Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesEEndura › The dark is light enough

Endura › The dark is light enough

cd • 9 titres

  • 1The stars are right
  • 2Nevers gift
  • 3Listen to wolves
  • 4Ubbo-Sathla
  • 5He knows the gate
  • 6Nu silence rite
  • 7In the sea my lord lieth
  • 8When I was dead
  • 9The dark is light enough

enregistrement

Enlightement House, hiver 1994-95

line up

Stephen Pennick, Christopher Walton

remarques

chronique

Où s'arrête la nuit, où commence l'obscurité ? Peut-être aux lisières de l'esprit, aussi loin que chacun d'entre nous acceptera de se laisser porter ? 'The dark is light enough' (magnifique titre) est un disque ambitieux, prétentieux même, lui qui se veut dédié (je tente de corriger les erreurs d'anglais assez grossières du livret) à 'L'humanité, une race d'insectes dont la domination sur cette planète se verra bientôt usurpée. A la gloire de ceux qui franchissent les espaces entre les étoiles et qui attendent leur retour.' Tout ici se joue donc au royaume des ombres avec une ouverture progressive dans la structure, bâtie sur des nappes basses, sourdes et grondantes, lentement menées par des roulements martiaux et une mélodie aux accents légèrement médiévaux, lesquelles se taisent finalement pour céder la place au second morceau, 'Nevers gift', nettement plus dark folk dans sa composition. Synthés et percussions assurent l'entrée avant que les arrangements ne se fassent plus délicats avec la guitare sèche et le chant ; il subsiste néanmoins une profondeur de son conférant une impression d'espace à la chanson, comme si elle était interprétée dehors sous un ciel étoilé. Fausse piste visiblement puisque 'Listen to wolves' brise d'un coup cette sérénité mélancolique par une transe tribale avec jeu de percussions ethniques, vocaux grondants et incantatoires. 'Ubbo-sathla' serait alors le contrepoint méditatif, permettant à l'auditeur de digérer la magie dégagée par une ambiance moins oppressantes mais néanmoins hypnotique (les lambeaux de voix fantomatiques comme autant de prières s'évaporant dans l'obscurité). Bref répit avant la pièce la plus sombre et la plus saisissante, 'He knows the gate', véritable rituel nocturne sur lit de nappes glauques et de cris où la peur paraît sans réponse avant que le chant de 'Nu silence rite' ne nous ramène dans le monde humain (je dois être fou mais je songe volontiers à certaines intros de Dead Can Dance psalmodiée par Brendan Perry). La crainte se dissipe grâce aux synthés mélancoliques mais profonds de 'In the sea my Lord lieth' sur lesquels une voix grave récite. 'When I was dead', malgré son titre, l'un des titres les plus apaisés du disque : légèrement folk dans l'écriture, un poil mystique dans ses atmosphères, il dégage une forme de beauté triste et pleine d'espoir de par ses percussions tranquilles, ses accords de clavier et les touches de guitare sèche ; c'est également, avec 'Nevers gift', l'unique passage réellement chanté car les vocaux reprennent la touche récitante sur un final conjuguant ambiance martiale et organique. Me reste à expliquer une note aussi frileuse pour un opus semblant ne pas manquer de qualité. 'The dark is light enough' inclut de franches réussites mais je le trouve trop décousu dans ses ambiances, trop inégal au niveau des sonorités. Nous sommes loin de la magie obscure de Ain Soph, des tremblements tectoniques de Inade ou même de la pop mystique de The Royal Family and The Poor, certains sons trop synthétiques paraissent hors de propos et nuisent au climat général. La relative diversité de styles empêche également de se plonger dans un véritable voyage ; j'eus pour ma part opté pour moins de titres mais dans une optique résolument dark ambiant, quitte à planquer les deux belles ballades dark folk en bonus en fin de cd et surtout à zapper le morceau éponyme, complètement creux. La concurrence en rude dans ce domaine et ce disque a vieilli...'Trop le cul entre deux chaises' pourrait-on en dire, pas assez de cohérence et c'est bien dommage.

note       Publiée le lundi 19 septembre 2011

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "The dark is light enough".

notes

Note moyenne        2 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "The dark is light enough".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "The dark is light enough".

novy_9 › mercredi 5 octobre 2011 - 15:11  message privé !

Endvra est l'un des meilleur groupe de son époque quand même, il faut voir quand ils ont commencé, et qu'est ce qu'il y avait à l'époque ! biensur Ainsoph, Inade, mais pas grand chose d'autre. de nos jous les groupes dans le style sont des milliers et ils se ressemblent tous pour la plupart. a cette époque il y avait une vrai création et du bidouillage pour arriver à cela, maintenant un programme sur un ordi et une banque de sons tout fait ...

cyberghost › jeudi 22 septembre 2011 - 13:09  message privé !

Dans mon souvenir, Black Eden est aussi bien kitsch... Tant qu'à faire dans le cheap, je préfère encore les horreurs de N.A.O.S. et Diabolos Rising, là on touche vraiment le fond ^^

ericbaisons › mardi 20 septembre 2011 - 12:21  message privé !

"dream of dark waters" m'avait paru vraiment pompier kitsch à faire pâlir Geoffrey D mais bon

taliesin › mardi 20 septembre 2011 - 12:15  message privé !

AAah grand groupe Endura ! Mes préférences vont à 'Great God Pan' et 'Black Eden', qui sont certes un peu moins dark-ambient mais un peu plus "gothique"...

Note donnée au disque :       
zugal21 › mardi 20 septembre 2011 - 08:06  message privé !

Assez d'accord avec la chro. Pas leur meilleur. "Liber Leviathan", peut-être

Note donnée au disque :