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Can Atilla › Live

cd | 10 titres | 63:57 min

  • 1 Torchlight [ 5:55]
  • 2 Arpeggiator [ 5:24]
  • 3 Underwater Moonlight [ 2:37]
  • 4 Dark Velvet [ 4:15]
  • 5 Whiteout [ 14:53]
  • 6 Marco Polo [ 6:00]
  • 7 Winterland [ 5:36]
  • 8 Dream Recorder [ 6:26]
  • 9 Abyss [ 4:08]
  • 10 Leonardo [ 8:43]

enregistrement

Enregistré au Ankara International Music Festival le 22 mai 2002

line up

Can Atilla (Synthé, séquenceur, piano, percussions et FX)

Musiciens additionnels : Murat Yucel (Guitares)

remarques

Pour en savoir plus sur Can Atilla et entendre des échantillons sonores, visitez son site web (site Turc): http://www.canatilla.net/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin school

Live de Can Atilla est l’un des premiers CD de MÉ que j’ai chroniqué. C’était en 2003 et je m’avais investi du mandat de faire connaître le fascinant monde musical de la MÉ à mon entourage. Cette œuvre m’avait beaucoup attiré, tant par la très grande versatilité des rythmes que par ses structures endiablées où de belles et captivantes mélodies irradiaient nos oreilles sur des compositions qui s’apparentaient à celles de Tangerine Dream, Jean Michel Jarre et Vangelis; des artistes qui sont au cœur des influences du multi-instrumentaliste Turc. Donc voici une de mes premières chroniques réécrite adaptée à mon écriture actuelle. "Torchlight" ouvre en grande pompe ce Live de Can Atilla. Une onde de synthé s’élève et emprunte une tangente légèrement dramatique alors que des percussions aux sonorités de brume s’abattent pour dresser une approche introductive similaire à l’album Docklands de Jean Michel Jarre. Stimulée par ses bombardements de batteries et des lourds riffs de synthé qui s’y jumellent, l’intro progresse vers une belle séquence fluide qui ondule finement sous de flottantes couches de mellotron, d’étranges lamentations tribales, des soupirs murmurant ‘’Enter’’ (Oldfield dans The Songs of Distant World) et d’hybrides souffles de synthé. Bref, tout un cocktail sonore avant que le rythme ne devienne endiablé avec des séquences furieuses sautillant d’une rythmique désarticulée qui traversent une ligne de combat spatiale pour rencontrer les solos d’une guitare déchaînée à la Zlatko Perica et s’arrimer à des percussions pulsatrices, forgeant un rythme qui explose entre du techno et du synth-pop avec d’assommants boom-boom et de virevoltants tssit-tssit. Les ondes de synthé à la Jarre scrutent encore l’horizon, faisant le pont entre "Torchlight" et "Arpeggiator" qui est sculpté dans les mouvements ondulatoires d’une ligne séquentielle et tabassé par des frappes de percussions qui forgent un tempo saccadé. D’autres frappes et séquences incisives se greffent à cette ossature rythmique, pilonnant un rythme sec et nerveux avec une fine tangente ascendante sur des riffs et accords de claviers qui ne sont pas sans rappeler l’univers du Dream. C’est violent, sec et mélodieux. Les vagues célestes de "Underwater Moonlight" s’entrecroisent sous de tonitruants faisceaux sonores pour s’échouer dans le rythme explosif de "Dark Velvet" dont l’approche rythmique stroboscopique, qui s’apparente un peu à "Arpeggiator", transpire l’univers musical de Jarre. Surtout avec les solos et les désormais claquements de main tirés des Chants Magnétiques. La douce intro de "Whiteout" calme un peu le jeu. Ce long titre de 15 minutes est le point saillant de Live. Mais le rythme reprend de plus belle avec des solides percussions pulsatoires qui dressent une structure rythmique enlevante et énergique dont les séquences hyperactives et entrecroisées ainsi que les accords de clavier sont extirpés des réminiscences des années 220 Volts de Tangerine Dream, avec des incursions dans des sphères plus lointaines du Dream, notamment avec un très beau synthé flûté des années Startosfear. Rythmes débridés et ambiances éthérées se partagent l’indécision et les paradoxes de "Whiteout" dans un superbe canevas musical où les séquences sont moulés dans le savoir de Franke et les harmonies méditatives réveillent les cendres d’Underwater Sunlight. C’est très bon et beau, au point où on se demande si ce n’est pas un titre oublié dans le Dream Roots Collection. "Marco Polo" nous présente l’approche hyper mélodieuse et orchestrale de Can Atilla. C’est une superbe mélodie qui s’exprime dans un succulent boléro électronique qui n’a rien en envier aux plus belles aubades symphoniques de Vangelis avec des chœurs Grégoriens, des roulements de tambours et des percussions plus lourdes qui roulent sous des poussières d’étoiles mis en place par un ruisselant lit de séquences. Les délicates envolées des violons caressent le doux crescendo qui s’empiffre de ses fins arpèges de cristal, sur dimensionnant l’aspect très émouvant de "Marco Polo" qui s’enfonce encore plus dans son ardent boléro électronique. "Winterland" se colle à la romance et mélancolie de "Marco Polo" avec un doux piano qui fait retentir ses notes dans des soupirs d’âmes. Une fine guitare se moule à ces notes qui sont également embrassées par un beau et tendre synthé dont les fins solos et les souffles symphoniques en stigmatisent la délicatesse. "Dream Recorder" est puissant et s’accote sur un rythme lourd mais lent avec de bonnes percussions dont les frappes se jumellent aux lourds riffs de clavier qui tombent avec fracas. Une belle mélodie se profile avec un piano à la Yanni. Ses notes enjouées gambadent sur une structure alourdie par l’ajout des riffs de guitares et des tumultueux solos de synthé aux courbes et aux élans sinueux. Flottant dans une atmosphère hybride où les fonds océaniques enchevêtrent les confins de l’espace, "Abyss" est un titre ambiant que des chœurs errants et des couches de synthé ignées habillent d’une intrigante aura chtonienne. On croirait assister à une apocalyptique Messe Noire, sauf que l’ambiance sordide s’amenuise pour introduire "Leonardo" dont l’intro nous plonge carrément dans les ambiances de 220 Volt. Des séquences ondulent et fusionnent dans un fin ruisselet d’arpèges cristallins, déboulant vers un rythme lourd et sec. Un rythme qui s’emballe et frétille nerveusement sous un amalgame de couches et nappes de synthé aussi mélodieuses que vivantes et dont les sonorités éveillent les souvenirs d’un Tangerine Dream et de ses multiples facettes musicales. C’est évident que j’ai aimé ce Live de Can Atilla, Je l’ai aimé à sa sortie et je l’aime encore aujourd’hui. C’est un album où percussions, séquences et riffs lourds, tant des claviers que des guitares, crachent des rythmes puissants et nerveux sur des structures où les mélodies inspirantes abondent. Live est un album où les influences de Tangerine Dream, Jean Michel Jarre et Vangelis se côtoient et fusionnent à merveille sans porter ombrage à la signature musicale du synthésiste Turc qui ne se gêne pas pour forger des rythmes encore plus lourds et endiablés tout en se gardant une porte ouverte pour deux superbes ballades et de beaux arrangements orchestraux. Bref un puissant album sans bavures qui méritent amplement une place dans votre discothèque.

note       Publiée le mardi 29 novembre 2011

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