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Scorn › Whine

cd • 12 titres

  • WHINE - Recorded Live Rome 5.3.97
  • 1Not Answering 9:54
  • 2Twitcher 6:02
  • 3Strand 6:04
  • 4Beat 3 5:29
  • 5Well Sorted 6:28
  • 6Check The Sonic 5:35
  • 7416 8:08
  • 8Aurora 6:07
  • Beat
  • 9Beat 4 4:16
  • 10Beat 2 Mix 4:41
  • 11Beat 3 Mix 5:37
  • 12Who Know Mix 4:34

enregistrement

Tracks 1-8 recorded live to DAT, Rome, Italy, 5.3.97 Tracks 9-12 (subtitled 'Beat') recorded and mixed in The Box 2.97

line up

Mick Harris (programmation)

Musiciens additionnels : Eraldo Bernocchi (guitare sur 2 à 8)

remarques

chronique

Styles
ambient
dub
electro
Styles personnels
asphyxie

C'était lors d'une de mes nombreuses errances solitaires, à la périphérie de la ville et de sa zone industrielle. Un endroit où, comme tout imbécile sorti d'une école d'art, j'aimais chercher le recueillement et la beauté au travers d'une vue tangente sur les briques fêlées, les barres de métal rouillées et l'architecture suprématiste et oppressante des usines et hangars, pour la plupart abandonnés. Une promenade à la recherche d'un signe, sans doute apophénique ; quelque chose de plus qu'une simple composition tridimensionnelle en nuances de clair-obscur. J'allais être servi, mais pas par n'importe quoi : c'est ce nuage de poussière gris, venant de loin, qui m'a d'abord paru suspect : avec son allure de tempête de sable, comment a-t-il pu s'engouffrer dans le labyrinthe métallique ? Il m'a pourtant fallu m'accroupir et me protéger de suite les orifices, de peur que les soulèvements de colloïdes et bris de métaux ne viennent se ficher dans mes poumons déjà sévèrement rongés par une vie urbaine et un asthme persistant. Il y avait cependant quelque chose d'autre dans cette bourrasque. Une force indicible, comme issue d'un bouquin de Clive Barker ; de ces entités supra-dimensionnelles qui viennent envahir les lieux les plus mortellements anodins pour y mener leurs propres desseins, au détriment des habitants qui leur sert souvent de coupe-faim. Bien sûr que le manque d'oxygène me faisait délirer, mais c'était tout comme. Le vent s'est arrêté, et sitôt les poussières retombées, quelque chose s'est mis en marche. Un battement régulier, comme celui d'un coeur, lointain et étouffé, mais extrêment présent tout de même. Etait-ce mon monstre qui ronronnait, ou une usine lointaine dont les échos atteignaient mes oreilles qu'au travers du filtre de ses infinies résonnances ? Je poursuivis ma route au travers de la Zone Grise, purifiant l'air au travers d'un masque improvisé avec mes manches et mon col. Mes pas semblaient presque hystériques comparés à la lenteur et la lourdeur des pulsations et il m'a fallu m'adapter au rythme de la Bête, de peur de la réveiller. Elle avait pris corps, au travers des vieux mécanismes et des engins sans vie – elle avait investi, hangar après hangar, les espaces sonores et créé son propre organisme, battant toujours sur deux cycles : le tambourinement cardiaque et ce souffle, plus sinistre, plus organique aussi, qui à chaque ronronnement soulevait une motte de nouvelle poussière. Une idée folle me vint alors - ce genre d'idée «pour-se-faire-peur» auquel on pouffe d'abord, pour se maudire ensuite d'y avoir pensé ; celle que le monstre n'a pas du tout investi les lieux mais que c'est moi, minuscule parasite, qui suis venu monter sur le dos d'une Chose innommable qui se repose tel un dragon protégeant sa caverne contre des visiteurs qui, comme moi, se seraient retrouvés juste devant son museau brûlant. C'est que les soulèvement de poussières deviennent de plus en plus asphyxiant pour mes faibles poumons ; et retrouver son chemin dans une aire de cette ampleur nécessite plus d'intuition que de mémoire. Ce qui relève du vivant ou de l'illusion, du solide ou du vaporeux, du Dragon où de la Zone n'est plus très clair dans cette grisaille aux pulsations hypnotisantes. Suis-je passé à gauche du hangar aux échos ? Les lampadaires étaient-ils si distordus ? Je ne souviens plus trop... Et plus je cherche à trouver la sortie de la caverne et plus c'est la Bête qui, de pulsation en pulsation, semble chercher à me trouver...

note       Publiée le vendredi 16 septembre 2011

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