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Aphex Twin › Come to daddy

cd • 8 titres

  • 1Come to daddy, pappy mix
  • 2Flim
  • 3Come to daddy, little lord faulteroy mix
  • 4Bucephalus bouncing ball
  • 5To cure a weakling child, contour regard
  • 6Funny little man
  • 7Come to daddy, mummy mix
  • 8Iz us

enregistrement

R D James fait tout, tout seul, chez lui.

line up

R D James fait tout, tout seul, chez lui.

remarques

chronique

Styles
electronica
jungle
techno
Styles personnels
avant garde

Cet Ep centré autour du single «Come to daddy» dont le visuel épouvantable fit connaître le personnage Aphex twin à un plus large public, n’a en fait, à première oreille, que peu de chose à voir avec ce titre par ailleurs peu représentatif. En effet, à l’exception de la pièce titre techno-indus qui ouvre le disque, l’atmosphère générale du recueil est plutôt douce, très complexe malgré tout, dans la progression logique de l’ouverture affirmée du RD James album. Une atmosphère enfantine, légère comme de la mousse, et horriblement inquiétante. Après le minuscule «Slim», petite chose atmosphérique et aérienne d’une qualité parfaite, Aphex Twin nous présente son premier remix du morceau titre. Il s’agit d’une curieuse tension gamine créée de sons cristallins ou légèrement aquatiques, dessinant au hasard une mélodie charmante comme une boîte à musique, et sur laquelle une voix d’enfant vient bientôt chanto-parler… puis chuchoter… haïr… puis c’est une espèce de chant ralenti et tristounet qui parle d’oiseaux chantant. Ainsi dans tout ce que fait Aphex twin les choses ne sont jamais ce qu’elles semblent. Cet enfant qui chantonne est un malade, un fou furieux en puissance… ces mélodies de kindergarten sont les névroses incrustées d’un esprit au bord du dérapage. «Bucephalus bouncing ball» raconte l’histoire électronique d’une balle qui rebondit. Il s’agit là évidemment d’un travail rythmique et sur la texture pointue et sèche du son choisi. La deuxième partie nous offre à nouveau une de ces mélodies gentilles, voire stupides, dont Aphex twin a le secret et auxquelles il rend parfois l’hommage d’un arrangement tout simple, ou bien le transfigure en destructurant son rythme à l’extrême. Aphex twin bidouille, mais il maîtrise, aussi. «To cure…», tout en gardant ses sons froids et inhumains progresse irrémédiablement vers la clarté, à mesure que les arrangements s’étoffent et que l’artiste, un peu sadique, enrichit ses patterns rythmiques, à coup de cassures délirantes. «Funny little man» est une esquisse dance-techno un peu grotesque et absurde, ou les enveloppes des sons s’articulent et s’enlacent tandis qu’une voix nasillarde et un peu folle, parle d’on ne sait trop quoi. Le remix suivant et «IZ-US » sont eux aussi des trésors de déconstruction et de légèreté mélodique. Technoïde, Aphex Twin travaille donc évidemment sur la définition très précise de ses textures sonores. Les siennes sont très métalliques, dubbisées, cristallines aussi, à l’image de cette bille synthétique qui rebondit à volonté. Il est finalement plus facile, et sans doute plus judicieux, d’évoquer la musique d’Aphex twin, plutôt que de la décrire. C’est une musique qui joue sur nos peurs enfantines, nos visions de la folie, des masques et des faux-semblants. Avec pour seules touches acoustiques des voix absurdes ou bien transfigurées, Aphex twin décortique les principes rythmiques avec ses sons aigus et sec, il les explose et joue avec nos nerfs. Et s’il faut avoir des notes pour que l’oreille s’y retrouve, elles semblent toutes juste sorties d’une boîte à clown triste, d’un vieux cirque pathétique à l’intérieur duquel se cache, masqué sous un nez rouge, un malade à couteau… la musique d’Aphex twin est telle que son image : une folie évidente sous un sourire forcé. Une bonne humeur simulée qui cache des fractures indicibles et des gouffres hurlants. Ce qui est lâché dans le mix single est partout ailleurs dans ce recueil contenu, esquissé, infusé dans les veines de ses chansons d’enfants. Ce single ouvertement hurlant n’est qu’une manière habile d’amener les vrais tarés à tendre leur oreille sur sa musique démente. A l’intérieur Richard D James contient toutes ses névroses mais on les voit faire péter les coutures de ses comptines joyeuses, dissonant leurs mélodies, déconstruisant ses rythmes… ourdissant avec génie ses comptines de malades…

note       Publiée le samedi 11 mai 2002

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Note moyenne        26 votes

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salida › mardi 30 juillet 2013 - 15:49  message privé !

Fruity Loops = Aphex Twin. Mouahahah ! Sinon un des essentiels d'Aphex Twin. Il n'a déjà plus rien à prouver mais il le fait toujours avec une classe folle.

Kid A › lundi 24 janvier 2011 - 16:07  message privé !

Tout à fait d'accord avec cette chronique... Si Aphex plane, à mon humble avis, très loin au-dessus de ses confrères électroniciens, c'est qu'il met à profit sa maîtrise de la technologie pour suggérer des émotions humaines nuancées et subtiles, inédites, tendres et inquiétantes comme peuvent l'être les choses vues par les yeux d'un gamin... Ces morceaux sont gorgés de vie. Nature unveiled !

Serge › vendredi 30 mars 2007 - 18:09  message privé !
prétentieux et n'y connais rien.... je pense que c'est le cas, parce que le parallèle Fruity Loops/Aphex Twin faut vraiment être gonflé pour le sortir.
Note donnée au disque :       
üflrü dü zbrrü › vendredi 30 mars 2007 - 13:49  message privé !
la meme chose avec fruty loops! soit tu es très fort, soit tu ne sais pas évaluer ton travail, soit tu es très prétentieux, soit tu n'y connais rien! ou alors tu es super balèze...mais prétentieux...
Wotzenknecht › jeudi 29 mars 2007 - 16:09  message privé !
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vinxxdark > ok, tu me fais écouter ?