commande quelques écoutes afin de bien l’apprivoiser. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il faille bûcher pour l’aimer. Bien au contraire! Entre ses rythmes flottants et évolutifs, ses ambiances tant chtoniennes que cosmiques et des synthés aux sonorités aussi caustiques qu’oniriques nourris de solos aussi incisifs que méditatifs The Rise of the Darkness offre une riche diversité musicale qui laisse ses traces aux premières écoutes. Sauf que lorsque l’on s’assoit avec des écouteurs sur les oreilles et le regard fixant un vide comblé par des rythmes et ambiances venant de lointaines galaxies on déguste toute la profondeur de cet étonnant album de Syndromeda.

note       Publiée le vendredi 2 décembre 2011

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