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Keller & Schonwalder › Long Distances

cd • 3 titres • 74:54 min

  • 1Long Distances 26:33
  • 2Metropolis 41:11
  • 3September Moods 7:10

line up

Detlef Keller et Mario Schonwalder (Synthétiseurs Access Virus, Waldof Q et Kurzweil K 2500, séquenceurs Schrittmacher et clavier Memotron)

remarques

Pour en savoir un peu plus sur Keller & Schonwalder et entendre des extraits MP3, on peut visiter le site de Manikin à cette adresse Web : http://www.manikin.de/en/main.html

chronique

Une des beautés de la MÉ est sa capacité à exploiter les structures minimalistes tout en y ajoutant d’autres structures parallèles, ambiantes, rythmiques ou/et mélodieuses. Étalé dans le temps, Long Distances est le fruit de longues sessions d’enregistrements nocturnes, excepté pour Metropolis, où Keller & Schonwalder plonge dans de savoureuses processions séquentielles. Des séquences brillantes qui se dédoublent, se décroisent et s’enchevêtrent dans un fin désordre rythmique ou dans une délicate obsession hypnotique. Des séquences qui sont nappées d’une intéressante faune synthétisée où les solos hybrides côtoient des souffles de brume et des effets sonores cosmiques. Bienvenue dans le très beau carrefour des longues structures minimalistes aux évolutions latentes. Bienvenue dans Long Distances, le romantique et ensorcelant univers musical de Detlev Keller et Mario Schonwalder. Un univers unique à ce duo nostalgique qui continue de charmer dans l’ensorcelant et envoûtant monde de la Berlin School.
Un longiligne souffle ténébreux introduit "Long Distances". Un long souffle caverneux, traversé par des ondes spectrales et irisées, sillonne un long corridor sinueux et converge tranquillement vers les premiers balbutiements séquencés où une fine séquence émerge des sonorités cosmiques pour sautiller faiblement dans une faune sonore aux tonalités composites. Des stries, des strates et des effets sonores cosmiques, des couches morphiques, et des accords limpides gambadant dans les empreintes des séquences recouvrent cette lente procession. Mystérieux et claustrophobe, "Long Distances" poursuit sa lente et longue ascension minimaliste en se recouvrant de ses mélodies et ambiances parallèles sur un mouvement dont les subtiles variations sont noyées par de fins grésillements, des chœurs célestes et errants, des nappes et des brumes d’un mellotron irisé ainsi que de brefs solos. Des solos fantomatiques, aux arômes de Tangerine Dream, qui nous ramènent indéniablement vers les envoûtantes et mystérieuses structures minimalistes de Klaus Schulze et de la Berlin School de la fin des années 70. Ses solos vont et viennent sur cette lente procession hypnotique, aussi bien que celle de Metropolis, dont les dernières minutes sont nourries par des souffles et des effets sonores métallisés, amenant un crescendo dramatique qui se déverse dans les premières modulations de "Metropolis". Enregistré en concert, ce long titre de 41 minutes est inspiré du film culte du réalisateur Allemand Fritz Lang. Suivant la brume tétanisée de "Long Distances", des notes de piano émergent des brumes abyssales et dessinent une douce mélodie qui dépose délicatement ses notes au-dessus d’une onde irisée et torsadée. Peu à peu cette ténébreuse intro dégage un filet plus chaleureux avec ce piano qui trace des mélodies hésitantes dans une lourde bruine iridescente et dans de chaleureuses nappes ouatées, alors que des cerceaux métalliques s’entrechoquent et papillonnent nerveusement. Nous sommes à la 10ième minute et "Metropolis" s’éveille au son de lourdes pulsations industrielles pour structurer une rythmique qui sera en constante rébellion entre son tempo hypnotique et son reflet anarchique. De menaçantes stries ondulantes recouvrent les réverbérations de ces pulsations, plongeant ce long titre vers des séquences nerveuses qui sautillent fébrilement sous de mystérieuses vocalises nocturnes. Les séquences s’entrecroisent et trépignent dans le sillon de leurs échos avant d’embrasser une phase névrotique et pulser frénétiquement dans un étonnant désordre rythmique. Ces brusques éveils séquencés sont la pierre angulaire de ce long titre qui présente un envoûtant mouvement séquentiel dont la structure première est secondée par des séquences pulsatoires arythmiques. Des séquences tantôt fluides et tantôt désordonnées tissent des cadences polyrythmiques sous les ailes de bons solos aussi calculés qu’improvisés, dans la veine de ces longues kermesses hypnotiques du Berlin School. Ces solos suaves et spectraux échappent des sonorités cosmiques à mesure que l’amplitude du mouvement tergiverse alors que des percussions électroniques se greffent aux séquences, amplifiant encore plus le rythme et son désordre qui coule sous de superbes solos fantomatiques, des lamentations ocrées et des voix de zombies métallisées. "September Moods" met un terme à cette étonnante procession séquencée et clôture Long Distances avec un fin mouvement séquentiel qui se dandine sous les notes d’une belle ligne de basse et de suaves solos aux sonorités de saxophone solitaire, avant d’embrasser les souffles morphiques d’une brume mellotronnée qui pousse des étoiles cristallines hors de portée d’oreilles. Mais ce mouvement séquentiel revient peu à peu, histoire de raviver cette flamme séquencée qui est la prémisse envoûtante de ce très bel album de Keller &Schonwalder.
Vous aimez les longues processions séquentielles nourries de fines approches harmonieuses? Vous aimez les structures minimalistes que sont habilement habillées d’une superbe musicalité? Vous vous ennuyez des longues structures hypnotiques propres à la Berlin School? Alors Long Distances de Keller & Schonwalder vous est tout désigné. C’est un album étonnamment envoûtant où les séquences et percussions modulent des rythmes aussi hypnotiques que sauvages sous des brumes irisées et des solos de synthé aux tonalités hybrides. Un album qui plaira assurément aux fans de Keller & Schonwalder, ainsi qu’aux amateurs de longs titres aux effluves de la Berlin School.

note       Publiée le mercredi 2 novembre 2011

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la sagesse du destin › mercredi 2 novembre 2011 - 23:39  message privé !

Dans le premier titre, il y a d'excellentes sonorités qui nous rappellent au bon souvenir de Dune de Schulze (violoncelle en moins)