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Synth.NL › Apollo

cd | 12 titres | 70:29 min

  • 1 LaunchPad [ 6:46]
  • 2 Apollo 7 [ 4:23]
  • 3 Staging [ 5:23]
  • 4 Apollo 8 [ 6:56]
  • 5 Orbit [ 8:23]
  • 6 Apollo 9 [ 6:16]
  • 7 Docking [ 6:56]
  • 8 Apollo 11 [ 5:46]
  • 9 EarthRise [ 4:33]
  • 10 Apollo 13 [ 5:19]
  • 11 ReEntry [ 5:00]
  • 12 SplashDown [ 4:57]

line up

Michel Van Osenbruggen (ARP 2600, Elka Synthex, Moog Minimoog, Moog Memorymoog, Moog Taurus III, Moog Voyager RME, Roland Jupiter 8, Roland System 100m, Roland SH-09, Roland SH-5, Roland V-Synth XT, Roland V-Synth GT, Roland GAIA, Korg Radias, Korg M3, Access Virus TI Polar, Nord Modular G2X, Waldorf Microwave 1, Arturia Origin,Anywhere Instruments Semtex XL, Alesis Andromeda A6, Eminent 310 Unique, Novation Ultranova et Acid Lab Miami Drum Machine)

remarques

Pour en savoir plus sur Synth. NL et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.synth.nl/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin school, synth cosmic pop

C’est dans une toile musicale fortement inspirée par Jean Michel Jarre, époque Rendez-Vous, que baigne les rythmes et atmosphères du 4ième opus en solo de Synth NL, exactement comme le Rendez-Vous de Jarre. Mais le légendaire synthésiste Français n’est pas la seule source d’inspiration qui a guidée Michel van Osenbruggen dans la réalisation d’Apollo. Né en 1969, soit la même année que Neil Armstrong soit devenu le premier être humain à fouler le sol lunaire, le synthésiste Hollandais a toujours entretenu de solides connections et de vives émotions vis-à-vis les missions d’Apollo et autres expéditions spatiales. Et c’est dans ce contexte que Synth. NL nous propose Apollo, un solide opus où voix narratrices historiques et effets sonores spatiaux envahissent les rythmes et atmosphères divergents qui entourent 12 titres aux fortes réminiscences de l’univers cosmique et rythmique de Rendez-Vous. Des grésillements et bruits cosmiques ouvrent l’ambiante introduction de "LaunchPad". Une sombre onde de synthé pulse et étend ses sonorités jusqu’aux pulsations ondulantes d’une ligne de basse, conduisant à des échantillonnages vocales qui décrivent une tragédie spatiale. Des ondes de synthé balaient l’ambiance, telles des phares giratoires éclairant les débris éclatant d’une couleur ignée, sous le poids des pulsations devenues plus menaçantes et insistantes. Et c’est sous le discours historique de Kennedy que "LaunchPad" décolle lentement d’un rythme incertain, jouqué sur ses lourdes pulsations et nappé de beaux solos torsadés qui déchirent les voiles circulaires d’un synthé aux mouvements musicaux cosmiques. Cette tendance rythmique un peu ambivalente nourrie la grande majorité des titres d’Apollo. Ainsi "Apollo 7" peine à décoller de son intro aux pulsations rondes qui font du surplace sur de belles nappes de synthé. Encore une fois des échantillonnages vocaux de ce qui semble être les pupitres de la NASA envahissent une belle structure rythmique qui éclot plus clairement avec de superbes percussions papillonnant en contresens sur un tempo planant. Et j’aime bien l’effet stéréo qu’elles projettent dans nos oreilles sur un mid-tempo légèrement groovy commande d’autres écoutes. Une belle ligne séquencée trace le parcours sphérique de "Staging". Le rythme s’installe. Il est franc et sec, mitraillé par des pulsations qui palpitent frénétiquement sur des belles couches de synthé avant de se mouler aux séquences introductives de l’intro et de danser sur un synthé dont les accords mélodieux s’échappent des solos houleux et des ondes cosmiques. "Apollo 8" ressemble à s’y méprendre à du Jarre. Le rythme est discret et langoureux, un peu comme les valses intersidérales d’Oxygene, et s’appui sur un délicat jeu de percussions dont les échos de bois sont ensevelis par des couches d’un synthé cosmique truffé de doux solos planants et spectraux. Un synthé aux tonalités de guitare dessine une fine approche teintée de mélancolie flottant parmi des vents et effets sonores cosmiques, alors qu’une fine ligne séquentielle stroboscopique ceinture d’une approche hachurée cette envoûtante dualité cosmique et sensuelle qui submerge "Apollo 8". C’est un très beau titre tout comme "Orbit" qui présente tout un cocktail musical aux antipodes d’une émotivité ambivalente avec une intense intro apocalyptique. Des percussions métalliques s’entrechoquent lourdement, des séquences voltigent frénétiquement et des cerceaux de synthé s’entrecroisent dans un tintamarre infernal, conduisant à une lourde implosion spatiale. Là où des chœurs célestes fredonnent des harmonies libératrices et des accords d’une guitare synthétisée flottent et structurent une suave ode à la sérénité. Le rythme s’émoustille vers la 4ième minute. Conservant son cachet mélodieux il ira en progressant, se dandinant doucement sur de bonnes percussions échoïques, de belles pulsations lourdes, et des riffs de synthé dont les accords légers flottent parmi de fins cercles hachurés et de superbes ondes de synthé aux sonorités d’orgues d’antan. C’est très beau et assez émouvant. Un peu dans le genre down-tempo fragmenté, "Apollo 9" est nourri de séquences rondes et pulsatrices ainsi que de claquements de mains et percussions échoïques qui perdent leur tempo dans de belles phases ambiantes et lunaires. Le synthé est lyrique et dessine de belles structures autant mélodieuses que planantes et des approches aussi célestes que mélodramatiques. "Docking" est une noire complainte cosmique où la solitude transpire l’inconfort sur un doux rythme un peu jazzy qui ondule lentement dans un beau bassin d’effets sonores galactiques. Nettement plus cadencé "Apollo 11" se déchaîne dans une approche rythmique plutôt synth-pop, à la limite technoïde. Le tempo est ceinturé par une ligne stroboscopique et nourrie d’échantillonnages vocaux alors que le synthé lance de mélodieuses couches morphiques sur des rythmes qui sont à la croisée des titres énergiques de Jarre et Element 4. C’est vivant, comme "ReEntry" qui est par contre plus lourd et sec et qui offre un beau solo de synthé. Avec son approche légère et mélancolique, "EarthRise" me fait penser à Snowflakes are Dancing interprété par Tomita. Les couches de synthé flottent, voltigent et s’entrecroisent dans un vent symétrique alors que de fines pulsations nourrissent un rythme lent et que de délicats arpèges isolés tracent une sombre mélodie. Les solos sont la pierre angulaire du lourd et langoureux "Apollo 13", de loin le titre qui accroche le plus vite dans Apollo. Le synthé y forge de belles mélodies qui s’échappent de ces solos tortueux alors que l’approche rythmique est structurée par des semonces de percussions franches et sèches. Il y a quelque chose d’intensément poétique et dramatique dans l’approche musicale de "SplashDown" qui clôture en beauté ce 4ième opus de Synth NL. C’est une autre belle ballade électronique qui sonne étrangement comme une chevauchée intersidérale. Entre l’univers de Jarre et Thierry Fervant, les séquences ondulent dans une statique sphère bourrée de résonnances, alors que le tempo fuit comme un cowboy fuyant une mythique horde de poussière. Je trouve ça génial et j’aime ce lent crescendo qui augmente sensiblement la cadence sous des solos aux réverbérations caustiques, épousant à merveille les résonnances qui bouffent les harmonies des séquences. Apollo est sans doute l’œuvre la plus complète de Synth NL. En s’appuyant toujours sur des structures à la fois complexes et mélodieuses, gisant parmi des rythmes et ambiances indécis, Synth NL réussit à tisser un univers musical où les paradoxes s’harmonisent avec le concept d’Apollo. Si j’ai un bémol c’est au niveau des échantillonnages vocaux qui prennent trop de place et agacent à la longue. Ça serait mieux à petite dose et sur 2 ou 3 titres, pas plus. Avec une telle sur utilisation. Synth NL noie un peu l’envie que l’on a de vouloir réentendre certaines pistes, je pense notamment au très beau "Apollo 8" et à "Apollo 9". Mais Apollo cache de très belles perles. "Apollo 8", "Orbit", "EarthRise", "Apollo 13" et "SplashDown" deviendront des classiques du répertoire de Synth NL. Lui qui commence à les collectionner depuis Atmosphere.

note       Publiée le vendredi 25 novembre 2011

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