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R.E.M. › Murmur

cd | 16 titres | 57:12 min

  • 1 Radio Free Europe
  • 2 Pilgrimage
  • 3 Laughing
  • 4 Talk About the Passion
  • 5 Moral Kiosk
  • 6 Perfect Circle
  • 7 Catapult
  • 8 Sitting Still
  • 9 9-9
  • 10 Shaking Through
  • 11 We Walk
  • 12 West of the Fields
  • 13 There She Goes Again
  • 14 9-9 (Live)
  • 15 Gardening at Night (Live)
  • 16 Catapult (Live)

line up

Bill Berry (batterie, percussions, basse, piano, chant), Peter Buck (guitare), Mike Mills (basse, batterie, piano, chant), Michael Stipe (chant)

remarques

Il s'agit de la réedition de 1993

chronique

Styles
pop
rock alternatif
indie rock
Styles personnels
fantôme

Il y a des disques qu’on n’écoute pas. Il y a ceux qu’on n’écoute plus, et ceux qu’on n’écoutera jamais. J’ai toujours détesté les Smiths, en dehors de The Queen is Dead. Parce que c’est un album parfait, de ceux qu’on pourrait écouter n’importe où et n’importe quand ; sauf que précisément on ne l’écoute pas n’importe comment. C’est le genre d’album qui nous rappelle pourquoi on aime la musique, un album de belles mélodies, accrocheuses, de belles paroles, et un spleen qui plane comme une ombre tout au long du disque, sur les titres plus enjoués ou pleins de chagrin. Il y a des étapes, des chapitres, qui embrassent les humeurs d’une journée, et qu’on croirait résumer toute une vie. Ce disque puise sa force dans les creux, dans les vides, ceux de la rupture, du deuil, de la perte. Je l’ai découvert alors que la relation destructrice d’avec mon ex arrivait péniblement à sa fin, ne laissant derrière elle que ruine et désolation. Les Smiths m’ont accompagné pendant des heures, des jours, des semaines, et avec lui quelques titres, I know it’s over qui fait partie de ces morceaux qu’on peut se repasser une trentaine de fois d’affilée ; Never had no one qui s’enchaîne à sa suite, la bande-son des errances qui s’ensuivent ; Bigmouth strikes again qui nous culpabilise par sa simplicité, et les marques des ongles plantés dans la paume de la main. Serrer, serrer. J’ai acheté "Murmur" ce matin, de R.E.M., sur les conseils, si on peut dire, du narrateur d’un livre qui m’a beaucoup marqué, dont la vie se noircit autour d’un divorce, la garde de la petite qui lui échappe, la mort d’une cousine, le patron qui vous remercie, salut et à bientôt. Rien que la pochette est un poème, entre la fin du monde, l’enfer, le désert, l’abandon, une forêt morte et un nid de toile d’araignée, baigné dans un chromatisme terne noir véreux châtain, un kudzu, vigne maléfique de lianes affamées. Le hasard doit bien faire les choses, j’ai entamé Free Radio Europe, un vrai tube, qui me rappelle les heures de gloires du post-punk, et de la pop. La première comparaison qui me vient à l’esprit, c’est Nirvana. A cause de l’effet adolescent, ces airs qui m’ont accompagné dans ma découverte de l’autre sexe, de l’ennui et de la solitude. Comme la bande-son d’une pellicule en Super 8 sur les méandres d’un collège de banlieue, horizon de béton et de ciel gris du mauvais temps de la Normandie, des filles trop formées, redoublantes, des types trop grands, redoublants, analphabètes, violents, brutaux, des immigrés, partout, aucun fils d’avocat, ni de patron, ni de courtier, ni de profs, juste des fils de putes qui t’attendent à la sortie pour récupérer tes écouteurs trop usés sur ton walkman cassette qui ne marche même plus. Cet après-midi mon père a appelé. Free Radio Europe n’était pas terminé. Ma mère est morte. Radio station, beside yourself. J’aurais jamais cru que l’image de ma mère serait à jamais associée à celle de Michael Stipe avec des cheveux.

note       Publiée le dimanche 11 septembre 2011

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22goingon23 › mercredi 26 août 2015 - 11:09  message privé !

Le groupe déploie une richesse de compositions. Un travail d'écriture minutieux et raffiné : les cordes appuyées par un piano discret viennent gracieusement attendrir et magnifier le lyrisme de l'ensemble. Et les parties de guitare nous font vibrer et nous émeuvent dans leurs lignes électriques et classiques, subtilement imbriquées et intriquées comme le mentionne le camarade Z21.

Note donnée au disque :       
22goingon23 › dimanche 7 septembre 2014 - 16:11  message privé !

Le suivant Reckoning est aussi excellent. L'enregistrement a été plus peaufiné que le premier et les instruments vibrent et claquent avec force. Même énergie solaire mais attendrie par une mélancolie brumeuse.

Note donnée au disque :       
zugal21 › samedi 19 avril 2014 - 21:53  message privé !

J'aime sa texture intriquée et granuleuse , et j'aime son intelligence

Note donnée au disque :       
innersilence › samedi 29 septembre 2012 - 19:39  message privé !

Cet album est pas loin d'être exceptionnel, surtout les 7-8 premiers morceaux qui sont excellents. Ca faiblit ptet un poil sur la fin mais ça reste solide. Un bon mélange entre jangle et post-punk avec ce chant atypique et des mélodies fortes sur presque chaque morceau. Dire que c'est le seul truc de REM que je connais, avec le nom moins superbe EP "Murmur" qui précède.

Note donnée au disque :       
enslaver_666 › vendredi 18 novembre 2011 - 21:44  message privé !

Considéré par plusieurs comme étant parmi les grands-pères de la musique alternative, REM a su se faire remarquer très vite par les critiques. Cet attrait pour la scène underground et le monde du college rock n’a pas empêché dès ce premier album cette vague de positivisme à l’égard du groupe. On entend les influences pop rock/garage punk de la scène british, que le groupe mélange à une sauce américaine de part son côté folk. Il est facile de cibler les influences du quatuor mais déjà à ses débuts, une identité sonore propre est acquise. La teinte typique de REM s’entend déjà. On a là le genre de groupe où les 4 membres se démarquent et auront une importance dans l’image et le son de la formation. Si le jeu de guitare de Buck est devenu une marque de commerce du groupe, il faut tout de même avouer que c’est Stipe, avec sa voix unique et intrigante pour l’époque, qui a permis d’attirer l’attention. Musicalement, on a droit à un rock léger, bien écrit et qui accroche bien. Malgré une parution en ’83, avec des sonorités qui vont avec l’époque, il est étonnant d’entendre aujourd’hui que l’album n’a pas tant vieilli et reste moderne. « Murmur » n’a pas le charisme commercial des gros albums de la fin des années ’80, début des ’90. L'oeuvre va plaire surtout à ceux qui désirent réellement se lancer dans l'exploration du groupe. Néanmoins, cette première parution est quasi sans faux pas et mélodiquement charmante. Pour moi, ça reste à ce jour l’un des meilleurs albums de REM.

Note donnée au disque :