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Paul Nagle › Beyond E-Ville

cd | 5 titres | 56:31 min

  • 1 E-Ville [ 15:01]
  • 2 MoogyLan BogeyMan [ 9:06]
  • 3 Spybot [ 13:31]
  • 4 Erksome [ 10:15]
  • 5 Dirkness [ 8:05]

enregistrement

Enregistré en concert au Festival Awakenings en Angleterre le 19 Mars 2011 et remixé dans les studios Softromm au printemps 2011.

line up

Paul Nagle (Sequentix Cirklon, EMS Synthi-AKS, Roland V-Synth & Fantom XR, Vermona Mono Lancet, Access Virus Polar, Korg Radias & Kaoss Pad 3, Emu Proteus 2000, Electrix Repeater, Zoom 1201, Eventide Pitchfactor & Timefactor, Behringer RX-1602 et TC-Electronic Triple-C)

remarques

Pour avoir plus d'informations sur Paul nagle et entendre des extraits MP3 on peut visiter son site web à l'adresse suivante: www.softroom.co.uk Beyond E-Ville est disponible en téléchargement et en différents formats à l'adresse suivante: http://paulnagle.bandcamp.com/album/beyond-e-ville

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
techno
Styles personnels
england school et mÉ-ovni

Je sais! Vous allez vous dire encore un album qui fait dans les 5 boules? Eh oui…et c,est tellement mérité car Paul Nagle fait parti de cette catégorie d’artistes qui font une MÉ aux rythmes alternatifs et évolutifs, où le soft techno se mêle harmonieusement à un style England School (qui est plus hard que le Berlin School), tapissés d’une riche faune sonore aussi diversifiée qu’invraisemblable. Beyond E-Ville est une agréable surprise, car ça faisait un bail que Paul Nagle ne s’était pas produit en solo. Il faut remonter en 2000 avec Red Book / Blue Book pour entendre une œuvre solo originale de ce caméléon de la MÉ anglaise qui a embrassé plusieurs styles avec autant de groupes ou duos (Joint Intelligence Committee, Cosmic Smokers, Headshock, Binar, Spank the Dark Monkey et plus récemment Ideation en 2009). C’est dans le cadre du festival annuel Anglais de MÉ, Awakenings présenté le 19 Mars 2011, que ce superbe compositeur et musicien très avant-gardiste sortait de sa tanière pour utiliser sa nouvelle machine, le séquenceur Sequentix Cirklon, qui contrôle plusieurs synthés tout en libérant une audacieuse flore sonore sur de multiples séquences aux cadences très riches et diversifiées. Beyond E-Ville est une longue improvisation de 56 minutes, divisé en 5 actes, basée sur de court canevas auxquels Paul Nagle planchait depuis quelque temps. Et le résultat est étonnant de vivacité et de cohésion avec des rythmes en constante évolutions et aux subtiles permutations auxquels sont arrimées, comme d’habitude, de superbes mélodies. Un album difficile à décrire tant il est riche en musicalités et rythmes mais qui vaut amplement le prix de son téléchargement. "E-Ville" débute avec des longs souffles caustiques aux sonorités hybrides et empreint de réverbérations torsadées. Déjà nous sommes dans la jungle sonore de Paul Nagle. Un peu comme dans une ville abandonnée où règne vestiges et désolations avec une intro ambiante nourrie d’une faune musicale hétéroclite; lourds claquements métalliques, stridents élans synthétisés, effets sonores analogues, ululements, serpentins cristallins, sirènes apocalyptiques et réverbérations de toutes sortes s’entremêlent parmi un léger carillon dont les accords limpides détonnent de cet univers glauque. Un rythme sourd émerge pour palpiter et onduler nerveusement d’une ligne syncopée qui traverse les portes d’une zone industrielle sous des striations synthétisées, des hurlements déments et des tintements carillonnées qui tracent un curieux paradoxe musical. Le rythme accentue sa croissance avec des oscillations saccadées qui pulsent sous d’intenses couches mellotronnées pour éclore d’une brève limpidité mélodieuse alimentée par des séquences entrecroisées, une pulsation hypnotique et des accords de clavier qui gravitent avec incertitude sur une structure rythmique toujours en formation. Une superbe séquence se détache et pilonne un rythme assidu, soutenu par des percussions/pulsations et des cymbales aux ‘‘tschitt tschitt’’ qui se perdent dans d’onctueuses couches mellotronnées. Navigant entre l’England School et le soft techno, "E-Ville" vole de ses séquences agiles, traçant une superbe ligne mélodieuse parmi les sourdes oscillations d’une séquence minimaliste au mouvement ascendant et circulaire qui tournoie dans un léger tourbillon fort mélodieux et entraînant, respirant une étrange gaieté dans un obscur univers légèrement déjanté. "MoogyLan BogeyMan" se dégage de la poussière métallisée de la finale de "E-Ville " avec un tempo légèrement saccadé qui pulse sous les tonnerres métalliques et les cymbales ordonnées. Une étrange séquence offrant de curieux accords hybrides et multiformes étale un rythme consanguin où tout s’apparente sans vraiment créer d’uniformité. C’est un rythme truffé de séquences éclatant constamment, comme du maïs à éclater, dont l’harmonie est tracée avec des notes de piano qui flânent sous des tonnerres tonitruants. Peu à peu ce tempo trouve un genre de cohésion pour glisser illico dans une désharmonie complète où d’éparses et solitaires notes de piano tentent de créer une harmonie pour s’entêter au final dans un sprint galopant sur un axe minimaliste. "Spybot" est le joyau de Beyond E-Ville et, comme "E-Ville", il débute dans une ambiance en fusion avec une multitude de sonorités composites d’où s’échappent d’étranges grommellements parmi de stridents souffles synthétisés. Des accords de piano tournoient nerveusement pour éveiller une fébrile séquence qui ondule avec lourdeur avant de trébucher sur des claquements de mains géantes et une lourde pulsation séquencée qui moule une cadence un peu soft techno."Spybot" ondule dans un superbe rythme fragmenté où des séquences hybrides dansent et virevoltent dans une incohésion d’un jazz progressif, entouré de très beaux solos torsadés, pour terminer sa course désarticulée dans les notes d’un piano libre de toutes contraintes qui danse et chante sous les décombres d’une ville électronique. "Erksome" nous transporte à un autre niveau avec une très belle intro mélodieuse à la David Wright où scintille de fins arpèges auprès de chœurs sombres. À la fois doux et saccadé le rythme de "Erksome" évolue sournoisement sur une structure pianotée et ascendante. Cette ligne de piano serpente la progression de "Erksome" dont l’approche permute subtilement avec des percussions traçant un rythme soutenu où le piano danse en cercle au beau milieu d’une structure qui change encore d’une approche plus résonnante pour se métamorphoser en tam-tams sous de splendides couches mellotronnées. Et ainsi défile l’univers musical de Paul Nagle; la cohésion dans l’incohérence où les mélodies sont le berceau d’une étrange folie sans limites. À la fois saisissable et insaisissable, la musique de Nagle évolue dans un contexte très souvent harmonieux mais dans un univers paradoxal à la sensibilité de ses harmonies. Ici, le piano est superbe et déballe une très belle mélodie avec ses notes limpides qui fondent dans l’oreille tout en étant entourées de somptueuses nappes mellotronnées, alors que les percussions martèlent à contre-courant sous ses nappes et qu’une ligne hachurée et syncopée en éloigne la mélodie, déviant "Erksome" vers un techno statique. C’est un très beau titre qui évolue sur une structure bipolaire, comme chacun des titres de Beyond E-Ville. Les vapeurs métallisées qui labourent l’introduction de "Dirkness" s’envolent avec un furieux rythme technoïde ondulant farouchement auprès d’une brillante ligne séquentielle nourrie de cliquetis et de frappes arythmiques pour marteler et pianoter un tempo endiablé qui se colle à une lourde ligne syncopée vrillant à vive allure. Des rythmes secs et saccadés ceinturent un mouvement statique que des percussions indisciplinées harponnent de tous bords et tous côtés, sortant "Dirkness" de son statisme technoïde mais le nourrissant d’une intense schizophrénie musicale dont seul Paul Nagle possède la recette absolue puisque nous sommes en plein terroir de Binar, Spank the Dark Monkey et Joint Intelligence Committee mais avec encore plus de fureur et de mordant. Étrange de par sa curieuse faune sonore schizoïde et aussi inattendue de par la puissance et constante évolution de ses rythmes, Beyond E-Ville est tout aussi mélodieux qu’envoûtant aves ses séquences et pulsations minimalistes. C’est un opus puissant, imaginatif et magnétique empli de rythmes décousus, débridés et déchaînés qui évoluent sur des structures instables mais où les mélodies finissent toujours par se frayer un chemin jusqu’à nos émotions. Non, Paul Nagle n’a pas perdu la main et nous a concocté un puissant album à la mesure de son talent et de la démesure de son imagination. C’est un album que je vous recommande fortement et qui sort des sentiers alternatifs d’une England School pourtant reconnue pour son audace. Disponible via le site de téléchargement BandCamp à l’adresse suivante; http://paulnagle.bandcamp.com/album/beyond-e-ville Essayez pour entendre un monde de différences :-)

note       Publiée le vendredi 5 août 2011

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