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Aphex Twin › Windowlicker

cd • 3 titres

  • 1Windowlicker
  • 2...
  • 3Nannou

enregistrement

Richard D James (tout), et chez lui...

line up

Richard D James (éléctroniques)

remarques

pochette réalisée par The Designers Republic

chronique

Styles
electronica
techno
Styles personnels
avant garde

Deux ans après Come to Daddy, voici trois petits titres de Aphex twin. On attendait déjà le nouvel album, il faudra encore deux ans. Que penser alors de ce nouveau témoignage du travail de Richard D James ? Avec Windowlicker, Aphex twin semble clore sa recherche pour nous en livrer l’essentiel. A travers quelques titres de «I Care… », puis à partir de Richard D James album, l’homme a entamé une démarche dissécatoire et obsessionnelle qui consiste à chercher le point de rupture des outils musicaux utilisés. Sons, rythmes et mélodies sont regardés à la loupe, tout cela est entièrement synthétique, électronique au plus haut point. La fausse douceur du morceau titre, sorte d’écorché d’ambiant cool à la café del mar ; des voix «dans le vent» et beachy way déroulent un chant sans conviction, des gémissements de femmes tiennent soudain lieu de toms pour les breaks rythmiques… sur un beat très travaillé dans ses détails mais très linéaire pour du Aphex twin, les distorsions des voix fabriquent ce malaise incoercible qui nous rappelle bien qu’il s’agit du pauvre Richard. Le deuxième morceau au titre non reproductible passera aux oreilles de tout ceux qui ne connaîssent pas Aphex twin ou ses collègues avant-gardistes technoïdes pour du pur inécoutable. Il s’agit d’un croisement de sons et de textures sur fond de rythmes massacrés. Des bruits, du bruitisme ? Pas complètement, car au travers des rapports et traitements de textures, à travers ses choix destructeurs de rythmes, Aphex twin montre qu’il s’intéresse surtout à démonter les systèmes de fonctionnement de la culture musicale pop-rock-funk etc… la pièce est une succession de petites claques, déroutes, surprises, volte-face, tensions extrêmes, compressions, rebrousse poil et dissonnances purement éléctroniques ou tout, de l’effet appliqué en passant par les innombrables tempii, jusqu’aux moindres détails de chacune des formes d’ondes qui composent chacun des sons est ici pensé et traité dans le but de provoquer l’inconfort et la réaction. Les cassures ou à-coup rythmiques répétés sont assénés sur la tempe comme des marteaux piqueurs, et certains sons sont étirés comme on tire sur des membres prêts à lâcher. Ironie et parodie troublante avec Windowlicker, chirurgie rythmique et sonore avec ce deuxième titre, Aphex twin clôt ce tour de lui-même avec l’enfantin et magnifique «Nannou». Entièrement construit à partir des sons d’une boîte à musique, de ses lamelles de laiton à sa clé qui remonte, jusqu’au ressort indésirable. C’est aéré, cristallin bien sûr et surtout magistralement équilibré. Le recueil qu’il fallait pour faire comprendre à tous que Richard D James n’est pas un bidouilleur hasardeux et chanceux, mais un génie obsessionnel et laborieux, qui sait très exactement ce qu’il fait.

note       Publiée le samedi 11 mai 2002

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Note moyenne        23 votes

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bubble › samedi 3 août 2019 - 20:30  message privé !

Oui le mystère de la craquette reste entier et a déjà fait couler pas mal de pixels ! J’ai bien ri aussi quand je suis tombé sur cette transcription ! ;-)

(N°6) › vendredi 2 août 2019 - 22:37  message privé !
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Une théorie du complot veut que la copine de ce bon vieux Richard était québécoise, et qu'avec son accent on comprend craquette alors que c'est cracotte (avec du foie dessus). Le mystère reste entier. (merci pour cette brillante transcription)

bubble › vendredi 2 août 2019 - 22:22  message privé !

Les paroles sont pourtant claires ?

Mmmmmmmmmmmm mmmm

Mmmmmmmmm ummmmmm

ah

MmmmmmmmmmmmmmmmmMmmmmmmm Aiuh

MmmmmmmmmmMmmmmmmmmMMMMmm Aiouh

Uuuuuuu Uuuuuu Uuu Uaaah

Uuuuu uUuuuuU uu Uaaah

MmmmmmmMmmmmm Aiah

MmmmmmmmmmmMmmmmmmmMMmmmm Aiah

Uuuu Uuuu Uuuu Uuuu Uaaah

Uuuuuuu Uuuu Uuuuuuuu uuuu UuuUAH

Mmmmmmmmm Uh AhAhahah

Uuaaahoooouuuhh

Mmmmmyyaaaahhhh

Mmmmmmm

Mmmmmmmm Mmmmmmmuuuaaoooo

MmmmmAaaaueeeeeuuuuu

do

J'aime faire des croquettes au chien

Laaa

Laaaaaa LAa Laaa

La Laaaa

Laaaa LaaLaaLaaaa

LA LA la

Laaaaa

Laaaaa LAaaaLaaa

Laa

La

Laaaaaa Laa LAaaaa

LA

Laaaa

La La Laaaa

MmmmmmmmmmmMMmmmmmmmmmmAaauuiiiooo

MmmmMmmmMmmmmmmmmmAiaia

DudududududududududuUuuuuUUUUUUU

MmmmmmmmmmMmmmmMmmmmmAiah

MmmmmmmmmmmmMmmmMmmMmmmmAiah!

Aouuuuhhh

Ummmmmmmm Mmm MmmmmmMmmm

MmmmmAaaaauuuuoooooooo

Aaaaaaooooooouuuuuu

Aaaaaaaeeeeaaaaeeeeooooo

fonfongre › vendredi 2 août 2019 - 20:54  message privé !

craquette, argot : sexe féminin, vagin . Merci google

(N°6) › vendredi 2 août 2019 - 20:47  message privé !
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Définitivement non. Sur le remix de Run Jeremy (Trentemoller) qui reprend la phrase en boucle, on entend distinctement "craquette". Mais c'est quoi une craquette ? La question reste posée.