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Taake › ... Bjoergvin...

cd • 7 titres

  • 1Part I
  • 2Part II
  • 3Part III
  • 4Part IV
  • 5Part V
  • 6Part VI
  • 7Part VII

enregistrement

Enregistré au Grieghallen en 2000/2001 par Pytten, Herbrand, Davide.

line up

Hoest (Vocaux, guitares, textes et musiques) ; C.Corax (guitares) ; Keridwen (basse, piano) ; Mutt (Batterie)

remarques

chronique

Styles
metal extrême
black metal
Styles personnels
black metal

Le son est le même, pourtant, il a changé. La voix est celle de Hoest, mais elle est différente, Taake est résolument black roots, mais cet album s’abreuve aux sources rythmiques du heavy, du hardrock, ou du punk. Ce nouvel album de Taake est déroutant, au premier abord. Plutôt que de continuer sa pratique désespérée de la course en avant : dégringolade de blasts, de mélodies tragiques, brouillard immense de sons sales et noirâtres, Taake dépèce son vocabulaire. Ce groupe qui avait si incroyablement réussi LA fusion black pratique désormais la dissection, puis la juxtaposition. Les structures se sont complexifiées (parfois un peu compliquées, même) pour permettre à chaque pièce de présenter au final un agencement souvent judicieux de parties inspirées, de plus en plus originelles voire primitives dans leur expression. Et la batterie suit parfaitement cette quête d’authenticité. Toujours soumis sans équivoque possible à l’esprit black metal dans chaque seconde qui passe, le disque offre une palette d’archétypes aggressifs, riffs heavy aérés, riffs power-folk acérés, gimick punk vitaminées, mais aussi toute la mélancolie de Taake dans ces mélodies lancinantes jouées à la double croche, en bonne apocalypse. Part II démarre sur une déferlante occulte imparable avant d’envoler sa mélodie vers l’épique et le folk, puis on redescend dans le lourd et pesant, Hoest dégueule de tristesse sur larmes de guitares incessantes, puis ça repart, complexe et boiteux, exigeant… mais tout cela en nous promenant toujours sur les chemins du roots et du brut de chez noir. La dernière partie de ce part II se dessine soudain après un court silence, pluie froide de guitares sombres, avant le retour des vitesses initiales. Dans cette nouvelle recherche aux reflets progressifs Taake se permet aussi de merveilleuses idées. La guimbarde comme ressort au milieu du Part III est bien plus qu’un détail, c’est une véritable incruste de démence égarée, sur le noir du propos. Le lead soudain chevaleresque et synthétisé qui s’élance à la césure du Part IV et nous pousse dans le dos comme un vent conquérant est vraiment bienvenu, de ces surprises immédiatement acceptées. L’intégrité sonore et artistique est si solide qu’elle sauve l’album du patchwork raté et en fait une véritable réussite. Taake possède toujours l’art des mélodies, même si on peut regretter ici une tendance trop marquée au métal acéré, au dépens, parfois, de l’émotion. Le son de cet album, parfaitement mixé, fera sans aucun doute référence. Un son sans compromis et dont la qualité technique démontre bien que le choix du cradingue est un choix artistique, et non pas par défaut. Je le trouve tout de même un peu moins attachant que celui de Nattestid. De même pour l’album en général, incontestablement bon et riche, et qui montre à quel point le groupe ici présent pratique l’intégrité. Beaucoup de mélodies, de breaks, de trouvailles atmosphériques, de beautés acoustiques, de noirceur évidemment. Taake est plus lourd désormais, plus long à découvrir, certaines structures, à l’instar du Part I, sont un peu hasardeuses. Mais on reste en contact avec le magistral, le noir, le mal et la Norvège.

note       Publiée le samedi 11 mai 2002

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Demonaz Vikernes › jeudi 18 août 2016 - 10:36  message privé !

Déception bis. Cette fois la prod se la joue moins faussement trve, tant mieux, mais les compos sont rarement sensas, passés quelques passages ici et là.

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Alptraum › lundi 14 mars 2011 - 23:42  message privé !

C'est bizarre, il a tout pour plaire ce disque, on sent une ambiance, c'est recherché, assez technique, accrocheur, bien mortel et original, et pourtant, assez vite, on s'en lasse.

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Arno › dimanche 9 janvier 2011 - 22:34  message privé !

On va bientôt fêter les 10 ans du "mètre-étalon" en matière de production black catchy...

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Arno › samedi 20 mars 2010 - 03:45  message privé !

C'est dingue, ce disque tourne encore chez moi...

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Fryer › samedi 4 octobre 2008 - 15:03  message privé !

la fin de la III , dieu que c'est bon.

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