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Geigertek › Soundtrack for City Living

  • 2011 • AD Music AD Music AD92CD • 1 CD

cd • 8 titres • 65:47 min

  • 1Beyond the Garden 11:31
  • 2Beauty in Decay 9:15
  • 3Underpass 8:21
  • 4Devil May Care 5:17
  • 5Moonlight Interlude 4:50
  • 6A Rainfall Moment 7:45
  • 7West 9 12:38
  • 8Fast Lane 6:09

line up

Neil Fellowes (Voix, Synthés, boîte à rythmes, échantillonnages et FX)

Musiciens additionnels : Candice Wells et Anne Mancini-Smith (Voix)

remarques

Pour plus d’informations sur Geigertek et y entendre des extraits MP3, on visite le site web suivant; http://www.geigertek.co.uk/

chronique

Styles
jazz
musique électronique
musique électronique progressive
Styles personnels
new wave et synth pop

Pour Neil Fellowes, l’idée principale derrière Soundtrack for City Living était de se sortir des influences spirituelles liées à ses 2 premières œuvres, The Garden et The Timeless Mind. Un homme de ville, Geigertek étale toutes ses influences et visions des cités sur un album étonnamment diversifié. Oui, je sais que The Timeless Mind était déjà très versatile, mais sur Soundtrack for City Living Neil Fellowes démontre qu’il a pris énormément d’assurance depuis son dernier opus. Une assurance et une confiance en ses moyens qui résulte en un album plus puissant, mélodieux et mieux construit que The Timeless Mind. Geigertek signe des pièces de musique toujours aussi ambivalentes, sauf que le polissage et les liens harmoniques sont incroyablement tissés serrés, donnant un superbe album où les arrangements donnent des frissons et des soupirs à nos âmes de vagabonds rêveurs.
Ce voyage à travers les méandres d’une ville chimérique débute par "Beyond the Garden" qui est un beau titre évoluant sur une structure progressive où les harmonies se terrent derrière des structures aux fines transpositions. Une fine onde de synthé étend ses souffles éthérés jusqu’aux suaves riffs d’un synthé qui prend les apparences d’une guitare virtuelle, dessinant une ambiance plutôt lounge. Une ambiance qui évolue et permute vers une tendance jazzée avec des accords de clavier errant et un piano qui libèrent des notes mélodieuses sous une douce brume synthétisée. Toujours aussi riche, l’univers de Geigertek se déploie avec un beau solo de synthé et des violons de brume qui accompagnent un tempo dont la cadence évolue subtilement. Après un bref passage où le silence est perturbé par des cymbales papillonnantes et une fine ligne de synthé ondoyante, une basse palpite autour des wah-wah de style disco et un piano courant librement sur l’ébauche d’un rythme à venir. Et il vient! Avec de tortueux solos d’un synthé incisif qui souffle dans le cou d’un rythme lourd et galopant, il s’essouffle après 3 minutes de danse infernale dans une nuit où les étoiles filantes défilent au dessus des autos qui se font rares et dont un piano solitaire en est le seul témoin. Après une intro sombre nourrie d’ondes de synthé caustiques et métalliques, "Beauty in Decay" dévoile sa mélancolie avec un piano nostalgique dont les notes errent parmi des fées étoilées qui miroitent dans l’obscurité. Le rythme bouge. Il dessine une structure de grisaille où les voix angéliques et les souffles de violons pleurent et planent au dessus de percussions sobres et sombres et d’un piano qui égarent ses notes dans l’abîme d’un monde de tristesse. C’est un beau titre immergé d’un sombre mysticisme, tout comme le ténébreux "Moonlight Interlude" et ses lourdes notes de piano qui traînent auprès des lamentations d’un saxophone esseulé.
Avec "Underpass" nous pénétrons dans la zone mitoyenne de Endless Night où Neil Fellowes démontre qu’il possède une belle voix émouvante (pour ceux qui ont manqué Endless Night) et qu’il est autant à l’aise dans des structures d’un synth-pop, tout de même assez progressif, que l’électronique. Une belle comptine avec un piano diabolique, du genre Halloween de Carpenter, perce un voile sombre où les voix se perdent parmi les denses ondes de synthé. Dès lors une accrochante mélodie inonde nos oreilles avec une structure qui s’apparente à celles d’Ultravox et d’Endless Night. Fracturé par des ambiances et atmosphères et accroché à des percussions aux sonorités feutrées et conventionnelles, le rythme est lent et langoureux. La mélodie trouve assise sur cette fameuse ligne de piano et un beau mariage des voix homme/femme qui traverse une belle ambiance ténébreuse que des couches de violons chimériques se chargent d’amplifier. C’est un très beau titre, tout comme "Devil May Care" qui est plus mystérieux et où la voix de Candice Wells est aussi touchante que le saxophone qui pleure dans une belle brume synthétisée. Pour moi, "A Rainfall Moment" est le moment le plus intense sur Soundtrack for City Living. C’est une incroyable ballade électronique où une superbe ligne mélodieuse serpente d’un mouvement ascendant les sobres percussions qui sont ceinturées de poignants élans de violons mellotronnés. Un piano vient consolider cette superbe ballade alors que des accords de clavier trompent nos oreilles avec une sonorité de guitare. C’est incroyablement délicieux et c’est le genre de titre qui marque les oreilles. Trop beau et trop bon, j’aurais voulu que ça dure plus longtemps. Profitant bien de ses 12 minutes, la structure de "West 9" est plus complexe, passant des ambiances éthérées et cosmiques à l’approche jazzée pour finir dans une superbe finale électronique. Après une lente intro très planante, le rythme s’installe. Il est léger et animé de quelques riffs de clavier, de sautillantes séquences et cymbales ainsi qu’une suave ligne de basse aux notes élastiques. Des solos aigus se transforment en souffles de saxophone, bercés par un bel ensemble de violons mellotronnés. Toujours aussi délicat, le rythme est abandonné mais la mélodie reste et est soutenue par un piano aux notes aussi mélancoliques que jazzées. Sur une structure tergiversante, inondée des souffles de trompettes et de lourdes réverbérations d’une cité qui s’éveille, "West 9" reprend la route du rythme avec une approche plus électronique où les séquences pulsent en augmentant la cadence alors qu’une autre ligne en ceinture le rythme qui s’enjolive de beaux solos aux sonorités de trompettes et d’un piano plus enjoué. "Fast Lane" supporte très bien le poids de son titre. Un titre assis sur des séquences nerveuses, des pulsations hypnotiques et de beaux solos de synthé qui enveloppent un rythme synth-pop. Après avoir écouté les autos passées, le rythme revient plus lourd avec de bonnes percussions qui encadrent des flamboyants solos de synthé. Pas en reste par rapport aux autres titres "Fast Lane" se déroule sur une structure ambivalente, habillée d’une musicalité très variée où le rythme frénétique croise quelques passages plus atmosphériques en conformité avec les œuvres du synthésiste et visionnaire musical qu’est Geigertek.
Soundtrack for City Living est un superbe album. Très confiant en ses moyens, Neil Fellowes aligne 8 compositions où toutes les essences de la MÉ se retrouvent dans de très belles structures en constantes évolutions et où la mélodie côtoie une étonnante diversité des genres. Il y a plusieurs bijoux sur ce dernier opus de Geigertek, de loin son meilleur à date. Un gros 4 boules et demi!

note       Publiée le jeudi 6 octobre 2011

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