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Wallenstein › Blitzkrieg

  • 1972 • Pilz 20 29064-6 • 1 LP 33 tours
  • 2011 • Belle antique BELLE 111799 • 1 CD digipack

cd • 4 titres • 43:19 min

  • 1Lunetic
  • 2The Theme
  • 3Manhattan Project
  • 4Audiences

enregistrement

Enregistré en décembre 1971 – Produit par Dieter Dierks & Wallenstein - “thanks to Dieter Dierks for the phasing on Lunetic”

line up

Jerry Berkers (basse, chant lead), Bill Barone (guitare Gibson 335, guitare acoustique, choeurs), Jürgen Dollase (claviers, chant lead, lyrics, composition, mellotron)

remarques

Pochette par GIL

chronique

Ah, le Wallenstein, célèbre paradis fiscal, eldorado des pontes du MEDEF aux verts sapins et aux lacs azu… Non, attendez, je parle du groupe, en fait. Un nom assez sulfureux finalement, à cette époque ou tout usage trop ostensible de la langue allemande en musique se voit accusé d’évoquer le passé sombre du pays. Et que dire des titres, ostensibles références à la 2ème guerre mondiale (blitzkrieg, Manhattan project). Label Pilz oblige, le radicalisme est plutôt encouragé que censuré... Alors, Blietzkrieg est-il une décharge de krautrock virulent ? Que nenni, plutôt un genre de version garage et presque entièrement instrumentale d’ELP, orgue cheap de carnaval de rigueur. Dès le morceau d’ouverture, nos oreilles sont prises en otage par ce son aujourd’hui incroyablement désuet (le clavier, qui couvre tout le reste, est quasiment identique aux presets 8 bits de la NES), évoquant un genre de cirque malfaisant ; voire la B.O. d’un interminable boss de fin d’un Castlevania réalisée par un japonais obsédé par Bach et par le kitsch de la cour de Louis XIV, qui laisserait ainsi libre cours à sa logorrhée, ivre de caféine après une semaine sans sommeil. Comme souvent avec ce genre d’écueil, plus ça s’enfonce dans l’exagération, plus ça peut potentiellement attirer. On atteint ici, il est vrai, un genre de pic dans le déluge de notes sans but. The Theme fait déjà montre de plus de mesure, se permettant même de superbes motifs bucoliques au mellotron qui évoquent la verdure de l’arrière-pays allemand. Pas de doute, on est en plein prog sympho, vu à quel point les musiciens lorgnent vers le classique, les rapprochant ainsi plus de formations comme Eloy que de la « scène » krautrock, qui rejetait en bloc ce type d’ambitions, trop proches du progressif ‘mainstream’ anglais. C’est d’ailleurs lorsque le groupe se plie aux exercices obligés du genre – solos ampoulés et couplet poétique vite expédié histoire de mettre du chant – que les premiers signes d’ennui commencent à poindre. Manhattan Project, vu son titre, laisse augurer quelque chose d’assez sombre (il s’agit du nom de code du processus de fabrication de la bombe d’Hiroshima par les américains, dont l’histoire est édifiante), promesse que le groupe ne tient qu’à moitié, puisqu’ils sabordent l’ambiance angoissée esquissée via les sempiternelles démonstrations instrumentales, qui prennent même des accents triomphaux à la fin du morceau, ce qui a de quoi étonner au vu du thème. Certes, Wallenstein garde cette touche teutonne qui leur confère, à la différence des anglais, un amateurisme brut et une production crado (pour du prog) qui tranche avec les albums-concept policés d’outre-manche… D’où un son de guitare bien saturé qui a du plaire aux amateurs de hard à l’époque. Mais cela ne suffit pas à faire un bon disque, et ce n’est pas le mou Audiences, vaguement provocateur avec sa marche militaire, qui relèvera le niveau de cet album très série B. Mais la série B a un côté irrémédiablement attachant, n’est-ce pas ?

note       Publiée le lundi 15 août 2011

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snooky Envoyez un message privé àsnooky

Alors oui, les sonorités sont datées, c'est indéniable. Mais nous sommes en 1971( quarante ans pile poil) et quelquefois, ca tourne à la bouillie sonore.Cela dit, j'ai toujours considéré celui là( leur premier) comme un remarquable coup d'essai, même si ce n'est pas un coup de maître. Un album et un groupe aux sonorités propres et très personnelles, prometteur.Oui, tout à fait d'accord, très attachant.En tout cas,qui a tout à fait sa place sur G.O.D.

Par contre, le rapprochement avec ELOY ne me semble pas évident au premier abord. Parce que, dans le style "ampoulé", le groupe de Frank Bornemann,et ses incroyables concepts albums, ca reste quand même "quelque chose" . :-)

Grand merci à toi pour cette chronique ! :-D

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