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Public Image Limited › 'Metal Box'
informations
produit par Public Image - Enregistré de mars à octobre 1979 au Manor Studio (Shipton-on-Cherwell), Townhouse Studios, Advision Studios, Gooseberry Sound Studios, Rollerball Rehearsal Studios, Londres
line up
Martin Atkins (batterie), Richard Dudanski (batterie), David Humphrey (batterie), Keith Levene (Veleno Original Aluminium guitar, Travis Bean TB-3000 wedge guitar, synthétiseur Oberheim polyphonic et Prophet 5, batterie), John Lydon (chant, paroles), Jah Wobble (basse Ampeg Horizontal, Fender Precision et Gibson Thunderbird, batterie)
Musiciens additionnels : Dave Crowe, Jeannette Lee (communication, etc....)
chronique
C’est vrai, Metal Box est un disque charnière en bien des points : il marque à la fois l’avènement du rock comme musique "dansante", envahissant ainsi les dancefloors jusqu’ici soumis au dieu disco, ainsi que son accession à une radicalité peu commune en 79, où le cadavre du punk est enseveli sous un rouleau compresseur de fréquences basses. La volonté du groupe de le faire paraître sous la forme de 3 maxis 33tours (dans une boîte imitant celles où l’on range les bobines de film) dénote leur envie d’en mettre plein la gueule avec un son mastoc. Beaucoup y virent le successeur des expérimentations du krautrock sorties par Virgin dans les années 70, surtout de Faust, vu la pochette hors-norme et le côté abscons. L’album, rappelons-le est dès sa sortie une claque pour tout le monde : l’underground y voit un grand disque inhumain, et les rock critiques conventionnels une atroce bouse, provocation de plus d’un John Lydon qu’ils se sont jurés de descendre. Il faut dire que dans le genre déclaration de guerre, Public Image se pose là (Jah Wobble est connu pour son bagoût face aux journaleux… à grand coup de chaîne de vélo comme dirait Renaud). Lydon lui-même, fier de repousser les limites du tolérable sur une major, attise et joue de cette haine, faisant lui-même la voix de la pub radiophonique du disque : "The Metal Box : 12 tracks of utter rubbish by Public image ltd". Sans lui donner raison, il y au moins autant de remplissage ici que dans le précédent LP ! Et pourtant, Metal Box a bien été peaufiné, lui. Jusqu’à Poptones, ça tient encore pas mal : Albatross est un monstre névrotique et interminable, Swan Lake est la tuerie que l’on sait, parue en single sous le nom de Death Disco, et puis il y a ce Poptones, où Lydon renoue avec la glauquerie de Annalisa, en déterrant un autre fait divers de fille molestée. Ici, la victime entend les ‘Poptones’ crachée par l’autoradio de son ravisseur, à poil dans le coffre de sa bagnole, malmenée par les nids de poules de la route. La suite est beaucoup moins convaincante (comprendre en langage langue de bois du journaleux-honni : je me fais chier, docteur, est-ce grave ?). Graveyard vaut surtout par sa guitare déchiquetée, archi-dissonante, Bad Baby ressemble à du ESG en mode régime sec, d’une raideur post-punk anglaise qui confine à la caricature, Socialist est encore le truc le plus intéressant du lot, à rapprocher du synthpunk de la scène de L.A. de la même époque. Chant est insupportable, et c’est sûrement voulu, de même que Radio 4 est de toute évidence une sorte de blague. Alors bien sûr, les premières écoutes sont impressionnantes, l’ambiance est délétère, sournoise, moite à en crever. Et puis surtout, il y a la découverte de cette basse, principal intérêt du disque. Jah Wobble a ici une place royale pour aligner ses énormes lignes dub, tel un cimetière de pneus, obtenues grace à un instrument en acier brut. Rajoutez-y la guitare ‘Travis Bean’ au manche en aluminium de Keith Levene, et vous obtenez un son jamais entendu à l’époque, le "son PiL", moult fois copié. Ce "line-up classique" de PiL, qui ne durera pas, aura donc une influence gigantesque sur tout le post-punk mondial à venir, de la no-wave au noise rock. Lee Ranaldo, Steve Albini, Duane Denison (Jesus Lizard), Stephen O’Malley… Tous se mettront à la ‘Travis Bean’ suite à ce disque. En bref, Metal Box est la preuve qu’on peut bel et bien être un jalon du rock, avoir renversé les conventions avec une musique sans précédent, et néanmoins être vide et chiant sur les 2 tiers du disque.
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commentaires
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- kranakov › Envoyez un message privé àkranakov
Toujours aussi immersif pour moi. La longueur du truc contribue beaucoup à la sidération que ces quatre gugusses suscitent… certes, le suivant est plus racé, mais celui-ci indéfectiblement m’emmène toujours plus loin.
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- kranakov › Envoyez un message privé àkranakov
Pas ressorti depuis des lustres... Mon dieu ! comment les gens font-ils pour s'ennuyer en écoutant ça ?
Déjà le séquençage du vinyl en 12" est monstrueux : une face entière à "Albatros" avec la dynamique qui va bien et des basses effarantes, une deuxième pour enchaîner "Memories" et "Swan Lake" (certes pas de la trempe de son "Death Disco" remix, mais c'est l'intérêt des versions alternatives, non?), troisième face pour "Poptones" et "Careering" avec ce texte assez magique et cette capacité à jouer ensemble qui en faisait un vrai groupe - après, d'après les coms, c'est là que ça se corse, mais la quatrième face enchaînant "No Birds" avec ses roulements de tom (c'est Dudanski, là, paraît-il) pendant que Levene fait passer ses improbables lignes de guitare dans son harmoniseur et que Lydon s'aventure sur le clavier du piano sans regarder ses doigts, et "Graveyard" seulement né d'une ligne de basse inspirée, la cinquième fléchit un peu avec "The Suit" un peu craignos (que Lydon aurait bâclé en quelques heures à partir d'un canevas piano/batterie fourni par Wobble) mais repart du feu de Dieu sur le duo Wobble/Atkins de "Bad Bady", la sixième c'est le tunnel où les synthés au rabais servent à tout ce qui est possible et imaginable... Mais ça marche ! Bon dieu, ça marche...
"Radio 4", une blague ? Sans doute ? mais comment conclure un truc comme ça ?
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- ProgPsychIndus › Envoyez un message privé àProgPsychIndus
j'au un peu la même relation avec eux , et cette metal box c'est leur meilleur disque ! cette basse ce groove froid !
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- SEN › Envoyez un message privé àSEN
C'est un groupe que j'écoute depuis presque 40 ans, je laisse parfois pas mal de distance pour m'en détacher complètement, et à chaque retour l'amour est intacte, j'ai presque l'impression que c'est notre première rencontre !
Message édité le 01-09-2022 à 21:12 par SEN
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- Shelleyan › Envoyez un message privé àShelleyan

250 ? Ouch...
- Note donnée au disque :
